Bon anniversaire Fidel

Bon anniversaire Fidel
Bon anniversaire Fidel – Dossier spécial Fidel Castro en l’honneur de ses 90 ans et en hommage à son œuvre magistrale, par l’association France-Cuba : articles inédits, photos, vidéos…

Bon anniversaire Fidel

¡Felicidades, Comandante y compañero Fidel !

Fidel Castro-dossier

Hoy, 13 de agosto, es su cumpleaños. Y un cumpleaños particular, pues es el de sus 90 primaveras.
Todos los miembros de Francia Cuba se unen para celebrar esta fecha con usted. Desde que nació la asociación, en junio de 1961, y a pesar de la distancia que nos separa, hemos estado de todos los combates por Cuba y su Revolución, por la lucha contra el bloqueo, por la libertad de los Cinco.

Desde hace 56 años, usted es nuestro comandante, y le seguimos en todas las trincheras.

Usted pasó el mando a Raúl y a hombres y mujeres que continúan defendiendo la Revolución que hizo de su Patria una nación libre, digna y soberana.

Pero sigue siendo el vigía que mira a lo lejos y avisa no sólo a Cuba sino al mundo de los peligros que amenazan, en lo político como en lo del medio ambiente.

Ya no le vemos con su traje de guerillero pero su presencia nos acompaña.
Muchas veces, los árboles más altos no se ven bien. Pero su sombra ampara a quienes viven a su pie.

Comandante Fidel Castro Ruz, las compañers y compañeros de Francia Cuba le damos las gracias por su lucha, por el ejemplo y la esperanza que nos dio y, con profundo cariño, le volvemos a decir:

¡Felicidades, Comandante, compañero!

Asociación Francia Cuba, 13 de agosto de 2016

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Bon anniversaire, compañero Fidel !

Fidel Castro en 2011

Aujourd’hui, 13 août, c’est votre anniversaire. Et un anniversaire particulier puisque ce sera celui de vos 90 printemps.
Tous les membres de France-Cuba veulent célébrer avec vous cette date.

Depuis la naissance de l’association, en juin 1961, et malgré la distance qui nous sépare, nous avons été de tous les combats pour Cuba et sa Révolution, pour la lutte contre le blocus, pour la liberté des Cinq.

Depuis 56 ans, vous êtes notre « comandante », et nous vous avons suivi sur tous les fronts.

Aujourd’hui, vous avez passé le commandement à Raúl et à des hommes et des femmes qui continuent à défendre la Révolution qui a fait de votre Patrie une nation libre, digne et souveraine. Mais vous continuez à être la vigie qui regarde au loin et qui prévient non seulement Cuba mais aussi le monde entier des périls qui menacent, dans le domaine de la politique comme dans celui de l’environnement.

Nous ne vous voyons plus avec votre costume de guérillero mais votre présence nous accompagne.

Souvent, on voit mal les arbres les plus hauts. Mais  leur ombre protège ceux qui vivent à leur pied.

Comandante Fidel Castro, les camarades de France-Cuba, toutes et tous, vous remercions pour votre lutte, pour l’exemple et l’espoir que vous nous avez donnés et, avec une profonde affection, nous vous disons à nouveau :

« Bon anniversaire, Comandante, compañero ! »

Association France-Cuba, le 13 août 2016


Compañero Fidel Castro, ¡presentes!

Fidel Castro Ruz

Santiago de Cuba, 1937 : un gamin, appuyé à la fenêtre de sa chambre, observe le panorama de la baie de Santiago, avec en toile de fond les cimes de la Sierra Maestra. Il a 11 ans.

Ça fait quatre ans déjà qu’il habite dans cette petite maison sans confort, où la maîtresse des lieux, institutrice de son état, a été chargée de son éducation par les parents du garçon, contre une rémunération plus que correcte.

Pourtant, dans la petite maison du quartier de Tivoli, on mange peu et on manque de bien des choses, surtout d’affection. Les règles de vie y sont plus que strictes : pas de laisser-aller dans la tenue, pas de désobéissance, pas de grossièretés, sinon c’est le renvoi immédiat !

Le gamin a du caractère. Et puis son petit frère de six ans est arrivé là, lui aussi, il y a quelques mois. Il faut qu’il les sorte de là. Alors, lors du repas suivant, il va, à voix haute, dévider tout le chapelet de gros mots qu’il connaît, sous le nez de l’institutrice scandalisée. Ce sera son premier acte de rébellion.

Le résultat ne se fait pas attendre : dès le lendemain, lui et le petit frère se retrouvent en pension chez les jésuites du collège voisin. Une délivrance et une nouvelle vie !

Fidel en 1940
Fidel en 1940

Le gamin s’appelle Fidel Castro Ruz, son frère, Raúl.
Il est né à Birán, dans la province de Holguín, le 13 août 1926. Un début de vie difficile pour celui qui est le fils illégitime de Angel Castro, un riche planteur originaire de Galice, en Espagne, et de Lina Ruz, sa domestique cubaine.

Son père ne le reconnaîtra que 17 ans plus tard, et entre temps lui aura donné six frères et sœurs. En 1942, il intègre le collège de Belén, à La Havane, puis entre à l’Université pour y faire des études de Droit. Le jeune homme est brillant, il obtiendra sa licence sans problème.

Son avenir semble tout tracé. Il sera l’un de ces bourgeois cubains qui vivent fastueusement, héritera un jour de son père le domaine de Birán et mènera une vie dorée.

Fidel et Mirta Diaz Balart-1949
Fidel et Mirta Diaz Balart-1949

Le 11 octobre 1948, il épouse Mirta Diaz Balart, une jolie fille dont le père possède un cabinet d’avocats, qui lui donnera un fils, Fidelito, l’année suivante. Et en 1950, diplôme en poche, il intègre le cabinet d’avocats du beau-père.

Mais Fidel Castro Ruz n’était pas fait pour ce genre de destin.

Il aime profondément Cuba, sa patrie. Il souffre de la misère du peuple illettré et méprisé. Élu délégué par ses condisciples de la Fac de Droit, il participe aux manifestations et, excellent orateur, passionné et charismatique, il dénonce publiquement la corruption du gouvernement de Grau San Martín.

En 1947, il prend part à la tentative de débarquement de Cayo Confite pour renverser le dictateur dominicain Rafael Trujillo. Puis, en 1948, il soutient le « Bogotazo », un soulèvement populaire déclenché en Colombie par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, leader politique progressiste, candidat aux élections présidentielles du pays. Ce sont les débuts de sa carrière politique.

La suite est connue du monde entier : l’attaque de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953, la prison, l’exil au Mexique où il encontre le Che, l’épopée du Granma, la guérilla des Barbudos dans la Sierra Maestra et la victoire du 1er janvier 59.

