Exposition sur les 5 au siège diplomatique de Cuba à l´ONU

New York,  (RHC)–. Une exposition sur les 5 antiterroristes cubains injustement en prison aux Etats-Unis est ouverte au public au siège diplomatique de Cuba à l´ONU.

Des membres de la communauté cubaine résidant à New York et de divers groupes de solidarité ont assisté à l´ouverture de cette exposition dénonçant les irrégularités qui ont entaché le procès de Miami contre ces Cubains qui tentaient de déjouer les plans terroristes des organisations contre-révolutionnaires d´origine cubaine et qui se sont vus condamner, sans preuve, pour « conspiration afin de commettre de l´espionnage » contre le gouvernement étasunien.

Parmi les personnalités qui ont assisté à l´ouverture de l´exposition, se trouvait le révérend Lucius Walker, président des Pasteurs pour la Paix, organisation œcuménique étasunienne qui s´oppose fermement au blocus de Cuba par Washington.

A Bruxelles, la femme de Gerardo Hernandez, Adriana Pérez a annoncé qu´elle aura recours une seconde fois au Parlement européen pour exiger la libération de son mari et le respect pour le régime de visites en prison. Adriana n´a jamais revu son mari depuis son arrestation en septembre 1998 car Washington lui refuse systématiquement le visa.

Au cours d´un débat organisé à la Maison de l´Amérique Latine de Bruxelles, la femme de Gerardo Hernandez, condamné à deux prisons à vie pour un délit qu´il n´a jamais commis, a précisé qu´elle se présentera, en compagnie d´autres proches des antiterroristes cubains injustement en prison aux Etats-Unis, devant la session plénière que le Parlement européen tiendra à Strasbourg.

« Nous allons exiger la libération des 5 » a souligné Adriana Pérez qui a insisté sur le droit des proches aux visites en prison.

Source: www.radiohc.cu

La « justice » à l’américaine : des comptes d’apothicaire!

Ceux qui croient que la justice est une affaire de cœur où juges et jurés condamnent ou innocentent en leur âme et conscience sont de doux rêveurs.J’avoue qu’il m’en coûte de leur ôter quelques illusions, mais faire l’autruche peut, à la longue, être dangereux. Avoir le bec dans le sable vous permet peut-être de vous croire en sécurité, mais ne vous rend pas invisible aux yeux du chasseur qui a tout le temps de vous ajuster et de cribler de petit plomb (ou de gros sel!) vos belles plumes et votre arrière-train!La justice est humaine, parce que rendue par des hommes.Ce qui signifie qu’elle est susceptible d’être influencée par des sympathies, des peurs, des conjonctures extérieures, bref, de céder à des émotions. D’où un risque d’erreur. 

La justice humaine est faillible. Nous en sommes conscients. Nous l’admettons, même s’il nous en coûte et si nous devons être vigilants pour qu’elle le soit le moins possible.

