Algérie-Cuba : mise en service en novembre de l’hôpital d’ophtalmologie d’Ouargla

algerie-cubaLa mise en service « effective » de l’hôpital d’ophtalmologie de Ouargla devrait avoir lieu dans le courant du mois de novembre prochain et permettra d’offrir « la même gamme de soins » que ce que propose l’hôpital d’ophtalmologie « amitié algéro-cubaine » de Djelfa, a indiqué mercredi un communiqué du ministère de la Santé et de la réforme hospitalière.La prochaine mise en service de l’hôpital d’ophtalmologie, l’accélération des procédures de réception de l’hôpital d’ophtalmologie de Béchar, la relance du programme « pied diabétique » ainsi que le renforcement des capacités du Centre de traitement du cancer de Ouargla…


ont été les principaux sujets abordés lors des discussions qu’a eues mardi soir au siège de son département ministériel, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelaziz Ziari, avec l’ambassadeur de Cuba à Alger Eumelio Caballero Rodriguez, a ajouté la même source.Pour ce qui est de l’hôpital d’ophtalmologie de Béchar, les travaux sont achevés et les équipements en cours d’installation. Sa mise en service effective devrait intervenir durant le premier trimestre 2013, a précisé la même source.S’agissant du Centre de traitement du cancer (CAC) de Ouargla, dont l’encadrement médical est le fait de praticiens cubains, il a été décidé de renforcer les capacités de prise en charge des patients à l’effet d’offrir une gamme complète de soins en matière de prise en charge du cancer, a-t-on encore indiqué.Pour ce qui est du programme « pied diabétique », les deux parties ont convenu de suivre de près la poursuite de la mise en œuvre de ce programme qui fait appel à des produits innovants issus de la biotechnologie et dont la finalité est de réduire substantiellement les risques d’amputation chez le diabétique.Pour l’ensemble de ces points, les deux parties ont convenu de mettre en œuvre les mécanismes de suivi prévus par les textes régissant la coopération bilatérale dans le domaine de la santé sachant que le secteur de la santé co-préside la commission bilatérale de coopération multisectorielle, a-t-on conclu.

source http://www.maghrebemergent.info

APS

La loi fiscale : un instrument décisif pour l’actualisation de la politique économique

cuba-granma-paper_1017722cLa politique fiscale cubaine a été conçue afin de contribuer à une meilleure efficacité économique et à l’augmentation des revenus du Budget de l’État, indispensables au financement des dépenses publiques prévues par les différents plans économiques. Elle vise également à maintenir l’équilibre financier, en respectant les spécificités de notre modèle économique, conformément à l’orientation No 56 de la Politique économique et sociale du Parti et de la Révolution, adoptée au 6e Congrès du Parti. Par ailleurs, d’autres réglementations, qui devront jouer un rôle déterminant dans la mise en œuvre d’un projet social plus juste et plus durable, sont à l’étude.

Le Parlement cubain a adopté la Loi fiscale No 113, du 23 juillet 2012, ainsi que son règlement, le Décret No 308, du 31 octobre 2012, concernant les normes générales et les procédures fiscales. Ils ont été publiés dans la Gazette officielle ordinaire No 53, du 21 novembre 2012, de la République de Cuba.

L’adoption de ce nouvel instrument juridique – dont l’application progressive est prévue à partir de janvier 2013 –, entraîne l’abrogation de la Loi 73 de 1994, du Décret-loi 169 de 1997, et d’environ 200 normes émises par le ministère des Finances et des Prix, afin de réglementer la fiscalité à Cuba.

Lors de son intervention à la Session plénière de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, en juillet dernier, le vice-président du Conseil des ministres Jorge Marino Murillo, a qualifié le système d’impôts qui permet la redistribution des revenus d’instrument contribuant à diminuer les inégalités entre les citoyens. Son application tient compte du pouvoir économique de chaque contribuable et des caractéristiques des territoires, « les revenus les plus élevés étant les plus imposés », a-t-il précisé.

La Loi établit les normes concernant le paiement des impôts, des taxes et des contributions au Budget de l’État.

Adaptée à l’actualisation du modèle économique cubain, la Loi fiscale répond à la nécessité de garantir un soutien financier permettant de faire face aux dépenses sociales auxquelles l’État cubain destine plus de la moitié des dépenses courantes du Budget de l’État.

Pour contribuer au développement du pays, il est nécessaire de maintenir le déficit à un niveau supportable pour l’économie. Par ailleurs, certains des principes sur lesquels se fondent la Loi ont pour but de créer les conditions pour plus d’efficacité dans l’entreprise, de permettre une prise de conscience de la nécessité du paiement des impôts par la population et les entreprises, mais aussi de stimuler l’implication des gouvernements locaux dans la recherche de revenus pour leurs propres budgets.