Une victoire suivie de longues années à la tête du pays, à réformer, à mettre en place la révolution, dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, et à lutter contre ceux qui veulent sa peau et celle de la « Revolución »

Che, Raúl et Fidel
Che, Raúl et Fidel

Toute la vie de Fidel Castro a été vouée à sa patrie. Rien n’a pu l’en détourner, pas même la haine des contre-révolutionnaires installés en Floride, ni la vindicte des USA, ulcérés d’avoir perdu ce qu’ils considèrent comme leur bien le plus précieux, ni l’hostilité des pays occidentaux alignés sur le patron étasunien.

Pas même les centaines d’attentats qui au cours de toutes ces années ont visé le « Comandante », celui que les Cubains et les amis de Cuba appellent affectueusement : « Fidel ».

Pendant près d’un demi-siècle, Fidel Castro Ruz a tenu la barre, entouré d’hommes brillants et dévoués à leur peuple, à leur nation. C’est à eux tous que Cuba doit d’être ce qu’elle est aujourd’hui: un pays libre, digne et fier.

Aujourd’hui, de la terrasse de sa petite maison, il peut faire le bilan de ce qui a été réalisé et de ce qu’il reste à faire. Car l’ennemi n’a pas renoncé à faire plier Cuba.

Mais aussi longtemps qu’il lui restera un souffle de vie, le « Comandante » incarnera la résistance contre ceux qui rêvent, encore et toujours, de renverser la Révolution cubaine.
Et s’il appelle au combat, nous tous, les Cubains et les amis de Cuba, nous lui répondrons : «  Compañero Fidel Castro, ¡presentes ! ».

Association France-Cuba, le 13 août 2016


Fidel et Che : histoire d’une rencontre

Fidel et Ernesto

Le texte qui suit est un « docu-fiction ». C’est-à-dire un récit basé sur des faits réels, historiques même. Les détails qui « habillent » l’histoire sont imaginés. Mais cela aurait pu se passer comme ça. Et cela s’est peut-être passé comme ça ! Qui sait ?

Il est presque dix heures du soir. La nuit est déjà tombée sur Mexico, apportant un peu de fraîcheur sur la ville, accablée de chaleur en ce 8 juillet 1955. Dans le petit appartement de Maria Antonia Sánchez, au 49 de la calle Emparan, près de la place de la República, quelques jeunes gens étudient attentivement une carte de Cuba. C’est leur patrie.

Ce sont tous des exilés, qui haïssent le régime corrompu de Fulgencio Batista, un dictateur protégé par les États-Unis. Presque tous ont connu la prison, parfois même la torture. Au centre du groupe, un grand gars barbu, d’une trentaine d’années, parle et chacun l’écoute. Il montre un point précis sur la carte.

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Maria Antonia regarde par le judas, on n’est jamais trop prudent. Le grand brun l’interroge du regard. « C’est bon, Fidel, c’est Raúl ! », rassure-t-elle, avant d’ajouter, après un second coup d’œil : « Il est avec quelqu’un que je ne connais pas ».

Le dénommé Fidel se renfrogne. « Ça doit être cet Argentin dont il m’a déjà parlé. Je lui ai pourtant dit que nous devons nous méfier des inconnus ! Bon, Toña, fais-les entrer. »

Maria Antonia ouvre la porte. Les deux garçons entrent vite fait. Raúl, tout sourire, fait la bise à la maîtresse des lieux et s’avance vers son frère, qui regarde le nouvel arrivant d’un air soupçonneux. Ce dernier n’a pas l’air si à l’aise que ça, ce qui semble beaucoup amuser son compagnon, dont le visage aux traits juvéniles, malgré une ombre de moustache, se plisse de malice.

Fidel, Raúl et Ernesto
Fidel, Raúl et Ernesto

« Fidel, dit-il en montrant le nouvel arrivant, je te présente Ernesto Guevara de la Serna. Ernesto, voici Fidel Castro Ruz. »

C’est ainsi que Fidel Castro rencontra Ernesto Guevara, ouvrant ainsi la page d’une de ces amitiés qui ont fait date dans l’histoire.

Maria Antonia apporte des rafraîchissements. Visiblement, le sourire du nouveau venu ne l’a pas laissée indifférente. Fidel prend Ernesto à part. Il veut tout savoir de lui. L’Argentin connaît déjà de réputation celui qui lui fait face.

« Fidel, Raúl m’a tout raconté : l’attaque du Cuartel Moncada, votre arrestation, à Raúl, toi et les survivants de l’attaque. Vous étiez gonflés, che ! Attaquer la plus grosse caserne du pays avec une centaine de vieux fusils ! Che, j’aurais aimé y être ! »

Fidel Castro sourit devant ces « che » si typiquement argentins.

« Tu es qui, toi ? demande le Cubain. Raúl m’a dit que tu étais toubib ? »

Alors Ernesto raconte. Il est né à Rosario, en Argentine. Il a 27 ans. Il a fait des études de médecine à Buenos Aires. Fils de bonne famille, qui a découvert la pauvreté du tiers-monde latino américain lors d’une équipée à moto avec un pote, Alberto Granado.

Il raconte son périple : le Chili, le Pérou, la Colombie, le Venezuela, les USA. Et les rencontres qui marquent, che ! comme celles avec les paysans miséreux, les mineurs chiliens exploités, les lépreux de San Pablo au bord de l’Amazone. Et le docteur Hugo Pesce, fondateur du parti socialiste péruvien péruvien, qui lui a beaucoup appris, che !

Che Guevara et Fidel CastroFidel Castro commence à trouver Guevara sympathique. Il aime ceux qui vous regardent en face, et l’Argentin soutient sans broncher le regard du Cubain. Un bon point pour lui. Fidel a envie de lui faire confiance.

Dans son coin, Raúl suit la discussion, tranquille. Arrivé à Mexico quelque temps avant son frère, il a rencontré Ernesto chez Ñico López, un camarade qui a fait ses preuves en dirigeant l’attaque de la caserne de Bayamo, le 26 juillet 53, pendant que Fidel et lui-même se lançaient contre la Moncada de Santiago.

S’il avait eu le moindre doute sur Guevara, il ne l’aurait jamais amené chez Maria Antonia, alors que, sous la direction de Fidel, les camarades sont en train de mettre au point un retour clandestin à Cuba!

Castro regarde Guevara, avec un petit sourire en coin.

« Tu aurais pu vivre confortablement chez toi, être un médecin respecté, devenir père de famille… Pourquoi avoir renoncé à tout ça ?

cheeeee ! C’est toi qui me demandes ça ? Toi qui aurais pu être un riche avocat, un propriétaire d’hacienda ? Eh, moi aussi, che, je veux un monde libre et plus juste, che ! Moi aussi je veux que naisse un homme nouveau ! »

Devant la véhémence du jeune Argentin et l’avalanche de « che », Fidel dépose les armes. Il tend la main à Ernesto : désormais ils sont « compañeros ». « Hasta la muerte », jusqu’à la mort.