Aussi imparfaite que soit la justice des hommes , elle vaut toujours mieux qu’une « justice » qui se résumerait à l’utilisation d’un catalogue de peines et à l’application aveugle d’un barème de sentences.Aux Etats-Unis, il existe une « échelle » appelée « guide de sentences ». C’est sur ce guide que la juge Joan Lenard s’est appuyée en 2001 pour infliger aux Cinq Cubains de Miami des peines ahurissantes qui ne sont qu’une application mathématique de différents points contenus dans ce « manuel ». Sachez d’abord que pour des gens simples comme vous et moi, il est très difficile – voire impossible – de se retrouver dans le labyrinthe du « guide de sentences ». Il comporte des sections à l’intérieur desquelles existent de nombreux niveaux! Et, suivant le délit et ses à-côtés, on peut y ajouter des points, sachant que ce « bonus » équivaut à des peines supplémentaires. Pour être plus claire, je vais vous citer l’exemple de Tony Guerrero. Lors du procès contre les 5, la juge Lenard s’est appuyée sur l’accusation pour espionnage et a opté pour la section 3M2.1, qui correspond au plus élevé des « niveaux d’offense». Qu’est-ce qu’un niveau d’offense ? C’est un chiffre, un numéro qui renvoie à une table de calcul qui établit les années de prison de la sentence. La section 3M2.1 a un niveau 42 selon lequel la sentence va de 360 mois (30 ans) à la perpétuité. A cela, elle a ajouté un « enhoncement » – un ajout – pour « special skill » – connaissances particulières. Pour plus de clarté, cela signifie que si vous avez une formation d’ingénieur en génie civil et que vous aviez un travail sur un aérodrome US, vous étiez plus à même de trouver des informations que si vous étiez chanteur de rock sur la même base. Vu? Donc, pour Tony, dont c’était le cas, nous en sommes à 42 points du niveau de la section plus 2 points « d’enhoncement », soit 44 points. Vous me suivez? Ce total de 44 points correspond à un niveau d’offense en dehors des normes de la table de calcul, ce qui entraîne une condamnation à perpétuité.Et voilà le travail! Les années complémentaires ne sont que broutilles et correspondent à d’autres « niveaux d’offense » moins élevés, comme le fait d’avoir négligé de se présenter au FBI local comme agent cubain. Logique. Cependant, ce niveau 42 n’est applicable que pour ce qui touche au « secret-défense » et donc à la recherche et la transmission de documents concernant la sécurité nationale des Etats-Unis. En reconnaissant officiellement que les Cinq n’avaient jamais eu en leur possession ni transmis des informations classées « top secret », la Cour d’Appel d’Atlanta a modifié le niveau des sentences. Les juges ont donc ordonné à la juge Lenard de « redescendre » au niveau 37 pour les sentences contre Tony et Ramón (tout en gardant les points du  « special skill »), ce qui reviendrait à prononcer une peine inférieure à la perpétuité… Enfin, je crois. Reste à savoir la différence entre 25 ou trente ans de prison et la perpétuité ! Vous avez suivi? Oui? Bravo! Si vous souhaitez d’autres précisions, immergez-vous dans le droit américain (voir Internet). Avec un peu de chance, vous mettrez la main sur une traduction! Je vous laisse: je sens pointer la migraine après cet abus de mathématiques! 

Annie Arroyo

(7 octobre 2008)

5 militants emprisonnés aux USA

Le 12 septembre dernier, le Comité Free The Five organisait une manifestation devant la Maison Blanche pour protester contre la détention des Cinq en ce jour qui marquait le dixième anniversaire de leur arrestation. 

L’objectif de cette manifestation était de remettre à George Bush une pétition réunissant 102000 signatures provenant de 78 pays et demandant, outre la libération des Cinq, l’octroi de visas pour Adriana Pérez et Olga Salanueva et l’extradition de Posada Carriles.

 La manifestation avait débuté face à la Maison Blanche par une conférence de presse à laquelle participaient de nombreux médias parmi lesquels CNN, Al Jazeera TV en langue anglaise, Associated Press television, la TV espagnole EFE TV, Univision TV et Russian TV.

Plusieurs personnes ont pris la parole, dont Wayne Smith, ex chef de la SINA (Section des Intérêts Nord-Américains) à La Havane entre 1979 y 1982, qui a souligné que les cinq cubains "ont infiltré en Floride des groupes terroristes qui durant des années ont attaqué Cuba". Citons encore Brian Becker, de la coalition A.N.S.W.E.R (Act Now to Stop War and End Racism) qui s’oppose à la politique du gouvernement de Bush, Banbose Shango, coordinateur de la Solidarité Vénézuélienne sur le Net, la juge Claudia Morcom de l’IADL (International Association of Democratic Lawyers) et Gloria La Riva, coordinatrice de Free The Five pour les Etats-Unis.           

Après la conférence de presse, cinq personnes représentant chacune l’un des Cinq ont pénétré dans la zone de la Maison Blanche interdite à toute concentration et à toute manifestation, suivies de loin par une douzaine de sympathisants. Cette action constitue un délit de désobéissance civique, et les cinq manifestants ont été arrêtés par la police et dûment menottés avant d’être transférés au commissariat.

Les cinq personnes arrêtées sont Gloria La Riva (Free The Five), Brian Becker (Coordinateur National de A.N.S.W.E.R), Elizabeth Lowengard, (responsable de A.N.S.W.E.R. pour Washington-DC), Keith Pavlik, (Free the Cuban Five), et Chuck Kaufman (Coordinateur Intérimaire de « Venezuela Solidarity Network »).

