Le recours des cinq antiterroristes cubains débouté par la Cour d’Atlanta

PAR LILLIAM RIERA

 La Cour d’appel du 11e circuit du Tribunal d’Atlanta a rejeté le 2 septembre les requêtes en vue d’un réexamen du jugement des cinq antiterroristes cubains, qui le 12 septembre auront déjà passé 10 ans d’emprisonnement illégal aux Etats-Unis.

Lors d’une conférence de presse à La Havane, en présence de journalistes nationaux et étrangers, le président du Parlement cubain, Ricardo Alarcon, a souligné qu’avec ce rejet la Cours d’appel d’Atlanta est une nouvelle fois entrée dans le jeu de l’injustice et du terrorisme.

Ce renvoi ratifie et met en vigueur la décision adoptée par une troïka de juges le 4 juin dernier.

Non seulement la juge Joan Lenard, de la Cour de Miami, a confirmé les verdicts de culpabilité prononcés à l’encontre des Cinq, de même que les condamnations imposées à Gerardo Hernandez (deux peines de réclusion à perpétuité plus quinze ans) et René Gonzalez (15 ans), mais elle peut ordonner le nouveau procès pour infliger de nouvelles peines à Ramon Labañino, Antonio Guerrero et Fernando Gonzalez.

 Ricardo Alarcon a annoncé qu’à présent les avocats de la défense transmettront le dossier de pourvoi à la Cour suprême, le délai étant fixé au 1er décembre 2008.

 « Le retour de chacun d’entre eux, indépendamment de la situation dans laquelle il se trouve : voilà ce que nous recherchons ! », a déclaré le président du Parlement cubain. 

 Alarcon a signalé que cette nouvelle décision situe la Journée mondiale de solidarité avec les Cinq (qui doit démarrer le 12 septembre) dans un nouveau contexte, et il a exhorté les Cubains et les non Cubains à se mobiliser et à réveiller les consciences sur la cause des cinq antiterroristes en divulguant toute la vérité sur cette affaire.

 « Le jour où l’opinion publique des Etats-Unis pourra enfin prendre connaissance de cette affaire, il sera possible d’obtenir la libération des Cinq », a-t-il dit.

Le 12 septembre 1998, ces héros de la République de Cuba avaient été arrêtés par le FBI alors qu’ils surveillaient les agissements de l’extrême droite anticubaine, dans le but de prévenir leur pays des plans terroristes (autorisées et sponsorisées par la Maison Blanche) qui sont ourdis par ces groupes basés dans le sud de la Floride.

Forum débat : 10 ans d’injuste emprisonnement

Pour commémorer le Xème anniversaire de l’injuste emprisonnement des 5 antiterroristes cubains et pour élargir , le site Cubaminrex organisera,  le 11 septembre 2008, de 16h à 18h (heure de France), le Forum débat « 10 ans d’injuste emprisonnement », avec la participation des familles des cinq.

 

Le forum sera disponible sur  http://europa.cubaminrex.cu/index.htm et sera traduit au français.

Nous cesserons jamais de lutter

McCreary, 9 juin 2008 

″Année 50 de la Révolution"

Chers Hermanos du monde entier :

Nous venons de recevoir la décision des trois Juges d’Atlanta, par laquelle sous des pressions politiques inhabituelles, deux d’entre eux ont rejetés presque tous nos points d’appel,  ne concédant qu’à trois d’entre nous, une procédure de nouvelle sentence, une sorte de tentative pour nous diviser, nous affaiblir et nous isoler.

Une nouvelle fois, ils se sont trompés. Jamais nous ne cesserons de combattre et de faire appel jusqu'aux plus hautes instances contre cette injustice cruelle. Jamais ils ne nous diviseront et nous n’abandonnerons ni Gerardo ni René, ni aucun de nos hermanos. Nous sommes Cinq et nous serons Cinq jusqu'à la victoire finale.

C’est l’heure de lever nos voix, de manifester, d'exiger la  liberté immédiate, c’est l’heure de faire trembler cette injustice absurde.

Nous comptons sur vous tous dans ce  combat. Unis nous vaincrons !

Merci d’exister chers hermanos et hermanas!

L’amour et l’espoir des Cinq sont avec vous!

Hasta la victoria siempre !Ramón Labañino

Lettre de Tony à Annie Arroyo

Tes lignes pleines de fraternité sont arrivées entre mes mains et m’ont donné beaucoup de force pour rester ferme et optimiste dans la bataille pour la justice.

            C’est le 80° anniversaire de la naissance de Che Guevara, le Guérillero Héroïque éternel.