Cette Loi, plus intégrale et plus souple que la précédente – qui est un mécanisme régulateur des finances et de l’économie –, devrait permettre le développement socio-économique des différentes sphères et activités et favoriser la croissance du pays. Bien que son application maintienne le principe de généralité, la loi prévoit également des régimes spéciaux et des avantages fiscaux, justifiés pour des raisons de politique économique, comme le régime spécial pour le secteur agricole et pastoral.

Par ailleurs, la loi élargit et simplifie les termes de paiement de plusieurs impôts et augmente le nombre d’impôts concernant la protection et la conservation de l’environnement.

Bien qu’il s’agisse d’un instrument qui concerne tous les secteurs de la société, sa structure permet de varier les bases imposables, les types d’impôts, les formes et les délais de paiement, selon les circonstances de l’économie ou les particularités d’un secteur ou d’un territoire. Les impôts seront en adéquation avec la Loi annuelle du Budget de l’État, qui se discute chaque année au Parlement cubain.

Dans son ensemble, La Loi fiscale prévoit 19 impôts, 3 contributions et 3 taxes.

RÉGIME SPÉCIAL POUR LE SECTEUR AGRICOLE ET PASTORAL

Dans le but de contribuer à l’augmentation de la production agricole, pastorale et forestière et de promouvoir un usage rationnel de la terre, un régime fiscal spécial a été établi pour ce secteur.

La charge d’imposition prévue sera inférieure à celle des autres secteurs de l’économie, afin d’offrir des conditions financières plus favorables permettant le développement des entreprises agricoles. Les producteurs individuels et les entreprises qui se consacrent à l’agriculture et à l’élevage sont les principaux bénéficiaires de ce régime spécial.

Ces dispositions devraient permettre à tous les producteurs de contribuer, selon leurs niveaux de revenus, au soutien des dépenses de l’État.

Dans le cadre des changements intervenus, les propriétaires ayant reçu des terres de l’État en usufruit, sont exonérés – pour une durée de deux ans à partir de la remise des terres – de la liquidation de l’impôt sur les revenus personnels, sur la propriété ou la possession de terres agricoles et pour l’emploi de main-d’œuvre. Le délai d’exonération sera porté à quatre ans pour les agriculteurs qui auront dû débarrasser leurs terres des broussailles ligneuses, comme le marabou, ou d’autres plantes indésirables.

Un nouvel impôt concerne le secteur agraire et pastoral : il s’agit de l’impôt sur les terres agricoles et forestières non cultivées, qui devrait décourager la non utilisation des terres, et inciter les propriétaires à les cultiver.

EXEMPTIONS, CONFIRMATIONS ET CHANGEMENTS NÉCESSAIRES

Les conditions n’étant pas créées, la Loi ne prévoit pas d’impôt sur les salaires. Pour l’instant, il n’y aura pas non plus d’impôts sur la propriété, de même que sur les immeubles déclarés non habitables.

Lorsque cet impôt sera exigible, les personnes qui auront construit leur maison par leurs propres moyens seront exonérées d’impôts durant une période de 5 ans. Par ailleurs, l’aide financière familiale reçue de l’étranger ne sera pas imposée.

Les personnes qui s’installent à leur compte seront exonérées de l’impôt sur les ventes, de l’impôt spécial sur les produits et les services, de l’impôt sur les services, de l’impôt sur l’emploi de main-d’œuvre, et de l’impôt sur les revenus personnels, pendant leurs trois premiers mois d’activité. Après ces trois premiers mois, les personnes qui travaillent à leur compte sont assujetties au paiement d’un impôt sur les ventes et les services, d’un montant de 10%.

La loi confirme l’exonération d’impôt pour l’emploi de main-d’œuvre pour les travailleurs hors du secteur d’État, les agriculteurs individuels, et autres personnes naturelles autorisées à engager moins de 5 personnes.

Concernant la location des maisons, des locaux, des chambres par des particuliers, un impôt d’un montant de 10% sur les recettes mensuelles, et le paiement de cotisations mensuelles comme impôt sur les revenus personnels, seront établies dans les normes complémentaires et émises à cet effet.

Pour ce qui concerne la transmission des biens et des héritages, les réglementations sur les transmissions de logements et de véhicules sont maintenues, alors que le mécanisme de contrôle et de régulation se perfectionne, en cas d’achat de plus d’un de ces biens.

Un autre changement est prévu dans le cadre de la Loi : la diminution progressive de l’impôt sur l’emploi de main-d’œuvre, qui devrait passer de 25% à 5%, dans un délai de 5 ans.