Au petit matin, après des heures de discussions passionnées, Ernesto est pour tous devenu « Che ». Il aidera Fidel à libérer Cuba. Il sera guérillero, « comandante », ministre même s’il le faut. Mais, prévient-il, une fois la révolution solidement installée à Cuba, il repartira. D’autres combattants auront besoin de lui. « La solidarité, c’est la tendresse des peuples ».

Fidel Castro accepte le marché.

Des années plus tard, Che Guevara partira vers la Bolivie, où la mort le rattrapera.

Et Fidel, la voix enrouée par l’émotion, devant tout le peuple cubain bouleversé, saluera sa mémoire d’un vibrant :

« ¡Hasta siempre, Comandante ! ».

Annie Arroyo, France-Cuba 64, août 2016.


Bon anniversaire Camarade Fidel

Bon anniversaire camarade Fidel

Ce samedi 13 août 2016 l’un des pères de la révolution cubaine, le camarade Fidel Castro Ruiz fêtera ses 90 ans sur une ile qui reste plus que jamais socialiste malgré les 54 années d’embargo et toutes les tentatives d’intimidation.

Notre Comité France-Cuba Pas-de-Calais lui souhaite un très bon anniversaire.
Quel bonheur de lire les billets de Fidel qui fait toujours preuve d’une clairvoyance digne des plus grands révolutionnaires marxistes.

Que dire de Fidel Castro, à part qu’il est un grand Homme qui marquera l’histoire à la fois de son pays, de son continent et du monde entier.

Bien sûr, à l’occasion de ce 90ème anniversaire de notre fidèle camarade, nous allons subir les mensonges et les polémiques, subir une révision de l’histoire, subir le négationnisme…

Mais les faits sont les faits, grâce à la volonté de Fidel Castro et de son sens révolutionnaire pour les intérêts du peuple cubain, il est aujourd’hui clair que malgré le blocus, malgré la période spéciale, malgré les bandits bourgeois qui salissent la politique cubaine, les cubaines et cubains sont bien plus libérés, bien mieux traités, bien mieux soignés, bien mieux éduqués, bien mieux logés, donc bien plus heureux que les étasuniens.

Il n’y a donc aucune comparaison entre Cuba d’avant et d’après Castro. Alors si la vie d’aujourd’hui à Cuba reste difficile à cause du maintien de l’embargo (ceci est relatif car tout le monde est nourri, est soigné, est logé et est éduqué) et malgré les ouvertures diplomatiques… rien de comparable avec celle sous la dictature du fanfaron Batista adoubé par les USA colonisateurs et par la mafia qui avait fait de Cuba un lieu de débauche, de perversion et de luxure, une ile d’exploitation et de spoliation.

Si nous avions un seul mot à dire à Fidel Castro, ce serait « merci » car il nous donne toujours cet espoir qu’un autre système est possible, un système politique, économique et social où l’homme est prioritaire, où le travailleur est puissant, où le respect de la dignité est réel.

Alors encore une fois :

« Bon anniversaire cher Camarade Fidel Castro »

Le comité France Cuba du Pas-de-Calais, août 2016.


Fidel et le premier Noël de la Révolution

Fidel premier Noël de la Révolution
De grands arbres (soplillos) entourent le village dénommé Soplillar
À Soplillar, l’un des endroits les plus pauvres et oubliés du pays, deux familles étaient déjà en train de faire griller le cochon qui devait être le plat de la fête…

C’est à environ 6 km de Playa Larga, dans la province de Matanzas, à 180 km de La Havane. Si on continue tout droit, 30 km plus loin on tombe sur Playa Girón, là où ont débarqué les mercenaires de la CIA qui prétendaient envahir Cuba pour en finir avec la révolution naissante, en avril 1961.

Mais nous prenons à gauche. Rapidement on quitte l’asphalte et la végétation se transforme en marécage. De chaque côté, de grands crabes rouges, noirs et jaunes semblent surveiller le passage. Certains se dépêchent de traverser le chemin boueux.

Quelques restes confirment que bon nombre d’entre eux ont été écrasés sous des roues. Régulièrement, la carriole qui nous emmène, tirée par « Mulata », roule sur de grosses flaques au-dessus desquels une foule de papillons multicolores virevoltent.

Parfois le chant assourdissant des perroquets nous accompagne. Le charretier nous raconte qu’il y a aussi des crocodiles au cœur des marécages. Il nous confie d’autres détails intéressants, mais notre attention est souvent déviée par les attaques incessantes des moustiques auxquels on tente, en vain, d’échapper. On dirait qu’ils adorent le goût de notre spray anti-moustiques français.

Nous nous trouvons en pleine Ciénaga de Zapata, la plus grande zone humide de Cuba. Nous arrivons dans une clairière où sont posées trois cabanes. Le soleil est si implacable que même les moustiques se font plus rares.Fidel premier Noël de la RévolutionC’est en ce lieu éloigné de tout que le premier ministre de l’époque, Fidel Castro, a célébré le premier Noël de la Révolution, le 24 décembre 1959. Accompagné d’un groupe de dirigeants dont Celia Sánchez. Le village s’appelle Soplillar, à cause des grands arbres surnommés « Soplillos » qui l’entourent.

Fidel était venu dans la région pour superviser les premiers pas de plusieurs projets de développement. Le soir venu, on lui demanda où ils allaient dîner. Avec les charbonniers, fut sa réponse.

À Soplillar, l’un des endroits les plus pauvres et oubliés du pays, deux familles étaient déjà en train de faire griller le cochon qui devait être le plat de la fête. Soudain le bruit des hélices attira leur attention. Bientôt un puissant réflecteur d’hélicoptère illumina les lieux, cherchant une place pour atterrir.Fidel premier Noël de la RévolutionUne dizaine d’enfants entourés de leurs parents, tous pauvrement vêtus, le virent descendre. Ils n’en croyaient pas leurs yeux. Jamais un représentant d’aucune autorité, même municipale, n’avait mis les pieds dans ce bourbier. Pour ces paysans catholiques, ce ne fut pas l’apparition de l’enfant Jésus arrivé du ciel, mais bien celle du Messie.

Fidel premier Noël de la RévolutionIls partagèrent avec Fidel et ses compagnons le porc et les autres rares aliments qu’ils avaient préparés. À minuit Fidel tira un coup de fusil. Le groupe passa encore quelques heures avec les habitants de Soplillar avant de rentrer à La Havane.

