Ma génération

Ma génération
Ma génération – que ce soit à Cuba ou ailleurs, les incompréhensions entre générations sont identiques et les époques voient refleurir les mêmes –  mais exactement les mêmes ! – reproches. Le paragraphe de conclusion ne pourra que ravir les amis de Cuba. Publié un an plus tôt sur un blog de la Joven Cuba, cet article d’un jeune journaliste cubain est paru récemment sur Granma.

Ma génération

La dame dans le bus répétait «la jeunesse est perdue. » L’homme à côté d’elle l’appuyait. Et d’autres passagers se sont joints à elle avec des exemples du « mal » de ceux qui ont vécu moins d’événements.

Mon amie m’a pris par le bras et m’a entrainé à l’arrière. « Voilà ce qui me dérange : nous juger tous à cause de quelques-uns,» dit-elle, touchée.
Plus tard, trois hommes ont critiqué, dans un parc de Bayamo, deux garçons pour leurs coiffures extravagantes et leurs boucles d’oreilles, qui d’après eux, leur enlevaient une part de virilité.

Beaucoup sont souvent la cible de critiques pour la manière dont ils s’habillent et se comportent dans les lieux publics, parce que « ils ne travaillent pas autant qu’avant« , parce qu’ils sont  « mal élevés » ou parce qu’ils se déplacent et parlent au rythme du reggaeton.

Est-ce que le phénomène est si simple ? Est-ce que le « mal » est transmis par osmose, il y a t-il quelque chose de différent dans l’air ? Les moins âgés vivent-ils dans une bulle, isolés des contextes ? Sont-ils vraiment si différents ? Qu’elles en sont les raisons ?

Revoir les phrases et documents écrits il y a des siècles révèle que la question n’est pas nouvelle. Par exemple, le philosophe Socrate (470-399 a. C.) a exprimé « notre jeunesse aime le luxe et est mal élevé ; elle ne fait pas cas des autorités (…) Elle ne se lève pas quand une personne âgée entre et elle répond à ses parents. » Pour Hésiode (720 av. J.-C.) elle était aussi «insupportable, débridée et tout simplement horrible. »

Dans un vase d’argile, découvert dans les ruines de Babylone et vieux de plus de 4000 ans, on peut lire : « les jeunes gens sont des criminels et des fainéants« .

L’écoulement de toutes ces d’années a balayé les constructions et même les empires qui ont régné à coups de conquêtes. Cependant, les mots gravitent invariablement dans leur essence.

Chaque génération reçoit des critiques et, comme une vengeance inconsciente, attaque aussitôt la suivante.

Notre contexte est trop complexe pour simplement le pointer du doigt. L’affaiblissement d’une partie des valeurs de la société ne se limite pas aux moins âgés.

Qu’est-ce qu’on gagne à dire « vous êtes mauvais », à tourner le dos et partir ? L’éducation n’est peut-être pas la responsabilité de tous ? Famille, école, voisins, collègues de travail et même la dame dans le bus ?

Ceux qui nous traitent d’irresponsables adhèrent généralement à un idéalisme sans consistance pratique. «De mon temps, ça n’était pas comme ça », répètent-ils avec déception. Et après, ils mentionnent quelque chose sur le développement. Et puis ils retouchent leur cravate inexistante.

Je suis fier des jeunes aux valeurs admirables dans les bureaux, les ateliers et les champs, et même sans emploi. Certains occupent des postes de direction.

La pluralité de modes de conduite a toujours existé, tout comme l’avant-garde responsable. Les piercings et pointes étaient avant des coiffures crêpées et des pantalons du style des Beatles. C’est pourquoi Maître Andrés Vázquez, professeur de plus de 30 ans d’expérience, me dit :

« si j’avais 16 ans je me promènerais peut-être avec boucles d’oreilles, les cheveux Para’o et même des tatouages. »

La solution n’est pas simple et ne repose ni sur des manuels scolaires et ni sur des discussions théoriques. Les comparaisons ne sont pas non plus favorables.

J’ai confiance en ma génération, avec d’autres défis que la précédente, mais adepte de l’essence de ce pays et de son histoire.

Il est vrai qu’elle proteste parfois trop et croit tout savoir. D’où l’importance de l’expérience des adultes, conscients que le chemin est à relayer avec confiance. Le résultat final sera de tous.

 

Auteur : Yasel Toledo Garnache (autor del blog Mira Joven)

Source : Granma

Traduction : Admin Site France-Cuba

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