Par ailleurs, les autres types de coopératives – hors agriculture et élevage – devront acquitter l’impôt sur les bénéfices, selon leurs activités et leurs caractéristiques. L’impôt est calculé par tranche de 10 à 45%, tandis que 10 000 pesos cubains sont exemptés d’impôts pour chaque partenaire de la coopérative. Comparativement aux travailleurs indépendants, l’impôt sera moins lourd pour encourager le développement des coopératives.

Afin de supprimer la survenue d’impayés dans le pays, il a été prévu de supprimer progressivement l’actuel impôt de circulation. Il sera remplacé par les impôts sur les ventes et les services, et par l’impôt spécial sur les produits et les services.

CONTRIBUTION TERRITORIALE POUR LE DÉVELOPPEMENT LOCAL ET IMPÔT POUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Afin d’encourager le développement durable local, un impôt territorial est mis en place, qui sera défini au niveau central. Il sera payé par les entreprises et les coopératives aux Conseils de l’Administration municipale où sont installés ces établissements, et il sera tenu compte des particularités de chaque municipalité.

Selon la Loi, cet impôt concerne les entreprises, les sociétés marchandes et les coopératives, lorsque leurs établissements obtiendront des revenus pour la commercialisation de biens ou de prestations de services, indépendamment du lieu où se trouve leur siège principal.

La Loi fiscale intéresse également la protection de l’environnement. À cet effet, les impôts concernant cette question ont été élargis et perfectionnés. Ces mesures répondent aux intérêts de sauvegarde des ressources naturelles du pays, en les adaptant au développement économique.

À PROPOS DE LA GESTION ET LE CONTRÔLE DES TRIBUTS ET DE LA RÉGLEMENTATION

Dans un de ses chapitres, la Loi délimite les attributions et les fonctions de l’Administration des impôts, les devoirs et les droits du contribuable ; elle établit également les procédures de gestion et de contrôle de ces impôts.

En cas d’indisciplines fiscales, des mesures ont été prévues comportant des sanctions selon la gravité de l’infraction, les voies pour exiger le paiement de l’impôt, ainsi que les instruments de réclamation aux contribuables.

La Loi contient également d’autres procédures comme les remboursements, les compensations et les termes, en définissant les droits et devoirs aussi bien du contribuable que de l’Administration des impôts.

Le Décret No 308 sur les normes générales et les procédures tributaires établit le Règlement dans lequel sont précisées les fonctions et les devoirs de l’Administration fiscale, conformément à la Loi, ce qui devrait garantir l’efficacité des mécanismes et des actions de contrôle fiscal, à savoir les vérifications, la fiscalisation, et l’audit fiscal, entre autres.

Il est prévu également d’ordonner et d’étendre l’usage officiel du Numéro d’identification fiscale, ce qui contribuera au développement d’une culture citoyenne dans ce domaine, conformément aux préceptes établis par la Loi.

Ce Décret – contrairement à son prédécesseur, le Décret Loi No 169 du 10 janvier 1997 – applique une hiérarchisation des sanctions selon le type d’infraction : il prévoit des amendes mineures, la perte de droits ou l’obtention d’avantages, jusqu’à des amendes plus sévères.

Selon les dispositions de la Loi, le Règlement comprend les devoirs formels du contribuable ; il modifie et perfectionne une série d’articles pour ordonner et assouplir les paiements en attente au Budget de l’État.

UNE LOI ADAPTÉE À NOTRE TEMPS

La Loi fiscale répond à une vingtaine des Orientations de la politique économique et sociale du Parti et de la Révolution. Certaines orientations sont mises en application directement, d’autres réglementations fiscales ont été conçues pour permettre la mise en œuvre des autres orientations.

Compte tenu de la portée de cet instrument juridique – dont les avantages concernent principalement le domaine économique et social – la Loi constitue une plateforme permettant de développer des mesures déjà prises, et d’en mettre en place d’autres dans un futur proche, dans le cadre de l’actualisation du modèle économique cubain.

Depuis que le pays est engagé dans l’actualisation de son modèle, de nouvelles réglementations ont été émises afin de revitaliser l’économie. La Loi fiscale va dans ce sens, en permettant le prélèvement de ressources financières plus importantes, indispensables pour assurer le développement du projet social cubain, « avec tous et pour le bien de tous ».