Fidel premier Noël de la RévolutionAujourd’hui on peut revivre toute cette scène grâce au Mémorial-Bibliothèque qui a été inauguré sur le site-même le 24 décembre 2009.

Cette initiative a été soutenue par l’artiste plasticien Alexis Leyva Machado, surnommé Kcho. On peut visiter la fidèle réplique des deux cabanes des familles qui ont reçu Fidel, telles qu’elles étaient réellement : pauvres.

Fidel premier Noël de la RévolutionLa bibliothèque possède plus de 1000 ouvrages de littérature et d’histoire cubaine et universelle. Elle dispose aussi d’un ordinateur qu’elle met à la disposition des 327 habitants de la zone.

Fidel premier Noël de la RévolutionSur le chemin du retour, tandis que nous nous défendions des assauts barbares de moustiques et autres moucherons, nous en sommes arrivés à l’unique conclusion possible : seul un dirigeant comme Fidel pouvait avoir l’idée de passer Noël dans un tel endroit !

Hernando Calvo Ospina, le 13 août 2016.
Sources photos : Hernando Calvo Ospina et Internet.


Quelques repères historiques

13 août 2016

Fidel 90 ans : portrait

Fidel fête ses 90 ans : bon anniversaire !

19 avril 2016

Message de Fidel au monde entier
Fidel à la clôture du VII° Congrès du PCC

Lors de la clôture du VII° Congrès du PCC, Fidel s’adresse au monde entier, précisant que ce sera peut-être sa dernière intervention dans la salle. (cf : Message de Fidel au monde entier )

mars 2016

El hermano Obama en Une de Granma
El hermano Obama en Une de Granma

Un prix Nobel de la Paix reconnaît la contribution de Fidel pour la Santé.

« Le frère Obama » : suite au discours de Barack Obama lors de sa visite à Cuba, Fidel s’adresse directement à lui en Une de Granma, et déclare, entre autre : « Nous n’avons pas besoin que l’empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit. Nos efforts seront légaux et pacifiques, parce que tel est notre engagement envers la paix et la fraternité de tous les êtres humains qui vivent sur cette planète. » (c.f : Le frère Obama – réflexions de Fidel )

février 2016

Sa Sainteté Kirill et Fidel
Sa Sainteté Kirill et Fidel

Fidel Castro délivre un message de paix dans une lettre publiée par la presse d’État après avoir personnellement reçu samedi dernier le chef orthodoxe Sa Sainteté Kirill dans sa résidence de La Havane. (c.f : Lettre de Fidel Castro : la lutte pour la paix est le devoir le plus sacré de tous les êtres )

décembre 2014

Déclarations de Gerardo Hernandez
Gerardo Hernandez

Libération de Gerardo Hernandez, Ramon Labañino et Antonio Guerrero, les trois derniers des Cinq héros cubains anti-terroristes encore détenus aux USA (c.f : Déclarations de Gerardo Hernandez  )

2013

Le droit de l'humanité à l'existenceL’association France-Cuba publie Les Réflexions de Fidel en France, compilation de textes de Fidel Castro qui ont pour thème central la survie de l’espèce humaine en harmonie avec son écosystème : « Le Droit à l’humanité d’exister ». (c.f : Présentation du livre de Fidel  et Mercredi 17 avril à la Maison de l’Amérique Latine : les réflexions de Fidel sur l’environnement et le droit au développement durable  )

2007

Réflexions de FidelPublication dans la presse cubaine des Réflexions de Fidel. Cet ouvrage regroupe entre autre, la forte préoccupation de Fidel depuis plus de 20 ans, pour la protection de la nature, et des ressources environnementales et l’aggravation du pillage du tiers-monde (c.f : Pourquoi nous publions ces Réflexions de Fidel )

2005

L'ALBAAvec Hugo Chavez, création en 2005 de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique qui regroupe désormais huit pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

1998

Les Cinq antiterroristes cubainsLe FBI a procédé à l’arrestation de cinq Cubains : Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez, Gerardo Hernandez, Ramon Labanino et René Gonzalez. Leur crime ? Avoir infiltré, au risque de leur vie, les groupuscules criminels d’origine cubaine responsables de plusieurs attentats violents qui ont coûté la vie à de nombreux innocents. (c.f : Qui sont les cinq ? )

1997

Gabriel Garcia Marquez, Mariela Castro et Fidel Castro
Gabriel Garcia Marquez, Mariela Castro et Fidel Castro

Fidel Castro envoie une note au président des États-Unis de l’époque, Bill Clinton, par le biais de l’auteur colombien Gabriel García Márquez, sur la série de sabotages et d’attentats perpétrés à Cuba contre des hôtels de la capitale.

1994

Hugo Chavez et Fidel CastroRencontre d’Hugo Chávez avec lequel se noue une amitié et une admiration partagées. (c.f : Hugo Chavez y Fidel Castro )

1991

Fidel Castro et Nelson MandelaAprès sa libération, Nelson Mandela rend visite à Fidel pour remercier la contribution du peuple cubain à la lutte contre l’apartheid. (c.f numéro France-Cuba spécial Mandela). Ainsi débuta une étroite amitié qui a grandi au cours leurs nombreuses rencontres, culminant dans une étreinte et un cri de « Mon frère, mon frère. »

1990

Fidel Castro en 1995La désintégration de l’URSS plongée Cuba dans une crise de famine sévère, appelée « période spéciale ». Fidel encourage le peuple cubain à résister.

Pour sauvegarder l’essentiel des conquêtes sociales et patriotiques (santé et école gratuites), il faut développer l’agriculture vivrière, en particulier l’agriculture suburbaine, biologique, l’agroécologie et l’agroforesterie.

Cette adaptation à la nouvelle situation de crise a fait enregistrer à Cuba un taux de croissance annuel de 4,2% par habitant de 1996 à 2005 supérieur à toute l’Amérique du Sud en combinant la recherche agricole, notamment basée sur la phyto-sélection participative qui associe étroitement chercheurs et agriculteurs dans l’amélioration des semences. (c.f : Que nous apprend Cuba de la Révolution et du Socialisme ?  et Cuba survécut à la crise pétrolière )

1988

Angola : le Che au front
Angola : le Che au front

Fidel Castro dirige depuis La Havane la bataille de Cuito Cuanavale en Angola forces armées sud-africaines.

Fidel inaugure l’ELAM, (École latino-américaine de médecine), où, à ce jour, plus de 24 000 professionnels de la santé de 84 pays ont été diplômés (c.f : Étudier la médecine à Cuba ).

1975

El Presidente Fidel Castro
El Presidente Fidel Castro

Fidel Castro est élu pour la première fois à la Présidence de la République suite à l’adoption de la nouvelle Constitution. Il sera réélu à ce poste jusqu’en 2006.