J’ignore si ces personnes ont été relâchées – ce que j’espère ! Pour l’instant, les différents mails que j’ai adressés à Gloria La Riva sont restés sans réponse…Annie Arroyo (18 septembre 2008

Les « Cinq Cubains de Miami »

Les « Cinq Cubains de Miami » 

Je suis invité à l’Ambassade De Cuba à Paris pour la fête de l’Indépendance. Faisant partie du comité international de solidarité pour les « Cinq de Miami », des liens se sont crées avec des Cubains de l’Ambassade. L’histoire des « Cinq » est incroyable !
Rappelons d’abord que deux hommes : Luis posada Carriles et Orlando Bosh ont fait exploser en octobre 1976 un avion de ligne reliant Caracas et La Havane, causant la mort de 73 passagers.
Ces deux terroristes connaissent la plus totale impunité.

Quant aux « Cinq cubains de Miami », agents des services de renseignements cubains, ils se trouvaient en Floride, précisément pour déjouer des attentats terroristes contre Cuba.Ce sont eux qui ont été arrêtés en 1998 et condamnés à des peines de prison allant de 15 ans à la perpétuité. On croit rêver !Ils sont accusés de mettre en danger la sécurité des USA. Ils paient de leur liberté la lutte contre le terrorisme, dans des prisons de haute sécurité. C’est un procès politique.Dix ans de prison déjà. Drame des familles que l’on traite de façon inhumaine. Des épouses n’ont toujours pas reçu un droit de visite.Heureusement la solidarité internationale s’est organisée. A ce jour, plus de 200 comités de solidarité se sont constitués à travers le monde pour demander que justice soit faite.

Tony l’un des « Cinq » écrit : « Quand je vois les gardiens, la première chose que je fais, c’est de sourire. Pour leur faire croire que je suis content, alors que je meurs au-dedans de moi-même. »

Jacques Gaillot

évêque de Partenia (blog – Carnet de route)

Le recours des cinq antiterroristes cubains débouté par la Cour d’Atlanta

PAR LILLIAM RIERA

 La Cour d’appel du 11e circuit du Tribunal d’Atlanta a rejeté le 2 septembre les requêtes en vue d’un réexamen du jugement des cinq antiterroristes cubains, qui le 12 septembre auront déjà passé 10 ans d’emprisonnement illégal aux Etats-Unis.

Lors d’une conférence de presse à La Havane, en présence de journalistes nationaux et étrangers, le président du Parlement cubain, Ricardo Alarcon, a souligné qu’avec ce rejet la Cours d’appel d’Atlanta est une nouvelle fois entrée dans le jeu de l’injustice et du terrorisme.

Ce renvoi ratifie et met en vigueur la décision adoptée par une troïka de juges le 4 juin dernier.

Non seulement la juge Joan Lenard, de la Cour de Miami, a confirmé les verdicts de culpabilité prononcés à l’encontre des Cinq, de même que les condamnations imposées à Gerardo Hernandez (deux peines de réclusion à perpétuité plus quinze ans) et René Gonzalez (15 ans), mais elle peut ordonner le nouveau procès pour infliger de nouvelles peines à Ramon Labañino, Antonio Guerrero et Fernando Gonzalez.

 Ricardo Alarcon a annoncé qu’à présent les avocats de la défense transmettront le dossier de pourvoi à la Cour suprême, le délai étant fixé au 1er décembre 2008.

 « Le retour de chacun d’entre eux, indépendamment de la situation dans laquelle il se trouve : voilà ce que nous recherchons ! », a déclaré le président du Parlement cubain. 

 Alarcon a signalé que cette nouvelle décision situe la Journée mondiale de solidarité avec les Cinq (qui doit démarrer le 12 septembre) dans un nouveau contexte, et il a exhorté les Cubains et les non Cubains à se mobiliser et à réveiller les consciences sur la cause des cinq antiterroristes en divulguant toute la vérité sur cette affaire.

 « Le jour où l’opinion publique des Etats-Unis pourra enfin prendre connaissance de cette affaire, il sera possible d’obtenir la libération des Cinq », a-t-il dit.

Le 12 septembre 1998, ces héros de la République de Cuba avaient été arrêtés par le FBI alors qu’ils surveillaient les agissements de l’extrême droite anticubaine, dans le but de prévenir leur pays des plans terroristes (autorisées et sponsorisées par la Maison Blanche) qui sont ourdis par ces groupes basés dans le sud de la Floride.