LES IMPÔTS APPROUVÉS PAR LA LOI

Impôts

1-Impôt sur les revenus personnels.
2-Impôt sur les bénéfices.
3-Impôt sur les ventes
4-Impôt spécial sur les produits et les services.
5-Impôt sur les services.
6-Impôt sur la propriété ou la possession de terres agricoles.
7-Impôt sur la propriété de logements et de terrains vierges.
8-Impôt sur les terres agricoles et les forêts non cultivées.
9-Impôt sur le transport terrestre.
10-Impôt sur la propriété ou possession d’embarcations.
11-Impôt sur la transmission des biens et sur les héritages.
12-Impôt sur l’établissement de documents légaux.
13-Impôt sur l’emploi de main-d’œuvre.
14-Impôt sur l’usage ou l’exploitation des plages.
15-Impôt sur le versement autorisé de résidus dans des bassins
hydrographiques.
16-Impôt sur l’usage et l’exploitation des baies.
17-Impôt sur l’utilisation et l’exploitation des ressources
forestières et la faune sylvestre.
18-Impôt sur le droit et l’usage des eaux terrestres.
19-Impôts douaniers.

Contributions

1-Contribution à la sécurité sociale.
2-Contribution spéciale à la sécurité sociale.
3-Contribution territoriale pour le développement local.

Taxes

1-Taxe de péage.
2-Taxes pour services d’aéroport.
3-Taxes pour la publication d’annonces et la propagande commerciale.

Définitions des différentes dénominations :

Impôt : prélèvement obligatoire sans contrepartie spécifique.

Contribution : prélèvement destiné à un financement spécifique, qui bénéficie directement ou indirectement au contribuable.

Taxe : prélèvement obligatoire perçu d’autorité à l’occasion d’un service ou d’une opération effectuée par l’État.

source : granma

Raúl Castro, le véritable dissident

Raul Castro Ruz
Raul Castro Ruz

Contrairement à une idée largement répandue, notamment en Occident, le débat critique est bien présent au sein de la société cubaine. D’ailleurs, le critique le plus virulent du pays se nomme Raúl Castro.