1965

Fidel à l'ouverture d'un championnat de baseball
Fidel Castro tient un enfant dans ses bras, à l’ouverture du championnat de baseball amateur IV . B / N

Le Parti Communiste Cubain (PCC) est créé en remplacement du Parti uni de la Révolution socialiste (PURS) né en 1962 (qui substitua les Organisations révolutionnaires intégrées – ORI – créées en 1961). Fidel Castro est nommé Premier secrétaire.

1962

Fidel Castro en 1962 par Prensa Latina
Fidel Castro en 1962 par Prensa Latina

Crise des missiles. Rencontre avec le général soviétique Alexei Dementiev. Instauration d’un Blocus inhumain qui sévit encore de nos jours (c.f : Blocus contre Cuba  et Envers et contre tout ).

1961

Victoire Baie des cochons en 1961
Victoire Baie des cochons en 1961

Mise en échec de la tentative par la CIA de l’invasion de la Baie des Cochons ; Fidel était en 1ère ligne et sa popularité dans le monde accroît.

Sa décision de nationaliser les entreprises étasuniennes en place à Cuba est l’occasion pour les USA de durcir le programme de sabotage de la Révolution de toutes les manières possibles (c.f : Guerre psychologique et lutte idéologique ).

1960

Fidel en 1960
Fidel en 1960 (B / N)

Rapprochement avec Moscou suite au refus d’aide des USA. De nombreuses tentatives d’assassinat contre Fidel (+ de 600) commencent, c’est aussi l’année du sabotage de la Coubre par la CIA, faisant une centaine de victimes et inspirant à Fidel le slogan « La Patrie ou la mort ! »

1959

Le Premier ministre Fidel Castro Ruz en conférence de presse
El Primer Ministro Fidel Castro Ruz en conferencia de prensa en el aeropuerto internacional José Martí. La Habana, Cuba.

Fidel est alors nommé ministre des Forces armées et puis Premier Ministre. En octobre, Cuba est bombardée par des pilotes qui rentrent à Miami sans être poursuivis par les autorités des USA.

1er janvier 1959

Fidel Castro à la Havane janvier 1959 : triomphe de la révolution
Fidel Castro à la Havane janvier 1959 : triomphe de la révolution (Reuters/Stringer – RTR232CW)

Triomphe de la Révolution cubaine (c.f Revolucionarios  ) des 300 hommes menés par Fidel, après 25 mois de guérillas, et malgré le soutien des États-Unis à Batista, lui-même pourvu de 20000 soldats, et leur projet d’éliminer Fidel et le Che ( c.f : La CIA contre Cuba : éliminer Fidel, Raúl et le Che )

À la victoire de la révolution, toutes les terres que possédait le père de Fidel Castro ont été remises aux paysans.

2 décembre 1956

Fidel Castro baroudeurDébarquement à Cuba ; après une traversée de 8 jours à bord du Granma dans des conditions extrêmement difficiles. Sur les 87 compagnons, moins d’1/4 d’entre eux ont survécu , attaqués par l’aviation et les milliers de soldats de Batista. (c.f : Un 2 décembre historique )

1955

Le Che et Fidel
Le Che et Fidel

Condamné à 15 ans de prison, il est amnistié et part en exil au Mexique avec les rescapés, dont son frère Raul Castro.

Rencontre avec Ernesto Guevara : admiration partagée et début d’une longue amitié. Le futur « Che » lui fait promettre de le laisser poursuivre la révolution en Amérique Latine une fois que celle de Cuba sera effective.

Tournée aux USA pour récolter les fonds nécessaires à la prochaine expédition du M 26-7 pour renverser le dictateur de Cuba et appliquer le manifeste « L’Histoire m’acquittera. »

1953

Fidel Castro prisonnier 1953
Fidel Castro prisonnier

Quelques jours plus tard, Fidel est fait prisonnier dans les bois de Santiago par des soldats, mais échappe à la mort grâce à l’intervention du lieutenant de la troupe, Pedro Manuel Sarría Tartabull (c.f : commentaire de Jacques-François Bonaldi )

« L’Histoire m’acquittera » : ainsi s’appellera sa plaidoirie pour se défendre, dénoncer les exactions de Batista et présenter son programme de réformes humanistes (baisse des loyers, éducation pour tous…) pour relever Cuba et son peuple plongés dans la misère.

26 juillet 1953

Fidel 26 juillet 1953
Debout de gauche à droite : Nico Lopez , Abel Santamaria , Fidel Castro , un inconnu , José Luis Tasende . Accroupis , de gauche à droite : Hidalgo-Gato et Ernesto Tizol . Ces jeunes gens sont en préparation pour l’assaut de la caserne de la Moncada à la ferme de Los Palos à La Havane.

Suite au coup d’État du Général Fulgencio Batista, attaque de la Caserne Moncada à Santiago de Cuba (c.f : 26 Juillet 1953 : attaque de la caserne Moncada ) pour pousser à la rébellion contre le gouvernement en place. 55 des 131 compagnons du mouvement appelé plus tard « Mouvement du 26 juillet » sont torturés et tués.

1948

Fidel à Bogota
Fidel à Bogota

Fidel s’engage activement contre les dictatures en Amérique-Latine. Il n’a que 22 ans lorsqu’il tente, avec le futur Président de la République Dominicaine, de renverser le dictateur Rafael Trujillo, alors soutenu par les États-Unis.

Il soutient aussi le soulèvement populaire déclenché par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, leader politique progressiste, candidat aux élections présidentielles en Colombie.

1945

1947 : Fidel fait sonner la cloche de l'indépendance (cloche de Demajagua)
1947 : Fidel fait sonner la cloche de l’indépendance (cloche de Demajagua)

Études de droit qu’il réussit brillamment (diplôme en 1950)

1943

Lina Ruz et Angel Castro
Lina Ruz et Angel Castro

Fidel Castro Ruz a 17 ans quand il est reconnu par son père.

13 août 1926

Fidel : 3 ans
Fidel : 3 ans

Naissance à Birán (Cuba) d’une union illégitime entre Lina Ruz et Angel Castro.

 

 

 

 

 

 

Administratrice du site pour l’association France-Cuba, août 2016.
Sources biographiques Fidel Castro : Internet et pour les photos, surtout Prensa Latina


Fidel, inépuisable révolutionnaire

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Hernando Calvo Ospina et Fidel Castro (cliquer pour agrandir)
Texte lu par Hernando Calvo Ospina, le 17 avril 2013 à la Maison de l’Amérique latine, Paris, lors de la présentation du livre « Le droit de l’humanité à l’existence », qui contient 22 « Réflexions » du dirigeant cubain Fidel Castro Ruz.