            Je t’envoie ici un poème et un portrait que j’ai faits. Son exemple est aujourd’hui plus important et nécessaire que jamais, alors que nous nous trouvons dans un monde où il faut chaque jour se lever et lutter contre tant d’inégalité, tant de pauvreté, tant d’exploitation, tant d’égoïsme des puissants et tant d’agression et de menaces de l’Empire.

Son exemple est aujourd’hui indispensable pour  pouvoir construire le monde meilleur que nous savons possible.

            Contre Cuba, ma patrie, île que tu admires et que tu aimes, on vocifère depuis le nord: Changements ! avec l’idée de la faire revenir au passé capitaliste, mais tout un peuple répond avec courage : Révolution éternelle ! avec Fidel, avec Raùl et à l’exemple du Che.

            Merci, une fois de plus, pour ton soutien à Cuba et à sa juste cause socialiste.

            Saluts aux amis des 5 en France.

            Un grand « abrazo » de ton frère,

                                               Antonio Guerrero

Che, presente ! … 80 …

 

La Commission des Relations internationales du Parlement condamne le verdict d’Atlanta

LA Commission des Relations internationales du Parlement a approuvé la veille à l’unanimité une Déclaration condamnant le verdict de la Cour d’appel du onzième circuit d’Atlanta, en Georgie, où un groupe de trois juges de cette instance judiciaire a ratifié le verdict de culpabilité des cinq antiterroristes cubains détenus dans des prisons des Etats-Unis, ratifié la sentence de deux d’entre eux et demandé que les trois autres soient rejugés lors d’une nouvelle audience à Miami.

Lors d’une réunion extraordinaire, le groupe parlementaire a décidé de porter cette déclaration à tous ses homologues du monde pour qu’on connaisse, dénonce et agisse contre la poursuite de l’injustice.

« Nous allons faire appel, nous allons demander aux trois juges qu’ils revoient leur décision. Nous nous proposons d’utiliser tous les éléments et arguments. Nous allons faire appel à l’ensemble des juges de la Cour d’appel du Circuit d’Atlanta et du Tribunal suprême des USA », a indiqué Ricardo Alarcon de Quesada, président du Parlement, en expliquant devant les députés la teneur des 99 pages de la récente décision d’Atlanta et pourquoi les seuls dont les charges et les condamnations n’ont pas été sujettes à révision sont celles de Gerardo Hernandez Nordelo (double peine à perpétuité) et René Gonzalez Sehwerert (15 ans).

« Ce n’est pas un hasard », a souligné Alarcon. Le premier est le seul qu’on accuse du chef d’accusation 3 (complot d’assassinat, celui qui cautionne l’aspect politique de cette cause) et le second avait réussi à pénétrer l’organisation terroriste Hermanos al Rescate, d’où étaient les petits avions détruits par le gouvernement cubain en territoire national, en février 1996, en légitime défense de sa souveraineté.

« Pour construire une accusation contre Gerardo on a clairement manipulé les faits », a-t-il précisé. Cette charge ne faisait pas partie de l’accusation au départ, on l’a rajoutée sept mois après et « elle est devenue le centre du procès », a-t-il indiqué.

Celui qui est aussi membre du Bureau politique a rappelé que les juges eux-mêmes ont reconnu les erreurs commises au moment d’émettre leur verdict à Miami. D’autre part, il a appelé à promouvoir la solidarité et rappelé que l’union était indispensable dans cette bataille. La même dont ont fait preuve les Cinq. « Il faut poursuivre la bataille jusqu’au bout, ensemble », a-t-il conclu.

PAR DEISY FRANCIS MEXIDOR

 

Les Cinq dans le Rapport d’Amnesty International

Le cas des Cinq dans le rapport 2008 d’Amnesty International sur les violations des Droits de l’Homme commises par le gouvernement des Etats-Unis

 

Le 25 mai dernier, Amnesty International a rendu public son rapport annuel pour 2008. Dans le chapitre qui se réfère aux violations des Droits de l’Homme commises par le Gouvernement des Etats-Unis est inclus le cas de René González, de Gerardo Hernández, de Fernando González, de Ramón Labañino et d’Antonio Guerrero, qui purgent dans ce pays depuis dix ans des condamnations qui totalisent 4 perpétuités plus 77 ans de prison. Leur cas est en appel depuis l’année 2001.

A cette occasion, Amnesty ne se limite pas à dénoncer le refus de visa opposé à deux des épouses, Olga Salanueva et Adriana Pérez, comme cela avait été le cas dans les précédents rapports depuis 2003, mais aborde également les atermoiements du processus concernant l’appel et les arguments présentés par la défense sur l’insuffisance de preuve et la conduite inadéquate du Ministère Public dans ses assignations du système judiciaire des Etats-Unis.