 En Occident, Cuba est représentée comme une société fermée sur elle-même, où le débat critique est inexistant et la pluralité des idées proscrite par le pouvoir. En réalité, Cuba est loin d’être une société monolithique qui partagerait une pensée unique. En effet, la culture du débat se développe chaque jour davantage et elle est symbolisée par le Président cubain Raúl Castro qui est devenu le premier pourfendeur des vicissitudes, contradictions, aberrations et injustices présentes au sein de la société cubaine.
La nécessité de changement et du débat critique
En décembre 2010 devant le Parlement cubain, Raúl Castro avait lancé un avertissement : « Soit nous rectifions [ce qui ne marche pas,] soit nous coulons après avoir trop longtemps bordé le précipice[1] ». Il avait également ajouté quelque temps plus tard : « Il est indispensable de rompre la colossale barrière psychologique qui résulte d’une mentalité ancrée dans des habitudes et des concepts du passé[2] ».
Le président Raúl Castro a également fustigé la faiblesse du débat critique à Cuba. Il a également fustigé les non-dits, la complaisance et la médiocrité. Il a appelé à plus de franchise. « Il ne faut pas craindre les divergences de critères […], les différences d’opinions […], qui seront toujours préférables à la fausse unanimité basée sur la simulation et l’opportunisme. Il s’agit de surcroit d’un droit dont personne ne doit être privé ». Castro a dénoncé l’excès de la « culture du secret à laquelle nous nous sommes habitués durant plus de cinquante ans » pour occulter les erreurs, les défaillances et les manquements. « Il est nécessaire de changer la mentalité des cadres et de tous nos compatriotes[3] », a-t-il ajouté.
A destination des médias cubains, il a tenu les propos suivants :
Notre presse parle assez de cela, des conquêtes de la Révolution, et nous en faisons autant dans les discours. Mais il faut aller au cœur des problèmes […]. Je suis un défenseur à outrance de la fin de la culture du secret car derrière ce tapis doré se cachent nos manquements et ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change. Je me souviens de quelques critiques apparues dans la presse il y quelques années avec mon soutien […]. Immédiatement, la grande bureaucratie s’est mise en branle et a commencé à protester : « Ces choses n’aident pas et démoralisent les travailleurs ». Quels travailleurs vont être démoralisés ? De même, dans une grande entreprise laitière de l’Etat de Camagüey, Le Triangle, pendant des semaines, on donnait le lait produit à des cochons du coin car le camion citerne était en panne. J’ai alors demandé à un secrétaire du Comité Central de dénoncer cela dans Granma. Certains sont venus me voir pour me dire que ce genre de critiques était contreproductif car cela démoralisait les travailleurs, etc. Mais, ce qu’ils ne savaient pas, c’est que j’en étais à l’origine[4].
            Le 1er août 2011, lors de son discours de clôture de la VIIe Législature du Parlement Cubain, Raúl Casto a réitéré la nécessité du débat critique et contradictoire au sein d’une société : « Toutes les opinions doivent être analysées, et quand il n’y a pas consensus, les divergences seront portées auprès des instances supérieures habilitées à prendre une décision ; de plus, personne ne dispose des prérogatives pour l’empêcher[5] ». Il a appelé à mettre fin « à l’habitude du triomphalisme, de l’autosatisfaction et du formalisme dans le traitement de l’actualité nationale et à générer des matériaux écrits et des programmes de télévision et de radio qui par leur contenu et leur style captent l’attention et stimulent le débat au sein de l’opinion publique », afin d’éviter les matériaux « ennuyeux, improvisés et superficiels » au sein des médias[6].
La corruption
Raúl Castro n’a pas non plus éludé le problème de la corruption : « Face aux violations de la Constitution et de la légalité établie, il n’y a d’autres alternatives que de recourir au Procureur et aux Tribunaux, comme nous avons déjà commencé à le faire, pour exiger des responsabilités aux contrevenants, quels qu’ils soient, car tous les Cubains, sans exception, sommes égaux devant la loi[7] ». Raúl Castro, conscient que la corruption n’épargne pas les hauts-fonctionnaires, a envoyé un message clair aux responsables de tous les secteurs : « Il faut mettre un terme définitif au mensonge et à la tromperie dans la conduite des cadres, de tout niveau ». De manière plus insolite, il s’est appuyé sur deux des dix commandements bibliques pour illustrer son propos : « Tu ne voleras point » et « tu ne mentiras point ». De la même manière, il a évoqué les trois principes éthiques et moraux de la civilisation Inca : « ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être paresseux », lesquels doivent guider la conduite de tous les responsables de la nation[8].
La liberté religieuse
De la même manière, les dérives sectaires ont été lourdement condamnées par Raúl Castro. Il a ainsi publiquement dénoncé à la télévision certaines atteintes à la liberté religieuse dues à l’intolérance « encore enracinée dans la mentalité de nombreux dirigeants à tous les niveaux[9] ». Il a évoqué le cas d’une femme, cadre du Parti communiste, au parcours exemplaire, qui a été écartée de ses fonctions, en février 2011, en raison de sa foi chrétienne et dont le salaire a été réduit de 40%, en violation de l’article 43 de la Constitution de 1976 qui interdit tout type de discrimination. Le président de la République a ainsi dénoncé « le mal occasionné à une famille cubaine par des attitudes basées sur une mentalité archaïque, alimentée par la simulation et l’opportunisme ». Rappelant que la personne victime de cette discrimination était née en 1953, date de l’attaque de la caserne Moncada par les partisans de Fidel Castro contre la dictature de Fulgencio Batista, Raúl Castro a tenu les propos suivants :
Je ne suis pas allé au Moncada pour ça […]. J’ai évoqué cette affaire lors de la réunion du 30 juillet, qui marquait également le 54ème anniversaire de l’assassinat de Frank País et de son fidèle compagnon Raúl Pujol. J’ai connu Frank au Mexique, je l’ai revu dans la Sierra, et je ne me souviens pas avoir connu une âme aussi pure que la sienne, aussi courageuse, aussi révolutionnaire, aussi noble et modeste, et m’adressant à l’un des responsables de cette injustice qui a été commise, je lui ai dit : Frank croyait en Dieu et pratiquait sa religion, que je sache il n’avait jamais cessé de la pratiquer, qu’auriez-vous fait de Frank País[10] ?
La productivité, le revenu mensuel et le livret d’approvisionnement
Concernant la productivité et la politique économique, Raúl Castro, reconnaissent « une absence de culture économique chez la population » ainsi que les erreurs du passé. « Nous ne pensons pas copier de nouveau quelqu’un, car cela nous a causé de nombreux problèmes par le passé et, par-dessus le marché, nous avions mal copié[11] ». Tous admettent publiquement que « la spontanéité, l’improvisation, la superficialité, le non-accomplissement des objectifs, le manque de profondeur dans les études de faisabilité et le manque de vision intégrale pour entreprendre un investissement » portent un grave préjudice à la nation[12].
Au sujet du revenu mensuel des Cubains, Raúl Castro a fait preuve de lucidité : « Le salaire est encore clairement insuffisant pour satisfaire tous les besoins, et il a pratiquement cessé de remplir son rôle d’assurer le principe socialiste selon lequel chacun apporte selon sa capacité et reçoit selon son travail. Cela a favorisé des manifestations d’indiscipline sociale[13] ».
De la même manière, le Président cubain n’a pas hésité à souligner les effets négatifs du livret d’approvisionnement en vigueur depuis 1960, notamment « son caractère égalitariste nocif », lequel est devenu « une charge insupportable pour l’économie et ne stimulait pas le travail, en plus de générer des illégalités diverses au sein de la société ». Il a également noté les contradictions suivantes : « Etant donné que le livret a été mis en place pour couvrir les plus de 11 millions de Cuba de la même façon, les exemples absurdes ne manquent pas tel que le café prévu est octroyé y compris au nouveau-nés. De la même manière, les cigarettes étaient fournies jusqu’à septembre 2010 aussi bien aux fumeurs qu’aux non-fumeurs, encourageant la croissance de cette habitude malsaine au sein de la population ». Selon lui, la libreta « contredit en son essence le principe de la distribution qui devrait caractériser le socialisme, c’est-à-dire, ‘chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail’ ». Pour ces raisons, il « sera impératif d’appliquer des mesures pour éradiquer les profondes distorsions existantes dans le fonctionnement de l’économie et de la société dans son ensemble[14] ».
La relève générationnelle
Par ailleurs, le Président cubain a également mis en avant un problème crucial à Cuba : la relève générationnelle et le manque de diversité. Il a dénoncé « l’insuffisante systématicité et volonté politique pour assurer la promotion à des postes à responsabilité de femmes de noirs, de métis et de jeunes, sur la base du mérité et les conditions personnelles ». Il a fait part de son dépit sans éluder sa propre responsabilité : « Ne pas avoir résolu ce problème en plus d’un demi-siècle est une véritable honte que nous aurons sur la conscience durant de nombreuses années ». Par conséquent, Cuba subit « les conséquences de ne pas compter sur une réserve de remplaçants dûment préparés, avec l’expérience et la maturité suffisantes pour assumer les tâches nouvelles et complexes de direction au sein du Parti, de l’Etat et du Gouvernement[15] ».
            Toutes ces déclarations ont été faites en direct à la télévision cubaine à une heure de grande écoute. Elles permettent d’illustrer la présence du débat critique à Cuba au plus haut niveau de l’Etat. Ainsi, Raúl Castro est non seulement le Président de la nation, mais également – semble-t-il – le premier dissident du pays et le plus farouche critique des dérives et des imperfections du système.
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).