« C’est l’un des plus grands personnages du XX° siècle. En France, il n’y a personne qui ait sa stature, même Charles de Gaulle. Qu’on aime Fidel Castro ou pas, cet homme est un mythe vivant… » Ces mots sont ceux du grand acteur français, Pierre Richard, au cours d’une interview qu’il m’a accordée il y a 6 ans.

Et oui, effectivement, Fidel, comme ceux qui admirent son parcours et son œuvre ont pris l’habitude de l’appeler, est un personnage hors du commun.

Par trois fois, j’ai eu l’occasion de pouvoir partager un moment de dialogue avec lui, et ces trois moments sont restés gravés dans ma mémoire, parmi les plus importants de ma vie. J’ai aussi eu la chance de l’écouter plusieurs fois. Je ne prenais pas de note en écoutant ses analyses, car je savais que je les lirai le lendemain dans la presse cubaine. Je préférais prendre mon temps pour l’observer.

Voir comment ses mains gesticulaient près de sa barbe, tandis que l’index de sa main droite s’agitait comme la baguette d’un chef d’orchestre. A chaque fois, je craignais que sa voix se casse, car elle semblait enrouée, mais à chaque fois je me trompais et il parlait plus de quatre heures d’affilée. Selon le sens de ses phrases, il était tour à tour dirigeant, professeur, compañero ou papa.

Une très longue recherche dans l’histoire de l’humanité serait nécessaire pour savoir si un leader politique a jamais eu autant de capacités que celles dont Fidel fait preuve. Doté d’une mémoire prodigieuse, il peut réaliser à l’improviste et en un clin d’œil des calculs mathématiques.

À la télévision, après un discours sur la géostratégie, il peut donner des conseils à la population sur la meilleure manière de préparer un plat de gastronomie cubaine, au moyen d’une cocote multifonctions que le gouvernement va distribuer à prix extrêmement modique.

Fidel montre comment utiliser la cocoteDurant la guerre de libération d’Angola et contre l’état raciste d’Afrique du sud, il fut le conseiller de ses généraux et dirigea presque les principales batailles depuis La Havane. Il est capable d’assurer avec anticipation le suivi de l’évolution d’un cyclone, pour expliquer ensuite dans les médias comment l’on doit se préparer à affronter ce cataclysme.

Il est certain qu’il n’a pas eu la tâche facile lorsqu’il s’est permis de commenter un match de baseball et qu’une partie de la population n’était pas d’accord avec lui parce que cela favorisait une équipe.

De même qu’il n’a fait rire personne lorsqu’il a proposé de contrôler la consommation de rhum pour protéger la santé du peuple cubain : c’est l’une des très rares propositions de Fidel qui n’ont jamais pu être appliquées.

Autant que je sache, en une seule occasion on a cru qu’il était devenu fou. C’était durant un discours dans la ville de Camaguey, le 26 juillet 1989. Il déclara : « Si demain matin ou tout autre jour, nous apprenions au réveil qu’une grande guerre civile a éclaté en URSS ; ou si nous apprenions au réveil que l’URSS s’est désintégrée, chose que nous souhaitons ne devoir jamais arriver… etc, etc. »

J’insiste, il a prononcé ces mots en juillet 1989, et beaucoup se sont inquiétés pour le Comandante et ont pensé que le soleil lui faisait du mal. Et pourtant, deux ans plus tard, que s’est-il passé ? Désintégration de l’URSS ! Fidel avait déjà analysé la voie prise par Gorbachov.

Et avec la disparition de l’URSS et du bloc socialiste européen arrivèrent les moments les plus difficiles vécus par la révolution cubaine, car Cuba s’est retrouvée seule au monde. Fini le pétrole, l’électricité, la nourriture… Pas mal de chats ont fini dans une casserole.

Bon anniversaire FidelPendant presque huit ans, les Cubains ont supporté la même situation que celle de l’Europe à la fin de la Seconde guerre mondiale. Avec une différence de taille : les États-Unis distribuaient de la nourriture, à crédit, à l’Europe, alors que dans le cas de Cuba ils renforcèrent le blocus pour que la pénurie et la faim fassent couler la révolution.

Et ce 26 juillet 1989, Fidel avait également dit que même si l’URSS venait à disparaître : « même dans de telles circonstances, Cuba et la révolution cubaine continueraient à lutter et continueraient à résister ! »

Et ils ont résisté ! Le FMI et la Banque mondiale ne comprennent pas comment ils ont pu sortir de l’abîme sans privatiser une seule école ni un seul hôpital. J’ai cherché la réponse dans les rues de Cuba. Et beaucoup de gens m’ont répondu la même chose : « Fidel avait dit que nous allions nous en sortir. Et nous l’avons cru. » Et j’ose même préciser : c’est la foi en Fidel et en la révolution qu’il dirigeait qui leur a permis de s’en sortir, mais aussi la solidarité entre les Cubains qui ont partagé le peu de sel et le peu de riz qu’ils avaient.

La révolution a survécu aussi parce que Fidel et les Cubains n’ont voulu copier aucun système, ni le chinois, ni le soviétique ni un autre. Ils ont construit une révolution à la cubaine.

Fidel n’approuve pas les copieurs. Il a toujours dit qu’il valait mieux se tromper par soi-même. Ainsi, en 50 ans, en dépit des erreurs, Fidel et les Cubains ont façonné une autre société plus égalitaire. Mais n’oublions pas que 50 années sont bien peu de temps pour se débarrasser du fardeau de cinq-cents ans de colonialisme européen et étasunien.

Fidel a été un stratège comme il y en a eu peu dans l’histoire de l’humanité. Un rêveur avec un cœur immense qui a vécu pour son peuple et pour la révolution : il a été un soldat de première ligne. Mais en plus, il a fait beaucoup pour beaucoup de peuples pauvres du monde. Lorsque la plupart des gouvernements proposaient d’envoyer des troupes, il envoyait gratuitement des médecins et des professeurs.

Haïti en est le dernier exemple. Je me rappelle mon incrédulité lorsque j’ai appris que Fidel avait décidé de créer l’École latino-américaine de médecine, pour offrir des bourses à des milliers de jeunes en provenance d’Amérique latine et aussi des États-Unis. C’était à la fin des années quatre-vingt-dix, lorsque la situation économique était encore bien difficile. Et cette école, ELAM, est toujours là, et fabrique des médecins pour tout le continent.

En décembre 2011, Fidel est entré dans le livre Guinness des records comme « la personne qu’on a le plus souvent tenté d’assassiner ». On calcule que de 1959 à l’année 2000, il y a eu 638 projets et tentatives d’assassinat, en grande partie menés par l’Agence centrale de renseignement des États-Unis (CIA). Et il ne faut pas oublier que la CIA dépend directement du président de cette nation.

Wayne Smith, ancien chef de la Section des Intérêts des États-Unis à La Havane, m’a donné sa version des raisons pour lesquelles assassiner Fidel est devenu une obsession pour son gouvernement.