Forum débat : 10 ans d’injuste emprisonnement

Pour commémorer le Xème anniversaire de l’injuste emprisonnement des 5 antiterroristes cubains et pour élargir , le site Cubaminrex organisera,  le 11 septembre 2008, de 16h à 18h (heure de France), le Forum débat « 10 ans d’injuste emprisonnement », avec la participation des familles des cinq.

 

Le forum sera disponible sur  http://europa.cubaminrex.cu/index.htm et sera traduit au français.

Nous cesserons jamais de lutter

McCreary, 9 juin 2008 

″Année 50 de la Révolution"

Chers Hermanos du monde entier :

Nous venons de recevoir la décision des trois Juges d’Atlanta, par laquelle sous des pressions politiques inhabituelles, deux d’entre eux ont rejetés presque tous nos points d’appel,  ne concédant qu’à trois d’entre nous, une procédure de nouvelle sentence, une sorte de tentative pour nous diviser, nous affaiblir et nous isoler.

Une nouvelle fois, ils se sont trompés. Jamais nous ne cesserons de combattre et de faire appel jusqu'aux plus hautes instances contre cette injustice cruelle. Jamais ils ne nous diviseront et nous n’abandonnerons ni Gerardo ni René, ni aucun de nos hermanos. Nous sommes Cinq et nous serons Cinq jusqu'à la victoire finale.

C’est l’heure de lever nos voix, de manifester, d'exiger la  liberté immédiate, c’est l’heure de faire trembler cette injustice absurde.

Nous comptons sur vous tous dans ce  combat. Unis nous vaincrons !

Merci d’exister chers hermanos et hermanas!

L’amour et l’espoir des Cinq sont avec vous!

Hasta la victoria siempre !Ramón Labañino

Lettre de Tony à Annie Arroyo

Tes lignes pleines de fraternité sont arrivées entre mes mains et m’ont donné beaucoup de force pour rester ferme et optimiste dans la bataille pour la justice.

            C’est le 80° anniversaire de la naissance de Che Guevara, le Guérillero Héroïque éternel.

            Je t’envoie ici un poème et un portrait que j’ai faits. Son exemple est aujourd’hui plus important et nécessaire que jamais, alors que nous nous trouvons dans un monde où il faut chaque jour se lever et lutter contre tant d’inégalité, tant de pauvreté, tant d’exploitation, tant d’égoïsme des puissants et tant d’agression et de menaces de l’Empire.

Son exemple est aujourd’hui indispensable pour  pouvoir construire le monde meilleur que nous savons possible.

            Contre Cuba, ma patrie, île que tu admires et que tu aimes, on vocifère depuis le nord: Changements ! avec l’idée de la faire revenir au passé capitaliste, mais tout un peuple répond avec courage : Révolution éternelle ! avec Fidel, avec Raùl et à l’exemple du Che.

            Merci, une fois de plus, pour ton soutien à Cuba et à sa juste cause socialiste.

            Saluts aux amis des 5 en France.

            Un grand « abrazo » de ton frère,

                                               Antonio Guerrero

Che, presente ! … 80 …

 

La Commission des Relations internationales du Parlement condamne le verdict d’Atlanta

LA Commission des Relations internationales du Parlement a approuvé la veille à l’unanimité une Déclaration condamnant le verdict de la Cour d’appel du onzième circuit d’Atlanta, en Georgie, où un groupe de trois juges de cette instance judiciaire a ratifié le verdict de culpabilité des cinq antiterroristes cubains détenus dans des prisons des Etats-Unis, ratifié la sentence de deux d’entre eux et demandé que les trois autres soient rejugés lors d’une nouvelle audience à Miami.

Lors d’une réunion extraordinaire, le groupe parlementaire a décidé de porter cette déclaration à tous ses homologues du monde pour qu’on connaisse, dénonce et agisse contre la poursuite de l’injustice.

« Nous allons faire appel, nous allons demander aux trois juges qu’ils revoient leur décision. Nous nous proposons d’utiliser tous les éléments et arguments. Nous allons faire appel à l’ensemble des juges de la Cour d’appel du Circuit d’Atlanta et du Tribunal suprême des USA », a indiqué Ricardo Alarcon de Quesada, président du Parlement, en expliquant devant les députés la teneur des 99 pages de la récente décision d’Atlanta et pourquoi les seuls dont les charges et les condamnations n’ont pas été sujettes à révision sont celles de Gerardo Hernandez Nordelo (double peine à perpétuité) et René Gonzalez Sehwerert (15 ans).