[1] Raúl Castro Ruz, « Discurso pronunciado por el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, en la clausura del Sexto Período Ordinario de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular », República de Cuba, 18 décembre 2010. http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2010/esp/r181210e.html (site consulté le 2 avril 2011).
[2] Raúl Castro Ruz, « Intervención del General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros de la República de Cuba en la Clausura del X Periodo de Sesiones de la Séptima Legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular », 13 décembre 2012. http://www.cubadebate.cu/raul-castro-ruz/2012/12/13/raul-todo-lo-que-hagamos-va-dirigido-a-la-preservacion-y-desarrollo-en-cuba-de-una-sociedad-socialista-sustentable-y-prospera-fotos/ (site consulté le 1er janvier 2013).
[3] Raúl Castro, « Discurso… », 18 décembre 2010, op.cit.
[4] Ibid.
[5] Raúl Castro, « Toda resistencia burocrática al estricto cumplimiento de los acuerdos del Congreso, respaldados másivamente por el pueblo, será inútil », Cubadebate, 1er août 2011.
[6] Raúl Castro, « Texto íntegro del Informe Central al VI Congreso del PCC », 16 avril 2011. http://www.cubadebate.cu/opinion/2011/04/16/texto-integro-del-informe-central-al-vi-congreso-del-pcc/(site consulté le 20 avril 2011).
[7] Raúl Castro, « Toda resistencia… », op. cit.
[8] Raúl Castro, « Discurso… », 18 décembre 2010, op.cit.
[9] Raúl Castro, « Toda resistencia… », op. cit.
[10] Ibid.
[11] Raúl Castro, « Discurso… », 18 décembre 2010, op.cit.
[12] Partido Comunista de Cuba, « Resolución sobre los lineamientos de la política económica y social del partido y la Revolución », op. cit.
[13] Raúl Castro Ruz, « Discurso… », 18 décembre 2010, op. cit.
[14] Raúl Castro, « Informe central al VI Congreso del Partido Comunista de Cuba », 16 avril 2011. http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2011/esp/r160411e.html (site consulté le 1 janvier 2013).
[15] Ibid.