Depuis 2002, Amnesty International s’est adressée à plusieurs reprises aux autorités étatsuniennes en demandant que des visas soient accordés à Olga et Adriana, le refus des autorités étant qualifié de “mesure punitive non nécessaire et contraire aux normes sur le traitement humain dû aux prisonniers et à l’obligation qu’ont les Etats-Unis de protéger la vie familiale ».

Cette prise de position d’Amnesty International dans son rapport de 2008 s’ajoute aux dénonciations faites par de nombreuses autres organisations parmi lesquelles on note particulièrement le Groupe de Travail sur les Détentions arbitraires des Nations Unies, le Parlement Européen, des Parlements nationaux et régionaux, des Parlementaires, des organisations religieuses comme le Conseil des Eglises du Christ des Etats-Unis, ainsi que des personnalités du monde entier.

RAPPORT Amnesty International 2008

Au mois d’août s’est tenue une audience concernant un appel dans l’affaire des cinq citoyens cubains condamnés à Miami en juin 2001 pour, entre autres charges, conspiration pour avoir œuvré en tant qu’agents de la République de Cuba (Etats-Unis contre Gerardo Hernandez et les autres accusés). Dans les éléments de base du recours figurent l’absence de preuves et les déclarations semble-t-il impropres du Ministère Public durant le procès. La décision de la Cour d’Appel n’a pas encore été rendue publique au terme de l’année 2007. Le gouvernement états-unien continue à refuser aux épouses de deux des prisonniers les visas nécessaires pour leur rendre visite en prison.

Traduction Annie Arroyo

 

Les Cinq:Un cauchemar de la première à la dernière ligne

L¹histoire des cinq agents cubains emprisonnés aux Etats-Unis : Ce qui a commencé comme un échange prometteur entre Fidel, García Márquez et la CIA, s¹est terminé avec cinq agents cubains emprisonnés et tout un mouvement solidaire pour que les espions soient libérés et puissent retourner à Cuba.

 Un cauchemar de la première jusqu¹à la dernière ligne, comme sont les histoires réelles quand les intérêts des États jettent dans un précipice la vie des individus.

Le premier chapitre est constitué par une série de sabotages et attentats perpétrés à Cuba à partir de 1997 contre des hôtels de la capitale, La Havane. Le 4 septembre, un de ces actes terroristes perpétré dans l¹hôtel Copacabana a provoqué le mort d¹un touriste italien, Fabio di Celmo.

Le second chapitre est une note envoyée par Fidel Castro au président des Etats-Unis de l¹époque, Bill Clinton, par le biais de l¹auteur colombien Gabriel García Márquez. La note, entre autres, disait : « Une importante affaire. On maintient des plans d¹activité terroriste contre Cuba, payés par la Fondation Cubano-américaine en utilisant mercenaires centroaméricains. Deux nouvelles tentatives ont été menées pour faire exploser des bombes dans nos centres touristiques avant et après la visite du Pape ». Dans le même texte Castro disait que les agences d¹intelligence des Etats-Unis détenaient des informations substantielles sur les responsables de ces actes et il signalait que « ils projettent maintenant et font déjà des pas pour faire exploser des bombes dans des avions des lignes aériennes cubaines et d¹autres pays qui voyagent vers Cuba amenant et ramenant des touristes depuis et vers des pays d¹Amérique Centrale ».

Le troisième chapitre est le rendez-vous que Gabriel García Márquez avait le 6 mai à 11 heures et quart du matin à la Maison Blanche afin de livrer le texte de Castro. Là, le prix Nobel de Littérature devait s¹entretenir avec Clinton, mais il n¹a pas été reçu par le président mais par trois fonctionnaires. Ceux-ci, au bout de 50 minutes d¹audition, lui ont dit : « Votre mission était en effet de la plus grande importance, et vous l¹avez très bien remplie ». Dans un récit sur cette médiation, Márquez a écrit : « Je suis sorti de la Maison Blanche avec l¹impression certaine que l¹effort et les incertitudes des jours passés valaient la peine. La contrariété de ne pas avoir délivré le message au président en main propre me parut compensée par ce qui fut un conclave plus informel et opérationnel dont les résultats ne se feraient pas attendre ³.

Les conséquences ont été immédiates parce que -fait peu commun- s¹est instauré une sorte de coopération formelle entre La Havane et Washington. Vers la mi-juin, des spécialistes cubains et des officiels du FBI se sont réunis dans la capitale cubaine pour analyser les preuves et les documents sur les actions terroristes qui avaient comme cible Cuba. La sécurité d¹État cubaine a fourni au FBI 230 pages, ainsi que des enregistrements et conversations téléphoniques et des vidéos sur les plans en cours. Les agents du FBI ont quitté La Havane avec la promesse de donner une réponse rapide aux inquiétudes cubaines. La coopération se termina là et là a commencé le quatrième chapitre.