« Ce n’est pas un hasard », a souligné Alarcon. Le premier est le seul qu’on accuse du chef d’accusation 3 (complot d’assassinat, celui qui cautionne l’aspect politique de cette cause) et le second avait réussi à pénétrer l’organisation terroriste Hermanos al Rescate, d’où étaient les petits avions détruits par le gouvernement cubain en territoire national, en février 1996, en légitime défense de sa souveraineté.

« Pour construire une accusation contre Gerardo on a clairement manipulé les faits », a-t-il précisé. Cette charge ne faisait pas partie de l’accusation au départ, on l’a rajoutée sept mois après et « elle est devenue le centre du procès », a-t-il indiqué.

Celui qui est aussi membre du Bureau politique a rappelé que les juges eux-mêmes ont reconnu les erreurs commises au moment d’émettre leur verdict à Miami. D’autre part, il a appelé à promouvoir la solidarité et rappelé que l’union était indispensable dans cette bataille. La même dont ont fait preuve les Cinq. « Il faut poursuivre la bataille jusqu’au bout, ensemble », a-t-il conclu.

PAR DEISY FRANCIS MEXIDOR

 

Les Cinq dans le Rapport d’Amnesty International

Le cas des Cinq dans le rapport 2008 d’Amnesty International sur les violations des Droits de l’Homme commises par le gouvernement des Etats-Unis

 

Le 25 mai dernier, Amnesty International a rendu public son rapport annuel pour 2008. Dans le chapitre qui se réfère aux violations des Droits de l’Homme commises par le Gouvernement des Etats-Unis est inclus le cas de René González, de Gerardo Hernández, de Fernando González, de Ramón Labañino et d’Antonio Guerrero, qui purgent dans ce pays depuis dix ans des condamnations qui totalisent 4 perpétuités plus 77 ans de prison. Leur cas est en appel depuis l’année 2001.

A cette occasion, Amnesty ne se limite pas à dénoncer le refus de visa opposé à deux des épouses, Olga Salanueva et Adriana Pérez, comme cela avait été le cas dans les précédents rapports depuis 2003, mais aborde également les atermoiements du processus concernant l’appel et les arguments présentés par la défense sur l’insuffisance de preuve et la conduite inadéquate du Ministère Public dans ses assignations du système judiciaire des Etats-Unis.

Depuis 2002, Amnesty International s’est adressée à plusieurs reprises aux autorités étatsuniennes en demandant que des visas soient accordés à Olga et Adriana, le refus des autorités étant qualifié de “mesure punitive non nécessaire et contraire aux normes sur le traitement humain dû aux prisonniers et à l’obligation qu’ont les Etats-Unis de protéger la vie familiale ».

Cette prise de position d’Amnesty International dans son rapport de 2008 s’ajoute aux dénonciations faites par de nombreuses autres organisations parmi lesquelles on note particulièrement le Groupe de Travail sur les Détentions arbitraires des Nations Unies, le Parlement Européen, des Parlements nationaux et régionaux, des Parlementaires, des organisations religieuses comme le Conseil des Eglises du Christ des Etats-Unis, ainsi que des personnalités du monde entier.

RAPPORT Amnesty International 2008

Au mois d’août s’est tenue une audience concernant un appel dans l’affaire des cinq citoyens cubains condamnés à Miami en juin 2001 pour, entre autres charges, conspiration pour avoir œuvré en tant qu’agents de la République de Cuba (Etats-Unis contre Gerardo Hernandez et les autres accusés). Dans les éléments de base du recours figurent l’absence de preuves et les déclarations semble-t-il impropres du Ministère Public durant le procès. La décision de la Cour d’Appel n’a pas encore été rendue publique au terme de l’année 2007. Le gouvernement états-unien continue à refuser aux épouses de deux des prisonniers les visas nécessaires pour leur rendre visite en prison.