Une rencontre œcuménique à Cuba reportée à cause de l’embargo américain

Une rencontre œcuménique à Cuba reportée à cause de l’embargo américain – La VIe assemblée générale du Conseil latino-américain des Églises (CLAI), prévue du 19 au 24 février à La Havane (Cuba) va être reportée à cause de l’embargo des États-Unis contre Cuba. La filiale américaine de la banque équatorienne Pichincha, située à Miami, a en effet gelé un virement de 100 000 $ effectué par le siège du CLAI, à Quito (Équateur), pour couvrir les frais de nourriture et d’hébergement des 400 personnes attendues à La Havane.

Continuer la lecture de « Une rencontre œcuménique à Cuba reportée à cause de l’embargo américain »

Les évêques états-uniens demandent la levée de l’embargo

061212cuba_non-au-blocusRadio Vatican

 « Les États-Unis devraient rétablir leurs relations diplomatiques avec Cuba et annuler toutes les restrictions à son encontre pour promouvoir la cause des droits de l’homme et de la liberté religieuse. » C’est l’appel qu’adressent les évêques catholiques américains dans une lettre à la Secrétaire d’État Hillary Clinton.
La missive est signée par Monseigneur Richard E. Pates, évêque Des Moines et président du Comité des évêques américains pour la justice internationale et la paix et les relations diplomatiques. Elle rappelle que l’élimination de toutes les restrictions sur les voyages à destination de Cuba et le rétablissement des relations diplomatiques aideraient « nos voisins cubains, qui vivent à seulement 90 milles de distance, à obtenir une plus grande liberté, jouir des plus de droits humains et de liberté religieuse, en plus de devenir un partenaire commercial dont le commerce américain pourrait tirer des bénéfices. » L’évêque, selon l’agence Sir, cite le récent voyage de Benoît XVI à Cuba et rappelle que « les organisations caritatives, y compris celles catholiques, fournissent des services essentiels aux cubains les plus en marge et les plus pauvres. » Monseigneur Pates souligne que les personnes qui travaillent dans ces structures et nombreuses personnalités de l’Église cubaine ont plusieurs fois fait remarquer que « l’efficacité de leur travail est freinée par l’impossibilité d’obtenir des produits commerciaux venant des États-Unis à cause de l’embargo. »

Forum débat : 10 ans d’injuste emprisonnement

Pour commémorer le Xème anniversaire de l’injuste emprisonnement des 5 antiterroristes cubains et pour élargir , le site Cubaminrex organisera,  le 11 septembre 2008, de 16h à 18h (heure de France), le Forum débat « 10 ans d’injuste emprisonnement », avec la participation des familles des cinq.

 

Le forum sera disponible sur  http://europa.cubaminrex.cu/index.htm et sera traduit au français.

Appel à intensifier les actions pour la libération des Cinq

Les délégués de la « VIIe Rencontre hémisphérique de lutte contre les traités de libre commerce », à La Havane, ont appelé le 11 mars 2008 à intensifier les actions collectives pour la Libération des cinq. Ils ont approuvé la création d'une commission de soutien, laquelle fait partie de l'Alliance Sociale Continentale, en réponse à l'appel de Ricardo Alarcón de Quesada, Président du parlement Cubain

 

En présence d’une représentation des membres des familles de Gerardo, Fernando, Antonio, Ramón et René, des délégués du Mexique, Venezuela, Colombie, Honduras, Costa Rica, République Dominicaine et Argentine, entre autres, ont proposé des actions concrètes pour soutenir « la Campagne de libération des cinq héros Cubains ».

Iván Rodríguez, membre de la Campagne de Solidarité avec Cuba en République Dominicaine, a proposé que les mouvements sociaux fassent des manifestations pour demander la libération des cinq héros, le 12 septembre, en face des ambassades des Etats-Unis en l’Amérique Latine.

Beinozus Smukle, d’Argentine, a suggéré l’envoi de cartes postales et courriers électroniques aux missions diplomatiques à Washington D.C..

Ricardo Alarcón a exhorté dans son intervention à demander au gouvernement des États-Unis, le droit des épouses et d’autres membres de leurs familles de rendre visiter aux patriotes cubains Gerardo Hernández, Ramón Labañino, Fernando González, Antonio Guerrero et René González, « les cinq », comme ils sont connus internationalement.

Ricardo Alarcón a remarqué que le cas manipulé contre les antiterroristes est  systématiquement occulté et déformé par la grande presse étasunienne par ordre de l'empire, avec le but de maintenir l'impunité du terrorisme contre Cuba.

Alarcón a alerté que cette bataille sera très difficile à gagner tant qu'il ne sera pas possible de mobiliser l'opinion publique étasunienne qui pourrait obliger le système judiciaire étasunien à être juste et libérer immédiatement et inconditionnellement les cinq héros Cubains.