Les Etats-Unis ont donné une réponse mais totalement à l¹inverse du schéma ouvert présenté par Cuba. Toute l¹information recueillie à Cuba a été utilisée pour arrêter à Miami cinq agents cubains qui étaient en territoire étasunien avec l¹objectif d¹infiltrer les groupuscules d¹extrême droite et freiner leurs actions dans l¹île. C¹était un cas typique d¹opération extérieure destinée à la protection intérieure. L¹administration Clinton retourne les arguments, elle s¹est servie des informations que Castro a livrées à García Márquez et, le 12 septembre 1998, elle a arrêté les cinq cubains : Gerardo Hernández, René González, Antonio Guerrero, Fernando González y Ramón Labañino. Aujourd¹hui connus comme les « Cinq cubains de Miami », ils ont été condamnés à des peines de prison qui vont de 15 ans à perpétuité. Jugement expéditif et pour beaucoup de juristes « hallucinant » parce que la Justice de la première puissance mondiale a été incapable de présenter la moindre preuve de ses accusations. Les charges sont, en outre, contradictoires avec la mission qu¹ils accomplissaient : « conspiration espionnage », ou « conspiration pour assassiner » sont deux des charges qui figurent parmi les 26 infractions qui leur sont imputées.

La jurisprudence à « géométrie variable » appliquée par Washington est tellement scandaleuse que l¹Association Internationale de Juristes Démocrates (AIJD) a organisé cette semaine au Sénat français un colloque sur le cas des cinq cubains de Miami. La condamnation des agents cubains est une énormité d¹autant plus abusive qu¹elle laisse encore plus à découvert l¹impunité avec laquelle la Maison Blanche a agi quand la CIA a monté les vols secrets déjà célèbres dans lesquels elle transportait d¹un pays à un autre des supposés terroristes membres d¹Al Qaida.

À l¹injustice s¹ajoute le caractère inhumain avec lequel sont traitées les familles des prisonniers. Magali Llort, mère de Fernando González, a raconté au Sénat la « bataille qu¹il faut livrer pour ouvrir les portes de la prison et pouvoir donner un baiser à son fils ». De fait, les Etats-Unis fontt tout ce qui est à leur portée pour ne pas donner de visas aux familles. Olga Salanueva, l¹épouse de René González, et Adriana Pérez, la compagne de Gerardo Hernández, attendent depuis dix ans un visa. Leonard Weinglass, célebre avocat étasunien qui défend Antonio Guerrero, a souligné pendant le colloque que la façon avec laquelle a agi la Justice étasunienne viole toutes les conventions existantes.

En mai 2005, le groupe de Travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires a justement considéré que l¹arrestation de ces cubains constituait une détention arbitraire. La même année -en août 2005-, après que les cinq cubains aient appel du jugement devant l¹onzième Cour d¹Appel d¹Atlanta -en Géorgie- trois juges de cette Cour ont rendu public un document de 93 pages dans lequel ils annulaient le verdict. La troika a estimé que les cinq cubains n¹avaient pas eu un procès équitable à Miami et a ordonné un nouveau jugement. Détail d¹excellence de cette décision, les trois juges ont admis que les preuves présentées par la défense étaient valables. Et qu¹y avait-il dans ces preuves ? Cela n¹étonnera personne que dans ces dernières figurait le nom de ce grand ami de la démocratie étasunienne qu¹est Posada Carriles, l¹agent de la CIA impliqué dans plusieurs attentats anti cubains et protégé avec toutes les armes de la loi par l¹administration Bush.

Et on entame ici le cinquième chapitre, toujours ouvert. Bien que la troika ait ordonné la tenue d¹un autre procès, les cinq cubains continuent à attendre. Alberto González, ex conseiller de George Bush et ministre de la Justice des Etats-Unis, est intervenu ensuite devant le tribunal pour lui demander qu¹il révise la décision de la troika d¹Atlanta. Cela ne vous surprendra pas d¹apprendre que le 31 décembre 2005 les juges ont accepté de réviser ce qui était déjà révisé.

Les juristes présents à Paris ont énuméré avec effroi les irrégularités du procès contre les cinq, en particulier la première : les accusés n¹ont commis aucun crime, n¹ont pas attenté contre la sécurité des Etats-Unis, le procès contre eux s¹est déroulé à Miami, une ville que la même Cour Fédérale d¹Appels des Etats-Unis a considérée comme « hostile et irrationnelle » avec le gouvernement cubain. Pire encore, les cubains peuvent rester dans ces limbes d¹injustice pour un temps indéfini. La révision de la révision est en cours et les parties ne se sont même pas mises d¹accord sur le lieu où l¹on pourrait mener à bien le prochain procès.