Voilà ce qu’il m’a dit : « Beaucoup de nos leaders politiques ont cru que Cuba devait faire partie de notre territoire ; ou que nous avions le droit de décider ce qui devait s’y passer. Et si Castro n’avait pas été là, il en serait sûrement ainsi. Castro s’est converti en un obstacle qui nous défie et qui se moque de nous. Et cela, une superpuissance ne peut le supporter. »

Ce diplomate aurait pu ajouter que Fidel et sa Révolution ont fait basculer le continent américain. Rien n’a plus jamais été comme avant, ni militairement ni politiquement : Washington a dû réadapter toute sa stratégie d’empire.

Fidel et les colombesMais comment Fidel Castro a-t-il pu survivre à tant d’acharnement et de moyens mis en œuvre ? On se souvient de cette après-midi du 8 janvier 1959 lorsque Fidel entra triomphant à La Havane, et au beau milieu de son discours une colombe se posa sur son épaule. Le silence se fit et dans l’assistance, beaucoup firent le signe de croix, devant ce qu’ils voyaient comme un signe de Dieu qui bénissait « l’élu ». Mais aucun pouvoir extraterrestre n’aurait suffi pour assurer sa sécurité s’il n’y avait pas eu un peuple, à Cuba et en dehors, et de nombreux amis de cette révolution pour le protéger.

Le 19 février 2008 j’étais à La Havane. Le soleil du matin était resplendissant, mais l’ambiance générale était différente. Quelques heures plus tôt on avait diffusé le message de Fidel qui déclarait qu’il renonçait à ses fonctions de président du conseil d’état et de commandant en chef.

Il demandait qu’on continue simplement à l’appeler « compañero Fidel ». Il y avait souvent des larmes dans les yeux des personnes que je croisais ce matin-là. « C’est comme si un père renonçait à être père », me disait-on. Mais vers midi déjà la plupart des gens s’écriaient : « Fidel, renoncer ? Mais Fidel c’est Fidel ! Il sera toujours notre Commandant en chef, même après sa mort ! »

Comme pas mal de gens aiment entendre ça, oui je vais le dire : oui, Fidel a commis des erreurs. C’est un être humain. En construisant, on commet des erreurs. D’autant plus lorsque l’on construit avec l’épée de la plus grande puissance placée au-dessus de la tête. Fidel en outre, a reconnu ses erreurs. Pour le savoir, il suffit de lire une partie de sa vaste œuvre intellectuelle. J’ai admiré et j’admire sa capacité de continuer à avancer tout en corrigeant ses erreurs.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, j’ai pour lui un immense respect et autant d’admiration, pour le dirigeant politique, pour l’humain et pour le rêveur. Parce que grâce à lui, il n’y a pas à Cuba la misère qui règne en Amérique latine, mais aussi aux États-Unis et dans de nombreux endroits en Europe, y compris dans la belle ville de Paris.

Il n’y a pas un seul enfant à Cuba qui dorme dans la rue, qui souffre de la faim, ou qui n’aille pas à l’école. Et c’est l’œuvre de Fidel. Agir pour l’avenir des enfants, c’est aussi agir pour toutes les générations et n’est-ce pas l’œuvre la plus noble et la plus grandiose ?

Et malgré tout cela, ils sont encore nombreux à traiter Fidel de dictateur et à souhaiter sa mort. Mais ceux-là ne savent pas, ou n’ont pas envie de savoir, que des millions de personnes dans ce monde ont besoin qu’il existe des Fidels. Des millions de personnes ont besoin d’un Fidel Castro Ruz qui leur permette de croire qu’ils sont des êtres humains et qu’ils ne sont pas seulement venus au monde pour souffrir.

Merci beaucoup.

Auteur : Hernando Calvo Ospina, Maison de l’Amérique latine, Paris, le 17 avril 2013
Traduction : Karine Alvarez

Vidéo avec l’intervention de tous les orateurs :


Fidel Castro, biographie à deux voix

Fidel Castro, biographie à deux voix

Interview d’Ignacio Ramonet, réalisée par Hernando Calvo Ospina en 2007, peu après la publication du livre en France « Fidel Castro, biographie à deux voix ».

Hernando Calvo Ospina. Ignacio Ramonet, je renouvelle la question que l’on vous a peut-être déjà posée souvent : Quels objectifs vous ont incité à réaliser ces longs entretiens avec Fidel Castro, entretiens qui ont pris la forme d’un livre l’an dernier ?

Ignacio Ramonet. L’objectif principal de ces conversations avec Fidel Castro était de lui donner la parole. En effet, bien qu’il soit question de lui de façon très régulière dans les médias mondiaux, c’est presque toujours pour l’attaquer, sans que jamais ne lui soit donnée la possibilité de présenter ses arguments, sa propre version des choses.

Fidel Castro est l’un des rares hommes à connaître la gloire d’entrer de son vivant dans l’histoire et la légende universelle. C’est le dernier « monstre sacré » de la politique internationale. On peut penser de lui ce que l’on veut mais objectivement, il est l’un de ces personnages qui se sont lancés dans l’action politique en quête d’un idéal de justice, dans l’espoir de réaliser des changements dans un monde où règnent l’injustice et la discrimination.

Sous son impulsion, les habitants de cette petite île ont résisté à toutes les agressions et pressions des Etats-Unis depuis le début de la révolution. Avec son guide, ce peuple a développé la politique d’une grande puissance mondiale, tout en étant un exemple pour son niveau éducatif, culturel, sanitaire, ainsi qu’en ce qui concerne la solidarité internationale. Dans ce domaine, curieusement, elle dépasse des nations comme la France et les États-Unis.

Fidel Castro est dans l’histoire et entrera dans l’histoire. J’ai déjà dit que c’est le latino-américain le plus universel depuis Simon Bolivar.
De sorte qu’il m’est apparu qu’un livre qui serait une synthèse de son oeuvre, de sa pensée, de sa vie faisait défaut, car personne n’y avait songé, ni lui, ni les Cubains. Pour moi, cela représentait un objectif politique et journalistique.

H.C.O. Il m’a semblé que les média qui mentionnent le livre le font de façon méprisante. Tandis que d’autres l’ignorent complètement, comme c’est le cas en France. Pourquoi ?

I.R. Bien que la majorité des journalistes traitent Fidel Castro avec dureté et déforment ses propos régulièrement, tous rêvent de l’interviewer. Pouvoir seulement lui serrer la main les remplirait d’aise. Evidemment, ils ne vont pas le reconnaître publiquement.

