Les « confidences cubaines » de Claude Marthaler

Les "confidences cubaines" de Claude Marthaler
Jeudi 22 octobre à Pignon sur Rue, Éliane, Martine, Simone et Serge ont participé à la soirée lyonnaise sur les pentes de la Croix Rousse. Le programme du Café Voyageur Les « confidences cubaines » de Claude Marthaler a intéressé notre association France-Cuba Comité Lyonnais, nous avions diffusé l’info.

Les « confidences cubaines » de Claude Marthaler

La présentation :

« C’est (encore et toujours !) à vélo et sur 4000 kilomètres que l’écrivain voyageur Claude Marthaler a effectué sa révolution autour de Cuba. Désormais aux prises avec la mondialisation, à quoi ressemble donc le sanctuaire historique de Fidel Castro et d’Ernesto « Che » Guevara ?Pignon sur Rue vous invite à venir échanger avec Claude Marthaler sur son voyage, ses rencontres et les ambiances de la plus vaste et célèbre île des Antilles. »

… avait motivé particulièrement les cyclotouristes du comité.

Les « confidences cubaines » de Claude Marthaler

Claude Marthaler donne le ton d’entrée de jeu ! Nous sommes restés… mais nous avons dû supporter 20 minutes d’un discours anti-cubain et anti-castriste digne des meilleurs, tel un concentré de vomissures de Zoé Valdes ou Jacobo Machover : rien de positif à Cuba, tout appartient aux frères et à la dynastie Castro, rien sur la vie, rien sur les paysages, ni sur les villes sauf une caricature de la réhabilitation de la Vieille Havane présentée comme un coup de peinture sur quelques façades. Cuba, selon son détracteur, c’est la dictature des frères Castro régnants depuis 60 ans sur l’île. Rien sur les écoles, les soins… je vous passe « la télé » ou même « les dessins animés sont de la propagande pour la dynastie ».
>Éliane a été la première à réagir. Ayant une bonne connaissance de Cuba, elle se présente : plusieurs randonnées cyclo dans l’île, la dernière de mai 2015… elle demande à Claude Marthaler comment il pouvait avoir une telle vision de Cuba !
Un « professionnel »… rien ne l’inquiète, il est sûr de lui. Il tente même un parallèle entre le nazisme et la répression à Cuba.

Serge prend la parole, pour le « féliciter » :

« Bravo, je n’avais jamais entendu une telle plaidoirie anti-cubaine de la part d’une personne étant allé à Cuba une fois, une telle série d’insultes à la population et à la révolution cubaine ».

Quelques remous dans la petite salle, mais nous sommes à Lyon dans un milieu Bobo cyclo quasiment acquis au « conférencier ».
Ensuite, reprise de parole sur le Blocus, les écoles, la santé, succincte mais indispensable.
Une voix en fond de salle : la personne est surprise du ton (politique), elle était venue parler vélo ! Le « conférencier » n’offre aucune réponse concrète (on pense qu’il n’a pas fait beaucoup de km en vélo à Cuba).

Les amies randonneuses, Éliane, Martine Simone sont alors intervenues et se sont surpassées en détails sur l’accueil chez l’habitant, l’état des routes, et la possibilité de voyager en bus avec son vélo (pour éviter les km de routes plates). Les routes pour aller à Baracoa, la Sierra Maestra, l’ascension à Topes de Collantes, tout y est passé.

Le soi-disant randonneur titre un article de journal « pourquoi crève-t-on sans cesse à Cuba ». Nous, nous avons fait des centaines de km sans jamais crever même sur les mauvaises routes !!
Le type ne bronche pas… il est payé pour ça… son bouquin était une commande de l’éditeur qui lui a financé son voyage, nous dit-il !
Claude Marthaler n’a vraiment pas incité les cyclos voyageurs présents à découvrir Cuba. Il a martelé les mots « dictature » (ça, on a l’habitude), mais aussi « junte militaire », « misère », « les gens ont peur, ils se savent surveillés en permanence ». Il nous a rappelé les discours de Robert Ménard (bien démasqué celui-là aujourd’hui dans son habit d’élu FN). En fait, selon Claude Marthaler, il n’y a rien à voir à Cuba. Il est allé là-bas, uniquement parce qu’on l’avait payé pour ça !

