Cuba-Éthiopie : sacrifices pour la liberté

Cuba-Éthiopie : sacrifices pour la liberté
Cuba-Éthiopie : sacrifices pour la liberté – l’histoire des deux nations dans une entrevue avec le ministre éthiopien des Affaires étrangères, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus lors de sa visite à Cuba. (ACN)

Cuba-Éthiopie : sacrifices pour la liberté

La Havane, Juin 14 heures (ACN) Juste avant de quitter Cuba, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a remémoré, dans une entrevue exclusive avec l’ACN, l’histoire des deux nations, en affirmant qu’elle a été écrite dans le sang.

Au cours de sa visite officielle à Cuba, il a révélé à l’ACN que la relation entre Cuba et son pays a été écrite dans le sang parce que, lorsque la liberté de sa nation a été menacée, il y a un peu plus de trois décennies, les Cubains ont été les premiers à venir l’aider.

« C’est la raison pour laquelle nous avons construit un monument à Addis-Abeba, en l’honneur de ceux qui ont sacrifié leur vie pour notre liberté, c’est quelque chose que les Éthiopiens apprécieront et dont nous mesurerons toujours la valeur, » a rappelé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Nous partageons avec nos lecteurs quelques parties de l’histoire commune des pays très éloignés géographiquement, mais proches à force de liens culturels et historiques et d’une solidarité à l’épreuve des balles :

À plus de quatre décennies du début des relations diplomatiques entre Cuba et l’Éthiopie, considérez-vous que les secteurs de coopération sont en accord avec ce sentiment de fraternité qui unit les deux pays ?

Nous avons une très bonne relation sur le plan politique, bilatéral, multilatéral et diplomatique, mais en termes de commerce et d’investissement, elle ne répond pas encore à ces relations historiques.

Pendant ma visite nous avons insisté sur ce sujet lors de la réunion avec le Ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez, et le Ministre de l’investissement étranger et de la Collaboration économique, et nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de renforcer ces relations.

Nous pouvons faire beaucoup plus et nous avons signé des accords qui peuvent aider à promouvoir ces sujets.

– De par position de leader dans le domaine de la santé, comment estimez-vous le système de santé de Cuba et le rôle des médecins de l’île dans le monde ?

Le Système de santé de Cuba est quelque chose que tout le monde pourrait apprendre, j’ai plusieurs raisons de l’affirmer : d’abord il centre sa première attention sur les soins des médecins de famille et des infirmières qui sont très proches des communautés pour leur faciliter l’accès, mais aussi en allant de maison en maison pour visiter leurs patients.
Ils ont aussi une policlinique d’un niveau supérieur. La ligne principale de la première attention est basée sur la prévention. Mieux vaut prévenir que guérir. La grande approche préventive de la santé publique cubaine est très précieux.
Mais pas seulement cela, ils ont en outre un accès universel à la santé, quelque chose que n’ont même pas obtenu des pays très développés. Cuba, avec des ressources de santé bien moindre, a pu offrir la santé à son peuple avec une très bonne qualité de services.

Elle produit également d’apports nécessaires, et 10 des 13 vaccins qu’elle utilise, ce qui est une leçon supplémentaire. Les Cubains ont non seulement l’accès aux services de santé, mais aussi à une médecine de qualité alors que c’est un problème dans le reste du monde, où ont lieu des conflits pour obtenir des médicaments efficaces.

50 mille cubains professionnels de la santé travaillent dans d’autres pays et l’Éthiopie est l’un d’eux. Non seulement nous bénéficions de leurs services, mais aussi cela nous aide dans la formation des ressources humaines en formant nos médecins.

À propos des liens historiques avec notre continent, je n’ai pas été surpris que Cuba prenne l’initiative et soit la première à arriver lors de l’appel lutter contre le virus Ebola au Liberia et à la Guinée Conakry.

En tant qu’Africain, je suis très heureux de voir qu’elle est toujours à l’avant-garde pour aider les autres. Nous sommes tous témoins du courage des professionnels de la santé dans ce pays qui sont parfois prêts à s’exposer pour remplir leur mission.

– En même temps que sa carrière politique, le ministre éthiopien des Affaires étrangères est nommé pour diriger l’Organisation mondiale de la santé : comment obtenir des actions concrètes qui répondent à son slogan de travailler ensemble pour un monde plus sain ?

Il y a trois principes auxquels je crois :

Tout ce que nous faisons doit se centrer sur les personnes, parce que la santé est une question de droits.

Aucun pays ne peut atteindre seul les résultats dont il a besoin, par conséquent, le second principe est la création de partenariats efficaces. Nous pouvons faire beaucoup plus si nous unissons nos forces comme le fait Cuba. Croire en solidarité, et alors, construire une volonté politique, parce qu’une question de droit est une affaire politique. Il est nécessaire de construire la volonté politique pour atteindre les objectifs convenus, comme les Objectifs de développement durable.

En troisième lieu, pour avoir une meilleure santé et atteindre ces objectifs il faut passer de la parole à l’action, mettre en œuvre ce que nous avons déjà convenu, mais alors que l’énergie doit se focaliser sur ces objectifs, nous devons également donner priorité à la lutte contre les pandémies et les épidémies.

En outre, les femmes, les filles et les adolescentes doivent recevoir d’avantage d’attention, car elles sont la colonne vertébrale de la société. Nous ne pouvons rien atteindre de significatif en excluant ces parties importantes de la population.

Nous croyons que le changement climatique est une menace pour notre planète, il est donc plus essentiel aussi de se concentrer sur le changement climatique et l’utilisation d’énergie renouvelables qui contribuent au développement durable.

Pour mettre en œuvre ces priorités, je pense que l’Organisation mondiale de la Santé devrait se concentrer sur les questions fondamentales et assigner certaines tâches. Si cette organisation ramène tout le programme de santé à sa base, cela apportera beaucoup de progrès, mais je pense qu’avant, une réforme interne et externe de l’OMS est indispensable.

– Racontez-nous les surprises que vous avez eues à La Havane…

La visite de l’Institut Pedro Kouri a été une révélation, bien sûr, je le connaissais déjà, mais arriver là et d’interagir avec des professionnels m’a aidé à comprendre et à réfléchir sur les modèles de développement qu’ils ont atteint et qui pourraient être utilisés par le reste du monde.

Je connais cet Institut depuis que j’ai fait mes propres recherches sur la malaria et d’autres maladies tropicales, et pour moi ce fut un rêve devenu réalité. Donc, je suis très fier d’avoir rencontré leurs enseignants et de m’être réactualisé sur les recherches qui se développent, avec moins de ressources mais avec une très bonne qualité.

Le temps du Ministre Éthiopien est court, avec un agenda chargé à La Havane, mais il a pris quelques minutes pour parler de l’histoire commune et des défis actuels ; ce «chef d’expérience et de transformation», comme il a été qualifié à plusieurs occasions, a été très clair, avant de partir, sur son admiration pour Cuba.

Source : ACN, le 14 juin 2016.

Traduction : Admin France-Cuba.

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