Traduction Annie Arroyo

 

Les Cinq:Un cauchemar de la première à la dernière ligne

L¹histoire des cinq agents cubains emprisonnés aux Etats-Unis : Ce qui a commencé comme un échange prometteur entre Fidel, García Márquez et la CIA, s¹est terminé avec cinq agents cubains emprisonnés et tout un mouvement solidaire pour que les espions soient libérés et puissent retourner à Cuba.

 Un cauchemar de la première jusqu¹à la dernière ligne, comme sont les histoires réelles quand les intérêts des États jettent dans un précipice la vie des individus.

Le premier chapitre est constitué par une série de sabotages et attentats perpétrés à Cuba à partir de 1997 contre des hôtels de la capitale, La Havane. Le 4 septembre, un de ces actes terroristes perpétré dans l¹hôtel Copacabana a provoqué le mort d¹un touriste italien, Fabio di Celmo.

Le second chapitre est une note envoyée par Fidel Castro au président des Etats-Unis de l¹époque, Bill Clinton, par le biais de l¹auteur colombien Gabriel García Márquez. La note, entre autres, disait : « Une importante affaire. On maintient des plans d¹activité terroriste contre Cuba, payés par la Fondation Cubano-américaine en utilisant mercenaires centroaméricains. Deux nouvelles tentatives ont été menées pour faire exploser des bombes dans nos centres touristiques avant et après la visite du Pape ». Dans le même texte Castro disait que les agences d¹intelligence des Etats-Unis détenaient des informations substantielles sur les responsables de ces actes et il signalait que « ils projettent maintenant et font déjà des pas pour faire exploser des bombes dans des avions des lignes aériennes cubaines et d¹autres pays qui voyagent vers Cuba amenant et ramenant des touristes depuis et vers des pays d¹Amérique Centrale ».

Le troisième chapitre est le rendez-vous que Gabriel García Márquez avait le 6 mai à 11 heures et quart du matin à la Maison Blanche afin de livrer le texte de Castro. Là, le prix Nobel de Littérature devait s¹entretenir avec Clinton, mais il n¹a pas été reçu par le président mais par trois fonctionnaires. Ceux-ci, au bout de 50 minutes d¹audition, lui ont dit : « Votre mission était en effet de la plus grande importance, et vous l¹avez très bien remplie ». Dans un récit sur cette médiation, Márquez a écrit : « Je suis sorti de la Maison Blanche avec l¹impression certaine que l¹effort et les incertitudes des jours passés valaient la peine. La contrariété de ne pas avoir délivré le message au président en main propre me parut compensée par ce qui fut un conclave plus informel et opérationnel dont les résultats ne se feraient pas attendre ³.

Les conséquences ont été immédiates parce que -fait peu commun- s¹est instauré une sorte de coopération formelle entre La Havane et Washington. Vers la mi-juin, des spécialistes cubains et des officiels du FBI se sont réunis dans la capitale cubaine pour analyser les preuves et les documents sur les actions terroristes qui avaient comme cible Cuba. La sécurité d¹État cubaine a fourni au FBI 230 pages, ainsi que des enregistrements et conversations téléphoniques et des vidéos sur les plans en cours. Les agents du FBI ont quitté La Havane avec la promesse de donner une réponse rapide aux inquiétudes cubaines. La coopération se termina là et là a commencé le quatrième chapitre.

Les Etats-Unis ont donné une réponse mais totalement à l¹inverse du schéma ouvert présenté par Cuba. Toute l¹information recueillie à Cuba a été utilisée pour arrêter à Miami cinq agents cubains qui étaient en territoire étasunien avec l¹objectif d¹infiltrer les groupuscules d¹extrême droite et freiner leurs actions dans l¹île. C¹était un cas typique d¹opération extérieure destinée à la protection intérieure. L¹administration Clinton retourne les arguments, elle s¹est servie des informations que Castro a livrées à García Márquez et, le 12 septembre 1998, elle a arrêté les cinq cubains : Gerardo Hernández, René González, Antonio Guerrero, Fernando González y Ramón Labañino. Aujourd¹hui connus comme les « Cinq cubains de Miami », ils ont été condamnés à des peines de prison qui vont de 15 ans à perpétuité. Jugement expéditif et pour beaucoup de juristes « hallucinant » parce que la Justice de la première puissance mondiale a été incapable de présenter la moindre preuve de ses accusations. Les charges sont, en outre, contradictoires avec la mission qu¹ils accomplissaient : « conspiration espionnage », ou « conspiration pour assassiner » sont deux des charges qui figurent parmi les 26 infractions qui leur sont imputées.

