Il y a 60 ans, la Révolution !

Il y a 60 ans, la Révolution !

Il y a 60 ans, la Révolution ! – L’aube du 1er janvier 1959 venait de se lever sur Cuba. La « Revolución » des Barbudos allait triompher. C’était il y a soixante ans. C’était hier. Viva la Revolución ! Viva Cuba ! Association France-Cuba, 1er janvier 2019.

Il y a 60 ans, la Révolution !

Il y a 60 ans, le 1er janvier tombait un jeudi.
Qui aurait pu dire que ce jour-là allait changer la face du monde pour des millions d’hommes et de femmes, qui ne le savaient pas encore ?
Presque personne.

Juste quelques hommes pour lesquels l’aube qui pointe marquera leur vie. Ce soir, demain, ils seront vainqueurs. Ou morts.
À quoi pensent-ils, à ce moment précis où la nuit ne fait pas encore place au jour, où le temps semble suspendu, comme sur un fil ? Tout est encore possible Tout peut encore basculer, d’un côté ou de l’autre. Comme si l’Histoire retenait son souffle. Mais le calme qui règne est déjà gros du vacarme des fusils et des canons qui vont bientôt gronder.

À quoi pense Fidel, qui regarde Santiago, endormie après avoir fêté l’arrivée de la nouvelle année ? Peut-être pense-t-il à tous ses compagnons que la mort a fauchés le long du chemin, à Frank País, à Abel Santamaría et tant d’autres… Peut-être pense-t-il à la petite maison du quartier Tivoli, dans Santiago, où il a habité, enfant… Peut-être ne pense-t-il à rien d’autre qu’à savourer ces ultimes instants de paix avant la bataille…

À l’autre bout de l’île, à quoi peut bien penser Eloy Gutiérrez Menoyo qui, à la tête du Segundo Frente Nacional de l’Escambray, se prépare à fondre sur La Havane?

À plus de 200 km de la capitale, à quoi pensent Che et Camilo qui, malgré la fatigue de la bataille de Santa Clara et de la prise du train blindé chargé de défendre la ville, n’ont pas dû beaucoup se reposer ? Demain, la troupe partira vers La Havane. Camilo se rendra maître du Camp Columbia, Che occupera la Cabaña. Ont-ils seulement dormi ? Peut-être ont-ils passé la nuit à régler les mille et une choses qu’il faut assumer après la victoire… Peut-être ont-ils évoqué l’avenir qu’ils vont offrir à Cuba, une fois l’île débarrassée de la dictature sanglante de Fulgencio Batista… Peut-être se sont-ils contentés d’attendre l’aube côte à côte, en échangeant simplement quelques mots ou quelques regards. Ils se connaissent si bien !

Et puis ça y est, le jour s’est levé. Une lueur rose souligne l’horizon, dessinant la silhouette des palmiers qui semblent monter la garde. Un coq chante. C’est l’heure.

On imagine Eloy Gutiérrez Menoyo qui secoue sa carcasse et se lève. Son état-major l’entoure.
On imagine Che, un cigare au bec malgré la crise d’asthme qui l’a secoué une bonne partie de la nuit – comme chaque fois que la tension est à son paroxysme – qui tend « un cafecito, compay ! » à Camilo, qui le remercie de son grand sourire.
On imagine Fidel, la main sur l’épaule de Raúl, un Raúl avec encore des traits de gamin, Fidel qui dit à son petit frère : « Vamos, hermanito ! ».

Non, ils n’ont pas dû dormir beaucoup, ceux qui aux yeux de l’Histoire vont devenir des héros.

À l’ouest, là où la nuit règne encore, un avion emporte Fulgencio Batista qui fuit sa patrie qu’il ne reverra plus. Il sait déjà que lui, l’Histoire l’a jugé et condamné.

L’aube du 1er janvier 1959 venait de se lever sur Cuba. La « Revolución » des Barbudos allait triompher.

C’était il y a soixante ans. C’était hier.

Viva la Revolución ! Viva Cuba !

Association France-Cuba, 1er janvier 2019

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