Mais nombre de mes collègues de par le monde qui sont des « vedettes » sont persuadés qu’ils sont en « droit » d’interviewer Fidel Castro, ils attendent cela depuis des années et ont le sentiment que je leur ai volé leur place. Et bien sûr, ils tentent de discréditer ce travail en disant qu’il n’est pas objectif car Ignacio Ramonet est ami avec Fidel Castro.

La plupart des grands média ont été très habiles, car la meilleure façon d’attaquer un livre est de ne pas l’attaquer. En l’attaquant, ils alerteraient quelques lecteurs. Je savais que j’allais être boycotté, en particulier en France. Et cette intuition s’est précisée quand Fidel a fait sa réapparition fin janvier, en bien meilleure forme, alors qu’ils attendaient tous sa mort. Ils ont été tellement désappointés qu’ils ont reporté tout leur dépit sur le livre.

Mais il ne faut pas oublier non plus qu’au Monde Diplomatique, nous avons toujours critiqué durement les médias et leurs relations avec le pouvoir économique, étatique et politique.
J’ai publié plusieurs livres sur ce sujet. Par conséquent, ils ne peuvent pas voir en moi un ami. Ils ont donc trouvé l’occasion de prendre leur revanche en dénigrant ce livre. Cela démontre le peu de professionnalisme présent dans le journalisme.

S’ils sont vraiment scrupuleux et honnêtes, les détracteurs de Fidel Castro pourront vérifier que lui, il n’a pas menti dans ses réponses, qu’il expose des arguments sérieux et importants à prendre en compte. Et je crois que c’est cela que de nombreux grands médias ne supportent pas : à savoir que dans le livre on ait abordé en toute franchise précisément les sujets sur lesquels Fidel Castro et la Révolution cubaine sont mis en accusation. On pensait que je me montrerais complaisant dans ce travail.

Or, pour réaliser ce travail de façon professionnelle, j’ai pris de la distance avec mon sujet. Jamais je n’aurais pu avoir recours à la pratique malhonnête très courante dans de nombreux médias au monde, qui consiste à manipuler et à déformer les propos de l’interviewé lorsque ceux-ci ne leur conviennent pas politiquement. On le poignarde dans le dos sous prétexte que le journaliste est libre de décider de ce qu’il publie, et c’est sur cela qu’ils fondent la liberté d’expression. De façon parfaitement malhonnête, des déclarations importantes sont donc escamotées ou sorties de leur contexte.

H.C.O. Mais ces médias et ces intellectuels qui cherchent à attaquer ou à ignorer l’oeuvre pour sa soi-disant « partialité », sont liés aux sphères du pouvoir politique et économique.

I.R. De nos jours, il y a en France peu d’intellectuels sérieux et respectables. Les intellectuels les plus renommés, les plus médiatiques ont rejoint à 80% le candidat à la présidence Nicolas Sarkozy, qui représente la droite la plus dure, la plus néo libérale, la plus pro-étasunienne et pro-israélienne. Cela en dit long sur ces intellectuels.

Nous devons aussi considérer que les grands médias français- dont la propagande a propulsé au rang d’ « intellectuels » de nombreux pro Sarkozy, appartiennent à de puissants groupes économiques, y compris à des secteurs de l’industrie de l’armement. Il est logique que ces médias ne se répandent pas en propos élogieux sur les projets politiques développés à Cuba, au Vénézuela, en Bolivie, etc.Ils prônent la mondialisation, celle qui signifie la priorité du marché sur l’Etat.

Sur bon nombre de sujets politiques importants pour les citoyens, voici des années qu’a été érigée en norme ce que j’appelle « la censure du consensus ». C’est à dire qu’une fois qu’un consensus est établi, il fonctionne comme une censure. Actuellement, l’idée véhiculée est qu’il n’y a rien de bon à Cuba, ni au Venezuela, ni chez Fidel, ni chez Chavez. Si tu vas à l’encontre de cela, si tu rames à contre courant, tu sembles être quelqu’un d’étrange, on t’accuse de tout. D’être acheté, vendu, d’être un espion. Et par conséquent, personne ne t’accepte.

Chavez et Fidel (Photo : Hernando Calvo Ospina).
Chavez et Fidel (Photo : Hernando Calvo Ospina).

L’effort nécessaire au rétablissement de la vérité est si énorme qu’il vaut mieux laisser tomber. Le mieux, le plus commode, c’est de se complaire dans la répétition plutôt que de se lancer dans une démonstration. On voit se répandre aujourd’hui cet esprit goebbelsien (du nom du chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels) qui consiste à accepter l’idée que la répétition a valeur de démonstration. Cela ne vaut pas la peine de vérifier la version unique et unilatérale des faits, que certains présentent comme le résultat de « révélations », de « recherches ». Tout cela, c’est la grande misère du journalisme. Et c’est d’autant plus misérable que les mêmes versions de la grande presse et de la droite étasunienne sont répétées depuis des lustres.

H.C.O. Ignacio Ramonet, cet ouvrage, qui est comme un enfant que vous avez en commun Fidel Castro et vous, quel chemin peut-il prendre dans ce monde hostile et agressif, que souhaitez-vous pour lui ?

I.R. Je suis convaincu qu’il aura des prolongements. De quelle manière ? Demain ou un jour prochain, dans un endroit d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, un jeune le lira et ce livre lui donnera des idées, une inspiration pour construire sa vie au service des siens. Ce livre est une semence. Je suis convaincu que l’honnêteté de Fidel Castro tout au long de ces pages et sa pensée imprégnée d’une série de positions éthiques et de projets politiques vont germer là où on s’y attend le moins.

L’objectif de ce livre, ce ne sont pas les médias. Ce sont les esprits de nombreux jeunes mécontents de l’injustice, de l’inégalité et des abus qu’ils subissent en France, aux Etats-Unis, au Mexique, presque dans le monde entier. Ils vont y trouver un projet de transformation de la société car il est bourré de convictions. C’est là tout mon espoir. S’il a un avenir, c’est celui-ci. Ce qui est indispensable, c’est d’avoir des convictions qui aillent dans le sens d’une transformation du monde dans l’intérêt de tous ceux qui sont humiliés, marginalisés et opprimés. Car il y a dans ce livre une force qui s’impose grâce aux convictions de Fidel Castro.

Hernando Calvo Ospina, écrivain et journaliste, Paris, le 22 février 2007.

Lire l’article complet. Voir entrevue de Fidel par Ramonet (en castillan).


Jean-Edern Hallier chez Fidel Castro


Chavez y Fidel


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2 réflexions sur « Bon anniversaire Fidel »

  1. Monsieur Emilio Guevara ministre de la culture cinematographique et patron de l’université de La Havane,compagnon de Fidel personne n’en parle pourtant il a révolutionné le cinéma latino américain ses cendres ont été versés sur les marches de l’université parlez en MCI d’avance moulard jean Claude

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