La jurisprudence à « géométrie variable » appliquée par Washington est tellement scandaleuse que l¹Association Internationale de Juristes Démocrates (AIJD) a organisé cette semaine au Sénat français un colloque sur le cas des cinq cubains de Miami. La condamnation des agents cubains est une énormité d¹autant plus abusive qu¹elle laisse encore plus à découvert l¹impunité avec laquelle la Maison Blanche a agi quand la CIA a monté les vols secrets déjà célèbres dans lesquels elle transportait d¹un pays à un autre des supposés terroristes membres d¹Al Qaida.

À l¹injustice s¹ajoute le caractère inhumain avec lequel sont traitées les familles des prisonniers. Magali Llort, mère de Fernando González, a raconté au Sénat la « bataille qu¹il faut livrer pour ouvrir les portes de la prison et pouvoir donner un baiser à son fils ». De fait, les Etats-Unis fontt tout ce qui est à leur portée pour ne pas donner de visas aux familles. Olga Salanueva, l¹épouse de René González, et Adriana Pérez, la compagne de Gerardo Hernández, attendent depuis dix ans un visa. Leonard Weinglass, célebre avocat étasunien qui défend Antonio Guerrero, a souligné pendant le colloque que la façon avec laquelle a agi la Justice étasunienne viole toutes les conventions existantes.

En mai 2005, le groupe de Travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires a justement considéré que l¹arrestation de ces cubains constituait une détention arbitraire. La même année -en août 2005-, après que les cinq cubains aient appel du jugement devant l¹onzième Cour d¹Appel d¹Atlanta -en Géorgie- trois juges de cette Cour ont rendu public un document de 93 pages dans lequel ils annulaient le verdict. La troika a estimé que les cinq cubains n¹avaient pas eu un procès équitable à Miami et a ordonné un nouveau jugement. Détail d¹excellence de cette décision, les trois juges ont admis que les preuves présentées par la défense étaient valables. Et qu¹y avait-il dans ces preuves ? Cela n¹étonnera personne que dans ces dernières figurait le nom de ce grand ami de la démocratie étasunienne qu¹est Posada Carriles, l¹agent de la CIA impliqué dans plusieurs attentats anti cubains et protégé avec toutes les armes de la loi par l¹administration Bush.

Et on entame ici le cinquième chapitre, toujours ouvert. Bien que la troika ait ordonné la tenue d¹un autre procès, les cinq cubains continuent à attendre. Alberto González, ex conseiller de George Bush et ministre de la Justice des Etats-Unis, est intervenu ensuite devant le tribunal pour lui demander qu¹il révise la décision de la troika d¹Atlanta. Cela ne vous surprendra pas d¹apprendre que le 31 décembre 2005 les juges ont accepté de réviser ce qui était déjà révisé.

Les juristes présents à Paris ont énuméré avec effroi les irrégularités du procès contre les cinq, en particulier la première : les accusés n¹ont commis aucun crime, n¹ont pas attenté contre la sécurité des Etats-Unis, le procès contre eux s¹est déroulé à Miami, une ville que la même Cour Fédérale d¹Appels des Etats-Unis a considérée comme « hostile et irrationnelle » avec le gouvernement cubain. Pire encore, les cubains peuvent rester dans ces limbes d¹injustice pour un temps indéfini. La révision de la révision est en cours et les parties ne se sont même pas mises d¹accord sur le lieu où l¹on pourrait mener à bien le prochain procès.

Comment expliquer tant de démesure ? Leonard Weinglass allègue que ce drame infini n¹est pas étranger à l¹ambition politique de la ministre de Justice des Etats-Unis, Janet Reno, candidate au Sénat pour l¹état de Floride et à laquelle manquaient les vois cubaines. Robert González Sehwerert, avocat de René González, fait valoir que le cas des Cinq cubains « révèle la contradiction entre le droit et la politique. Le maintien des cubains en prison correspond à un intérêt politique en opposition à la loi ³.

Par Eduardo Febbro

Página 12, Argentine. Depuis Paris, le 27 avril 2008.

Traduit de l¹espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi.