Le loup et la fable de Cuba Posible

Le loup et la fable de Cuba Possible
Le loup et la fable de Cuba Posible – l’Open Society est une fondation qui montre patte blanche alors qu’elle vise à soumettre Cuba aux intérêts du grand capital, dont George Soros, ayant déjà travaillé en étroite collaboration avec un organisme écran de la CIA, est le propriétaire. (Razones de Cuba – Cubadebate)

Le loup et la fable de Cuba Posible

Le loup et la fable de Cuba PossibleJ’ai souvent entendu les fables d’Ésope racontées par mon grand-père.  Leur brève composition m’a toujours frappé, mais aussi leur message accablant sur les défauts du genre humain. Dans la majorité des cas, les personnages sont des animaux ou des objets humanisés, et la malveillance du loup, les intrigues du renard ou la supériorité de Zeus s’avèrent récurrentes. Elles contiennent toujours un enseignement moral, délivrent des conseils ou marquent une règle dans la conduite des hommes.

Après avoir observé quelques événements récents, ont resurgi instantanément ces Cuentecillos que mon grand-père racontait pour m’illustrer plus clairement des phénomènes, des comportements et des attitudes très proches de la réalité. Je me souviens qu’il les associait à des dictons populaires et par exemple, il me disait parfois : « Tout ce qui brille n’est pas d’or » et aussitôt il ressassait :  « tu as entendu la fable du Loup et du paysan, » en me la racontant immédiatement, bien qu’il me l’avait déjà relatée d’autres fois :

Un fermier emmenait son attelage de bœufs au lavoir. Il marchait non loin d’un loup affamé en quête de nourriture. Le loup découvre la charrue et commence à lécher les bords du joug, et rapidement, sans s’en rendre compte, il finit par mettre sa tête à l’intérieur. En s’agitant du mieux qu’il peut pour s’en délivrer, il entraîne la charrue le long du sillon. Quand le paysan revient, et qu’il le voit agir de la sorte, il dit :

– Ah, loup voleur ! Quel bonheur si tu avais vraiment renoncé à ton emploi pour travailler honnêtement la terre !»

Et il conclut ainsi : «Moralité : bien que des méchants aient l’air de bien agir, leur nature les trahisse ; tu ne dois jamais les croire même quand ils se font passer pour bons.

Aujourd’hui, ils veulent nous imposer tout l’opposé : un vilain loup transformé en agneau, lorsqu’ils présentent avec un naturel stupéfiant l’organisation Open Society (Société Ouverte) comme une organisation caritative et inoffensive qui finance et accueille un minuscule groupe de personnes qui sont, de cette île, parties débattre à New York sur l’avenir de Cuba, avec des étrangers et des émigrés. Il est impossible de parler d’Open Society sans mentionner son propriétaire : George Soros.

Soros, incarnation parfaite du «loup» des fables, a un historique intéressant dans le financement de groupes d’opposition aux gouvernements socialistes, progressistes ou simplement qui vont à l’encontre de ses intérêts capitalistes. Parce qu’il faut le dire, par essence, il se catalogue lui-même en capitaliste fervent, défenseur à outrance du libéralisme économique, une doctrine par laquelle l’État demeure et que Soros s’est chargé de promouvoir et de soutenir dans le monde entier grâce à ses donations économiques et ses fondations intégrées dans Open Society.

Le loup et la fable de Cuba PossibleCe «loup» des fables est un magnat milliardaire, d’origine hongroise, bien que déjà aussi reconnu comme un étasunien. Il a amassé une des plus grandes fortunes du monde, faite aux dépens de spéculations financières, un domaine dans lequel il est l’un des représentants les plus remarquables.

En mai 2014, Soros a reconnu à la CNN sa responsabilité dans l’établissement d’une fondation en Ukraine crée pour renverser le gouvernement légitime de ce pays un an plus tôt. Il a également accepté le commentaire d’un journaliste qui avait déclaré que « l’une des choses que beaucoup de gens [lui] reconnaissent est qu’il a financé, durant les révolutions de 1989, des activités des dissidents et des groupes de la société civile en Europe de l’Est. »

Ces derniers jours, un document déclassifié de la CIA de février 1987 a été divulgué, le reliant à une attaque terroriste dans l’ancienne Tchécoslovaquie, à partir d’approvisionnement aux acteurs contrerévolutionnaires, – en particulier le groupe « Charte 77 ».