Comment expliquer tant de démesure ? Leonard Weinglass allègue que ce drame infini n¹est pas étranger à l¹ambition politique de la ministre de Justice des Etats-Unis, Janet Reno, candidate au Sénat pour l¹état de Floride et à laquelle manquaient les vois cubaines. Robert González Sehwerert, avocat de René González, fait valoir que le cas des Cinq cubains « révèle la contradiction entre le droit et la politique. Le maintien des cubains en prison correspond à un intérêt politique en opposition à la loi ³.

Par Eduardo Febbro

Página 12, Argentine. Depuis Paris, le 27 avril 2008.

Traduit de l¹espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi.


 

Lettre de Maruchi, soeur d’Antonio Guerrero

Trois des cinq cubains sont enfermés depuis 10 ans bientôt dans des prisons de haute sécurité dans lesquelles des actes de violence se produisent régulièrement. Maruchi, soeur d'Antonio Guerrero a fait parvenir cette lettre aux amis de la solidarité pour témoigner des événements survenus lors de sa dernière visite.. 

Chers amis solidaires

Une fois de plus, nous avons pu nous rendre compte des risques que courent nos cinq frères injustement détenus dans les prisons des Etats-Unis.

Ma maman et moi sommes revenues du Colorado le 28 avril dernier, nous y sommes restées 21 jours dans le but de voir Tony dans sa prison a neuf reprises les vendredi, samedi et dimanche, jours de visite à l’USP Pénitentiaire de Florence où il se trouve, mais malheureusement nous n’avons pas pu faire toutes les visites prévues parce que le dimanche 13 avril vers midi trente, alors que nous nous trouvions là-bas, il s’est produit un acte d’indiscipline très grave qui a provoqué l’interruption de la visite et ensuite la fermeture (lock down) de la prison.

Alors que nous étions assis dans le parloir, nous avons entendu que dehors, dans l’enceinte de la prison il y avait des coups de feu, assez rapprochés et quelques cris, à ce moment-là, ma mère se trouvait aux toilettes et mon frère m’a demandé de ne pas lui dire que nous avions entendu des tirs, l’officier reçoit un appel et annonce que la visite est terminée à cause d’une indiscipline dans la prison, ma mère est revenue et nous lui annonçons la nouvelle mais tout-à-coup on a entendu à nouveau des tirs, pas mal de tirs, on nous a demandé de ne pas bouger d’où nous étions; vers trois heures de l’après-midi une dizaine d’officiers sont entrés dans le parloir et nous ont ordonné de nous retirer, trois d’entre eux ont raccompagné les familles qui étaient en visite. En passant la porte, hors du parloir, nous avons dû nous coller contre un mur pour laisser passer quelques officiers avec des brancards, nous nous sommes rendu compte qu’il se passait quelque chose de très grave.

En sortant du bâtiment, dans l’aire extérieure, il y avait une ambulance, des véhicules de secours et beaucoup de voitures, peut-être plus de 60, celles de tous les policiers qui lors des appels d’urgence accourent à la prison , nous avons eu à peine le temps de prendre congé de Tony et lui, essayant de nous rassurer, nous a dit de rester calmes et que le plus probable, c’était qu’il allait y avoir un lock down, ce qui nous ferait perdre la communication, et c’est ce qui s’est passé.

Le lundi suivant, le journal de Univision informait qu’un fait grave s’était produit dans le Pénitencier de Florence qui avait provoqué la mort de deux prisonniers et fait plusieurs blessés à cause des tirs des policiers et le mardi, dans le journal « La gazette du Colorado », la nouvelle était publiée en première page, plus de 200 prisonniers avaient été mêlés à une rixe ; un groupe d’entre eux célébraient l’anniversaire de Adolphe Hitler et d’autres groupes racistes étaient concernés, disait le communiqué de presse, ce qui a eu pour résultat la mort de deux prisonniers et cinq blessés, et la fermeture de la prison pour une durée indéterminée.

La seule chose qui nous a consolées, c’est le fait que au moment de l’incident mon frère était à côté de nous dans le parloir, mais nous avons pu beaucoup mieux comprendre à quel point nos cinq frères jouent leur vie tous les jours : Gerardo, Ramón, René, Fernando et Tony purgent des peines injustes dans ces prisons sans avoir jamais causé le moindre tort à personne et sans que les charges retenues contre eux aient été prouvées par ceux qui les ont condamnés lors d’un procès manipulé par des intérêts de la mafia cubano-américaine appuyée par le gouvernement des Etats-Unis.