 

 

 

Forum interactif sur les Cinq

Le réseau cubain des universités en solidarité avec les 5 combattants antiterroristes cubains injustement prisonniers aux Etats-Unis a invité les étudiants de Cuba et du monde à prendre part à un forum interactif sur les 5 pour saluer le 46e anniversaire de l'UJC, l'Union des Jeunes Communistes de Cuba.

Ce forum aura lieu le 2 avril de 9 h à midi, heure de Cuba, sur www.5heroes.cujae.edu.cu/foro/

Julian Gutierrez, coordinateur du réseau a indiqué dans des déclarations à la presse que le but de ce forum est d'éclaircir les doutes pouvant exister au sujet de cette affaire et de joindre davantage de jeunes du monde à la lutte pour la libération des 5 Cubains condamnés sans preuves à de très lourdes peines pour conspiration afin de commettre de l'espionnage alors qu'ils luttaient contre le terrorisme.

Les proches de Gerardo Hernandez, Ramon Labañino, Fernando Gonzalez, Antonio Guerrero et René Gonzalez prendront part au forum pour répondre aux messages.

Magalys Llort, la mère de Fernando Gonzalez a précisé au sujet de l'affaire des 5 : "Il est important que l'on connaisse la vérité sur les 5 ; pourquoi ils sont aux Etats-Unis ; Ils ne collectaient pas des informations sur la sécurité nationale des Etats-Unis comme on prétend le faire croire pour influencer l'opinion publique. Nous en sommes tous conscients et cela a été prouvé au procès. La seule mission dont ils s'acquittaient aux Etats-Unis consistait à recueillir des informations, auprès des organisations anti-cubaines de Miami, sur les activités terroristes de celles-ci contre Cuba pour que nous puissions les faire échouer ".

Magalys Llort a ajouté qu'une des actions les plus importantes en faveur de la libération des 5 consistait à avoir l'avis de personnalités du monde qui dénoncent les violations des lois commises par les autorités étasuniennes concernant l'affaire et qui demandent que justice soit faite. Elle a précisé qu'une autre priorité consiste à attirer l'attention du Haut Commissaire des Droits de l'Homme à Genève.

Elle a signalé : "C'est justement un grand nombre de pétitions sur une même affaire qui amènerait le Conseil des Droits de l'Homme à se prononcer à ce sujet. Pensez ce que endurons, nous, les proches des 5 et ce qu'ils endurent eux, privés de leurs droits et enfermés avec des prisonniers de droit commun condamnés à plusieurs perpétuités. Les autorités étasuniennes les privent, la plupart du temps, de la possibilité de recevoir la visite de leurs proches comme le stipule la loi. C'est un véritable calvaire que d'obtenir le visa pour nous rendre aux Etats-Unis et les voir en prison "

De RHC 30 mars 2008

 

Appel pour une mobilisation internationale

Appel pour une mobilisation internationale et aux USA le "Jour d'après" et pour une "Semaine d'Action" immédiatement après la décision de la Cour d'Appel  du 11ème District.
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Sans tenir compte du résultat de la décision de la Cour, il sera vital pour tous les défenseurs des Cinq, les organisations ou personnes, de réagir  immédiatement. Nous vous appelons à  organiser des conférences de presse, des manifestations d'urgence devant les ambassades des USA ou les bureaux du gouvernement aux USA, et une campagne massive de lettres au président et au ministre de la justice des USA.Nous ne savons pas à quelle date la Cour  fera connaître sa décision ; cela peut être dans des semaines ou dans des mois. Mais nous sommes persuadés  que si toutes les organisations sont préparées dès MAINTENANT de façon coordonnée, nous pouvons obtenir un succès maximal.
 Si la Cour prend une décision favorable sur un des sujets de l'appel, le gouvernement va très probablement faire appel devant le panel des 12 juges du  11ème circuit. Il est important de s'opposer à tout appel du gouvernement contre une victoire des Cinq. Nous devons faire savoir que tandis qu'on protège un terroriste comme Luis Posada Carriles, on est en train de juger les Cinq antiterroristes cubains.Si la décision de la Cour est négative ou mixte, sans accorder  la pleine justice aux Cinq, il sera aussi très important d'organiser ces mêmes activités le Jour daprès et pendant la Semaine d'Action, pour exiger la libération immédiate des Cinq.Beaucoup parmi vous avez généreusement contribué dans le passé, en soutenant la lutte courageuse des Cinq. L'importance de leur cas nest pas seulement dans l'injustice immense commise contre cinq hommes, mais dans presque un demi – siècle de guerre, de blocus et de terrorisme contre Cuba, un petit pays voisin. Comité pour la Libération des Cinq des USA –Coordination Européenne pour la Libération des Cinq