Divers médias sur Internet indiquent qu’en 2003 son appui financier et organisationnel dans la « Révolution des Roses» en Géorgie a été considéré par les observateurs russes et occidentaux comme « essentiel au succès » de ce mouvement. Soros affirme que son rôle a été exagéré, mais il n’a pas réfuté son intervention dans cette opération.

Parmi les contributions qui lui sont les plus reconnues aux États-Unis, on trouve qu’il a fait don de grosses sommes d’argent pour obtenir la défaite de George W. Bush à l’élection présidentielle de 2004, où il a finalement échoué.

Bien que de nombreux médias évitent de le mentionner, Soros a travaillé en étroite collaboration avec l’USAID, la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED), écran de la CIA, l’Institut International Républicain, l’Institut national démocratique pour les affaires internationales, la Maison de la Liberté ( Freedom House) et l’Institut Albert Einstein. Avec pour ce dernier, une importante participation dans le soutien du mouvement «Otpor» en Yougoslavie qui a conduit au renversement du gouvernement de Slobodan Milosevic, et qui a également disposé du financement et des conseils de George Soros et de l’Open Society .

Avec ce résumé très dense, on n’a même pas abordé l’histoire du personnage, mais cela permet de montrer en quoi consiste le travail des  Open Society Foundations, trois mots qui subsistent si opportunément dans le cadre de plusieurs photos ces derniers jours. L’organisation est tout simplement le canal financier et l’exécuteur de la volonté du chef de troupeau.

Elle est classée deuxième du monde pour distribuer le plus de volume en donations. Elle a été propulsée par Soros en 1984 avec l’objectif de financer des activités de promotion pour la démocratie, les droits de l’homme, les libertés civiles et le droit d’État avec une succursale rien que pour l’Amérique latine. Les Cubains savent bien ce que ces « promotions » signifient en termes de subversion, mais sans doute l’organisation est un anneau sur mesure pour des « laboratoires d’idées »  émergents.

La fondation a accueilli et parrainé un événement promu par Cuba Posible, organisation qui se définit comme théâtre de débats pour des sujets d’intérêt national, mais qui en pratique est projetée comme plate-forme du parti, avec le soutien de particuliers, de fondations et de gouvernements intéressés à la transition de Cuba aux intérêts du grand capital.

La réunion tournait autour de questions telles que :

« Cuba peut-elle aspirer à devenir un pays développé d’ici 2030 ? Pour quel développement ? Quelles sont la caractéristique et la situation des transformations sociales à Cuba en termes de bien-être, d’équité et de justice ? Quelles stratégies et quels moyens employer pour obtenir la levée définitive du blocus et d’autres mécanismes de confrontation entre les États-Unis et Cuba ?  »

Comme « par hasard » toutes les questions sont liées aux documents du Congrès du PCC qui seront soumis à consultation populaire dans les prochains mois, et ce débat a été annoncé, également «accidentellement», un jour après leur divulgation et une semaine avant que commence son débat. Peut-être essaie-t-on de l’influencer?

Malgré l’historique connu de l’organisation Soros pour en finir avec les gouvernements socialistes et capitalistes, je fus pris au dépourvu lorsque Roberto Veiga, directeur de Cuba Posible, a déclaré :

«Je témoigne avec satisfaction que cet événement est rendu possible grâce à l’enthousiasme, l’engagement et les efforts de la Fondation « Société Ouverte » (Open Society), en particulier son équipe pour l’Amérique latine, qui depuis quelque temps se rapproche de Cuba et dialogue avec des acteurs nationaux de l’île et de l’émigration, et a décidé d’accueillir et de cofinancer l’initiative Cuba Posible. »

J’ai seulement réussi à penser à mon grand-père, qui certes, à point nommé, rappellerait la fable de « Zeus et le serpent », celle qui raconte la fois où de nombreux animaux faisaient des offrandes à Zeus, et quand il a vu monter jusqu’à lui le reptile, rampant, avec une rose blanche à la bouche, il lui a dit :  « de tous les autres j’accepte les présents, mais je n’en veux pas de ta bouche . » La morale va sans dire.