Une situation semblable s’est produite en janvier dernier dans la prison de l’USP Beaumont, au Texas, où se trouve Ramon. Sa fille aînée, Ayli, avait fait le voyage jusque là pour lui rendre visite, et la veille même de son arrivée, il s’était produit une bagarre qui avait également causé la mort de deux prisonniers; Aily est restée dans cette ville pendant 30 jours, le temps imparti par le visa, et a dû s’en retourner sans avoir pu rendre visite à son papa à cause du lock down prolongé causé par ce fait grave et sans avoir pu communiquer avec lui.

Dix ans de prison, et nous continuons à attendre la décision du Onzième Circuit de la Cour d’Atlanta dans le troisième procès en appel interjeté dans cette affaire, et malgré cela, nos frères continuent à être courageux, optimistes et dignes, essayant de remplir ce temps d’actions utiles, en se consacrant à la peinture, à la lecture, en répondant aux lettres de tous les amis de divers coins du monde, en couvrant d’amour leurs mères, leurs enfants, leurs épouses et les membres de leurs familles avec la conviction qu’ils défendent une cause juste pour éviter le terrorisme, la mort, pour qu’un monde de paix soit possible.

Qu’il est difficile pour ma maman de vivre de tels moments, elle aussi est digne et courageuse, forte du soutien et de l’espérance que lui donne son fils, mais avec le souci que à cause de son âge, 76 ans, elle lutte aussi contre le temps, et elle s’efforce d’aller bien pour voir le retour de son noble et tendre fils.

Amis solidaires, ces 10 ans sont bien longs, vous êtes notre espoir pour obtenir que les cinq retournent chez eux,

Avec toute notre affection et notre reconnaissance, au nom des familles des cinq,

Un abrazo,

Maruchi

(Soeur de Antonio Guerrero)

Traduction Annie Arroyo

Appel à intensifier les actions pour la libération des Cinq

Les délégués de la « VIIe Rencontre hémisphérique de lutte contre les traités de libre commerce », à La Havane, ont appelé le 11 mars 2008 à intensifier les actions collectives pour la Libération des cinq. Ils ont approuvé la création d'une commission de soutien, laquelle fait partie de l'Alliance Sociale Continentale, en réponse à l'appel de Ricardo Alarcón de Quesada, Président du parlement Cubain

 

En présence d’une représentation des membres des familles de Gerardo, Fernando, Antonio, Ramón et René, des délégués du Mexique, Venezuela, Colombie, Honduras, Costa Rica, République Dominicaine et Argentine, entre autres, ont proposé des actions concrètes pour soutenir « la Campagne de libération des cinq héros Cubains ».

Iván Rodríguez, membre de la Campagne de Solidarité avec Cuba en République Dominicaine, a proposé que les mouvements sociaux fassent des manifestations pour demander la libération des cinq héros, le 12 septembre, en face des ambassades des Etats-Unis en l’Amérique Latine.

Beinozus Smukle, d’Argentine, a suggéré l’envoi de cartes postales et courriers électroniques aux missions diplomatiques à Washington D.C..

Ricardo Alarcón a exhorté dans son intervention à demander au gouvernement des États-Unis, le droit des épouses et d’autres membres de leurs familles de rendre visiter aux patriotes cubains Gerardo Hernández, Ramón Labañino, Fernando González, Antonio Guerrero et René González, « les cinq », comme ils sont connus internationalement.

Ricardo Alarcón a remarqué que le cas manipulé contre les antiterroristes est  systématiquement occulté et déformé par la grande presse étasunienne par ordre de l'empire, avec le but de maintenir l'impunité du terrorisme contre Cuba.

Alarcón a alerté que cette bataille sera très difficile à gagner tant qu'il ne sera pas possible de mobiliser l'opinion publique étasunienne qui pourrait obliger le système judiciaire étasunien à être juste et libérer immédiatement et inconditionnellement les cinq héros Cubains.