Nos interventions et surtout les explications calmes et précises sur le blocus et la situation des relations entre Cuba et les États Unis ont marqué des points dans l’auditoire.
Un ami cyclo présent a dit qu’il n’avait certes rien appris sur le vélo à Cuba, mais beaucoup de choses sur le blocus, les relations Cuba / États Unis. ‘Faudrait lire son livre… mais c’est pourtant ce qui ressortait de sa présentation.

Il faut cependant être positif : ce n’était pas une soirée inutile car il y avait un auditoire.

Auteurs : Simone et Serge le 23 octobre 2015, Comité Lyonnais

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2 pensées sur “Les « confidences cubaines » de Claude Marthaler”

  1. Bonjour,
    Je viens de terminer la lecture du livre de Claude Marthaler qui (prétend-il) a sillonné d’ouest en est l’île de Cuba en 2013. Il se trouve que j’étais à Cuba, la même année, en novembre 2013 avec ma compagne (après un séjour professionnel en 1993 durant la période « spéciale »). Nous avons voyagé en autobus, vélo-taxi, à pied et avons dormi régulièrement chez l’habitant, notamment en « casa particular » : à La Havane hébergé chez un couple qui accueillait aussi des étrangères allemandes (horreur le couple était noir bien que l’auteur prétend qu’ils sont des « relégués »), à Cienfuegos (chez une institutrice retraitée qui nous a cuisiné un homard du cru), à Trinidad chez un couple ( elle membre du PCC et lui non), à Santa-Clara chez un couple d’ingénieur en chimie et génétique (impliqués dans les changements /évolutions en cours), à Vinales (où là les seules 4 phrases de l’auteur nous ont confirmé qu’il ne s’y était pas rendu comme il le prétend car cette ville de province comporte des particularités qu’on ne peu ignorer et ne pas citer), puis retour sur La Havane où nous avons été piloté dans le barrio alternatif (un genre de squat artistique) par un jeune étudiant en Histoire de l’Art. Tous les jours nous avons échangé avec des cubains et cubaines de toutes conditions et de tous âges dont la parole parfois critique et spontané, parole aussi et surtout d’espoir, ne nous est pas apparue « conditionnée » et « embrigadée » mais plutôt emprunte d’une lucidité qui ferait rougir de honte beaucoup d’entre-nous en Europe. Nous avons regardé la télé, notamment le matin sur une tv couleur (oui ça existe à Cuba) et avons vu et écouté le programme quotidien sur le bien-être, les médecines douces et l’écologie (bien plus en avance que nos propres programmes télévisuels occidentaux). Nous avons croisé des touristes « autonomes » (hors circuit d’agence de tourisme) et des cyclo-touristes de plusieurs nationalités dont une canadienne ayant fait une mauvaise chute à vélo et qui nous a dit avoir été spontanément secouru aussitôt par un habitant, hébergé chez lui pendant plusieurs jours et conduit chez le médecin… gratuitement. Chacun-e était porteur d’une expérience propre et à aucun moment l’un ou l’autre n’a vécu ce que cet auteur prétend avoir vu et vécu. Au final de la lecture de « Confidences Cubaines » il m’est clairement apparu que l’auteur n’avait tout simplement pas effectué le voyage qu’il prétend avoir fait, n’avait pas rencontré cette suite interminable de personnes « victimes d’un régime oppresseur » mais que l’ouvrage était une compilation d’anecdotes consultables sur internet ou de guides touristiques remaniés. Quelle tristesse qu’un prétendu conférencier usurpe la vie et es expériences des autres.
    Ah, une touche finale : nous n’avons jamais vu de gens obèse à Cuba (l’auteur a du mélanger ses plagiat par ailleurs en contradiction avec le peu de nourriture absorbée par les cubains et le fait qu’ils marchent beaucoup et font des exercices physiques – souvent asiatiques- en groupe dans les parcs des villes)…

  2. Merci beaucoup pour ce témoignage, qui mériterait d’ailleurs, à mon avis, d’être édité sous la forme d’un article.

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