Mais les filleuls de George Soros et la Fondation Open Society ne sont pas de simples ingénus, mais sont bien moins mythologiques que Zeus. Face à de telles reconnaissances et la fierté avec laquelle ils assument, il ne reste plus qu’à penser que :  « Pour tel type de bateau, tel pilote !« 1

L’alliance annoncée est ce qu’il y a de moins préoccupant. De pires meutes ont attaqué le projet socialiste cubain. Le plus dangereux est le langage enveloppant et avilissant, qu’on essaie de faire confondre avec des symboles sacrés. Une toile de soutien tente de se tisser, en manipulant efficacement l’intervention du camarade Raúl Castro. Dans ses remarques préliminaires, le directeur de Cuba Posible expose :

« Toutefois, il fut précédemment réclamé un dialogue intense, serein et responsable, pour que coexistent toujours différents moyens, peut-être presque tous légitimes, de concevoir vers où aller et comment le faire ; et par conséquent, il est aussi demandé la nécessité de trouver des accords pour une synthèse dans laquelle tous peuvent s’identifier. Le Président Raúl Castro lui-même a réclamé la recherche d’attitudes et de volontés qui favorisent le dialogue, et a alerté sur la nécessité urgente et profonde de perfectionner – par logique, à partir des fondements socialistes – le modèle social, culturel, économique et politique cubain (que celui qui a des doutes, lise avec ouverture d’esprit et sans préjugé tous ses discours, ses interventions au 7° Congrès du PCC et ses déclarations après la visite du Pape François au Vatican). « 

Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Ils essaient tout le temps de faire voir et croire que le chef cubain les « soutient », et par conséquent, comme cela s’est également produit, ceux qui les dénoncent comme des extrémistes ne vont pas seulement à l’encontre de leur plate-forme politique de la Révolution, mais aussi contre le chef cubain.

Cependant, ils omettent opportunément deux allusions du Président qui les dépeint fermement. L’une d’elles, le 1er janvier 2014, à Santiago de Cuba :

«Dans notre cas, comme ça l’est dans plusieurs régions du monde, on perçoit des tentatives d’introduire subtilement des plates-formes de pensée néolibérale et de restauration du capitalisme néocolonial, enfilées contre l’essence même de la révolution socialiste… »

Plus récemment, lors de la cérémonie de clôture du VII° Congrès du PCC , il a réitéré l’existence d’«actions visant à introduire des plates-formes de pensée néolibérale et de restauration du capitalisme soutenu par une stratégie perverse de politique et de subversion idéologique qui menace l’essence même de la Révolution et de la culture cubaine, l’histoire et les valeurs qui y ont été forgées, l’existence indéniable de problèmes accumulés dans la société, à quoi s’ajoute le processus de mise en œuvre des lignes directrices et des changements profonds dans lesquels nous nous retrouvons plongés, ainsi que le nouveau scénario des relations entre Cuba et les États-Unis …  »

De qui croient-ils que le Général-Président parlait ?

Peu importe si George Soros n’était pas physiquement à l’événement de New York, il suffisait que la toile de son organisation le couvre. Lui, comme dans des contextes historiques précédents, n’est pas étranger, ni intrépide, encore moins son intention est de favoriser un débat sur Cuba pour plus de socialisme. C’est, en tous les cas, la fable que Cuba Posible veut nous conter.

Auteur : Yeniel Cabrera Duardo, le 1er juin 2016

Source : Razones de Cuba – Cubadebate

Traduction : Admin site France-Cuba le 2 juin 2016.

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  1. NdT : en référence à la fable « La víbora y la zorra » dont la morale est : « les méchants se relient toujours à des outils pervers. »
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