 

 

 

Déclaration de la Fédération Ibéroaméricaine de l’Ombudsman en faveur des Cinq

Nous, Comité Directeur de la Fédération Iberoaméricaine de l’Ombudsman (FIO), représentant les 86 Ombudsman des nations, des états, des autonomies et des provinces d’Espagne, du Portugal, d’Andorre, du Mexique, de Porto Rico, du Guatemala, du Salvador, du Honduras, du Nicaragua, de Costa Rica, de Panamá, de Colombie, du Venezuela, d’Equateur, de Bolivie, du Pérou, d’Uruguay, du Paraguay et d’Argentine, dans l’accomplissement de notre mandat qui consiste à encourager, développer et fortifier la culture des Droits de l’Homme et à dénoncer auprès de l’opinion publique internationale les violations des Droits de l’Homme qui, de par leur gravité, doivent être connus, nous nous sommes réunis aujourd’hui, le 27 mars dans la ville de Mexico, afin de déclarer ce qui suit :

 

 

1. L’Opinion No. 19/2005 du Groupe de Travail sur les Détentions Arbitraires des Nations Unies, adressée au gouvernement des États-Unis d’Amérique, concernant l’affaire de messieurs Antonio Guerrero Rodríguez, Fernando González Llort, Gerardo Hernández Nordelo, Ramón Labañino Salazar et René González Sehwerert, reconnaît que le pays cité est un Etat signataire du Pacte International des Droits Civils et Politiques et que, par conséquent, le gouvernement nord-américain est obligé de la mettre en œuvre

2. Dans ce sens, et dans l’application des résolutions 1991/42, 1997/50 et 2003/31 de la Commission d’alors des articles 13, 14, 18, 19, 20 et 21 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations, le Groupe de Travail sur les Détentions Arbitraires, conformément aux articles 19, 21, 22, 25, 26 et 27 du Pacte des Droits Civils, a émis les observations suivantes sur le cas qui nous occupe.

a) Après leur arrestation, et indépendamment du fait que les détenus aient été informés de leur droit de garder le silence et que le Gouvernement leur ait fourni des moyens de défense, ils ont été maintenus en isolement complet pendant 17 mois, durant lesquels la communication avec leurs avocats et l’accès aux pièces à conviction et, par là-même, leurs possibilités d’une défense adaptée se sont trouvées affaiblies.

b) L’affaire ayant été classée sécurité nationale, l’accès des détenus aux documents qui contenaient des pièces à conviction s’en est trouvé affecté. Le Gouvernement nord-américain n’a pas réfuté le fait que les avocats de la défense aient eu un accès très limité aux pièces à conviction à cause de cette classification, ce qui a affecté de façon négative leur capacité à présenter des éléments contraires. Cette application particulière de la Loi de Procédure de l’Information Classée (Classified Information Procedures Act – CIPA), comme ce fut le cas dans cette affaire et comme le révèle l’information qui a été mise à disposition du Groupe de Travail, a elle aussi sapé l’équilibre équitable entre l’accusation et la défense.

 

c) Le jury pour le procès a été sélectionné suivant un processus dans lequel les avocats de la défense eurent et utilisèrent la possibilité d’appliquer les instruments de la procédure pour récuser d’éventuels membres du jury et garantir qu’aucun cubano-américain n’en fît partie. Cependant, le Gouvernement n’a pas empêché que, même ainsi, le climat de prédisposition et de parti pris contre les accusés à Miami ne persistât et ne contribuât à présenter les accusés comme coupables dès le début. Le Gouvernement n’a pas contesté le fait que un an plus tard il a lui-même admis que Miami n’était pas le lieu adéquat pour procéder à un jugement où il était prouvé qu’il était quasiment impossible de sélectionner un jury impartial dans une affaire en relation avec Cuba.

d) Le Groupe de Travail déduit, à partir des faits observés et des circonstances dans lesquelles a eu lieu le procès ainsi que la nature des charges et les sentences sévères infligées aux accusés, que le jugement n’a pas eu lieu dans le climat d’objectivité et d’impartialité nécessaires pour que soient respectées les normes d’un jugement juste, comme il est défini dans l’article 14 du Pacte International des Droits Civils et Politiques, dont les Etats-Unis font partie.

e) Ce déséquilibre, compte tenu des sentences sévères qui frappent les personnes dont il est question dans cette affaire, est incompatible avec les normes contenues dans l’article 14 de la Convention Internationale des Droits Civils et Politiques qui garantit à toute personne accusée d’un délit le droit d’accéder, en toute équité, à toutes les facilités adéquates pour préparer sa défense.

Le Groupe de Travail est arrivé à la conclusion que les trois éléments énoncés ci-dessus, ensemble, sont d’une telle gravité qu’ils confèrent un caractère arbitraire à la privation de liberté de ces cinq personnes.

En vue d’une procédure, le Groupe de Travail a émis l’opinion suivante:

La privation de liberté de messieurs Antonio Guerrero Rodríguez, Sr. Fernando González Llort, Sr. Gerardo Hernández Nordelo, Sr. Ramón Labañino Salazar et Sr. René González Sehwerert est arbitraire et en contravention de l’article 14 du Pacte International des Droits Civiques et Politiques et correspond à la catégorie III des catégories applicables, examinées dans les affaires présentées au Groupe de Travail.

Ayant émis cette opinion, le Groupe de Travail sollicite du Gouvernement qu’il adopte immédiatement les mesures nécessaires pour remédier à cette situation, en conformité avec les principes exprimés par la Convention Internationale des Droits Civiques et Politiques.

La dite résolution a été approuvée le 27 mai 2005.

Les membres de la Fédération Iberoamericana de Ombudsman, reconnaissent que:

1- Conformément à ce qu’établit l’article 14 du Pacte International des Droits Civils et Politiques: Toutes les personnes sont égales devant les tribunaux et les cours de justice. Toute personne aura droit a être entendue publiquement et avec les garanties qui lui sont dues par un tribunal compétent, indépendant et impartial, établi par la loi, dans l’instruction d’une quelconque accusation de caractère pénal formulée contre elle ou pour la détermination de ses droits ou de ses devoirs à caractère civil.

2- Il est nécessaire de rappeler que toute personne accusée d’un délit a droit à être présumé innocent tant que sa culpabilité n’est pas prouvée, conformément à la loi, à être jugée sans délais indus, à être présente lors du procès et à se défendre personnellement ou à être assistée par un défenseur de son choix.

3- Toute personne déclarée coupable d’un délit a droit à ce que le jugement condamnatoire et la peine qui lui a été infligée soient soumis à un tribunal supérieur, conformément à ce qui est prescrit par la loi.

4- De même, et en conformité avec l’article 18 de ce même pacte, toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit inclut la liberté d’avoir ou d’adopter les croyances de son choix, individuellement ou collectivement, tant en public qu’en privé, à travers le culte, la célébration des rites, les pratiques et l’enseignement.

5- De même également, l’article 19 de ce même instrument international établit que personne ne pourra être molesté à cause de ses opinions et que chacun a droit à la liberté d’expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de diffuser des informations et des idées de toute sorte, sans considération de frontières, que ce sois oralement, par écrit ou sous forme imprimée ou artistique, ou par quelqu’autre procédé de son choix.

Etant donné tout ce qui précède, le Conseil Directeur de la FIO prononce la résolution de:

1- Recommander instamment que soit exactement appliquée l’opinion N° 19/2005 du Groupe de Travail sur les Détentions Arbitraires des Nations Unies disant chaque fois que : toutes les personnes sont égales devant la loi et ont, sans distinction, droit à une protection égale devant la loi. Toutes ont droit à une protection égale contre toute discrimination et contre toute provocation à une telle discrimination.

2- C’est pourquoi nous sollicitons pour Antonio Guerrero Rodríguez, pour Fernando González Llort, pour Gerardo Hernández Nordelo, pour Ramón Labañino Salazar et pour René González Sehwerert un procès juste et rapide basé sur le respect des lois des États-Unis d’Amérique et sur les accords internationaux souscrits et ratifiés par ce pays.

3- En fin, nous demandons que les cinq personnes détenues puissent être réunies et recevoir des visites de leurs familles, indépendamment de leur condition.

Conseil Directeur de la FIO

Dr. Omar Cabezas Lacayo,

Président de la FIO et Procureur pour la Défense des Droits de l’Homme au Nicaragua

Dra. Beatriz Merino Lucero;

Défenseure du Peuple du Pérou.

Dr. Manuel María Páez Monges

Défenseur du Peuple de la République de Paraguay.

Dr. Enrique Múgica Herzog;

Défenseur du Peuple d’Espagne.

Dr. Carlos López Nieves;

Procureur du Citoyen de l’Etat Libre et Associé de Porto Rico.

Lic. Óscar Humberto Herrera López;

Président de la Commission pour la Défense des Droits de l’Homme pour l’Etat Nayarit

27 mars 2008

 

Wikipedia: Un ombudsman est une personne indépendante et objective qui enquête sur les plaintes des gens contre les organismes gouvernementaux et autres organisations, tant du secteur public que privé. Après un examen approfondi et impartial, il détermine si la plainte est fondée et formule des recommandations à l'intention de l'organisation afin de régler le problème.

Dans la plupart des contextes, l'« ombudsman » se réfère à un fonctionnaire nommé pour contrôler l'activité du gouvernement dans l'intérêt du citoyen, et pour surveiller le suivi des plaintes du citoyen contre l'Etat. Si l'Ombudsman trouve une plainte justifiée, il produit un rapport et en effectue un suivi jusqu'à réparation. L'Ombudsman n'agit pas en justice. Il tient son autorité du mandat qui lui a été confié, soit par l'autorité suprême du pays (Président, Roi…), soit par une assemblée de représentants, généralement des députés.