Privilégier les producteurs nationaux

Privilégier les producteurs nationaux
Privilégier les producteurs nationaux – « Il est impossible de répartir la richesse que l’on ne produit pas, et notre politique vise à augmenter les productions afin que les gens puissent gagner davantage », a déclaré Marino Murillo, vice-président du Conseil des ministres.(Granma)

Privilégier les producteurs nationaux

Privilégier les producteurs nationaux
Esteban Hernandez Lazo (au centre), président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire. Photo : Juvenal Balán

La séance plénière de l’Assemblée nationale a procédé à l’examen, le 29 décembre, des résultats économiques de 2015 et des projections pour 2016, information contenue dans l’exposé présenté par Marino Murillo Jorge, membre du Bureau politique du Parti, vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Économie et de la Planification.

Comme il avait été indiqué, le Produit intérieur brut (PIB) cubain a enregistré une croissance de 4% en 2015, un résultat attribuable notamment à des avances de liquidités, de contrats de crédits et leur exécution, ainsi qu’à une tendance à la baisse des prix des importations

« Ces éléments ont augmenté la rythmicité de l’économie et nous ont permis, avec la même quantité d’argent, d’accéder à une plus grande diversité de matières premières », a-t-il dit.

Le ministre a considéré cette croissance comme un bon résultat par rapport à ceux affichés par l’Amérique latine, dont l’économie stagne notamment en raison de la situation économique de pays comme le Venezuela et le Brésil. « Cependant, il reste encore beaucoup de réserves d’efficience dans l’économie », a-t-il ajouté.

Marino Murillo a mis en exergue la coïncidence, durant cette période, de toutes les mesures qui avaient commencé à être appliquées dans le système des entreprises, dont l’assouplissement des objets sociaux et l’entrée en vigueur de la Résolution No 17 basée sur la rémunération au rendement.

À cet égard, il a rappelé qu’ « il est impossible de répartir la richesse que l’on ne produit pas, mais notre politique vise à augmenter les productions pour que les gens puissent gagner davantage ». 

Il a souligné que tous les secteurs ont enregistré une croissance par rapport à 2015, et il a mentionné notamment l’industrie (16,9 %), la construction (11,9 %) et l’industrie manufacturière (9,9 %).

Murillo a expliqué que la hausse de la production matérielle (de 59,3% en 2014 à 61,1% en 2015) a été la composante clé de la croissance du Produit intérieur brut, et que 25% du PIB apparaît au compte des services sociaux.

Il a indiqué que l’un des principaux objectifs cette année sera de privilégier et de protéger les producteurs nationaux, afin de continuer de réduire les exportations.

Concernant les constructions, il a signalé qu’il est prévu d’achever la construction de 27 480 logements (12 480 par le secteur étatique), et il a salué la contribution de l’industrie manufacturière qui, même si elle ne génère pas beaucoup d’exportations, contribue à diminuer les importations.

Il s’agit d’un secteur où la priorité a été accordée aux matières premières et qui, malgré une instabilité productive et une commercialisation déficiente, a enregistré une croissance non négligeable.

Pour ce qui est de porteurs énergétiques, Murillo a signalé que les résultats des évaluations et des audits ont encore révélé une insuffisance du dispositif de contrôle interne des entreprises concernées.

Par ailleurs, il a affirmé que le salaire moyen des travailleurs du secteur des entreprises a augmenté, mais il est encore insuffisant par rapport aux prix du marché de détail. Concernant l’application de la Résolution No 17, le ministre a rappelé que même si cette disposition a fonctionné à certains endroits, contribuant à diminuer le nombre d’entreprises qui désajustent la dépense de salaire par peso de valeur ajoutée brute, il reste encore 113 entreprises qui n’atteignent pas cet objectif. « On ne peut pas payer s’il n’y a pas de soutien productif », a-t-il souligné.

Le vice-président du Conseil des ministres a énuméré les priorités auxquelles s’attache le pays pour atteindre le taux de croissance prévu en 2016. Parmi ces engagements : mieux exploiter les réserves d’efficience dans l’utilisation des devises, tirer profit de la tendance à la baisse des prix, optimiser l’utilisation des inventaires à partir de ceux existant, et réduire les taux de consommation favorisant les économies, notamment en ce qui concerne les importations et les porteurs énergétiques. Et d’ajouter :

« Les ressources doivent être orientées vers les activités susceptibles de garantir des exportations, une diminution des importations, vers le tourisme et la circulation mercantile au détail, afin d’assurer une amélioration de notre économie par rapport aux estimations de 2015. Nous devons travailler en vue d’un endettement durable, c’est-à-dire pour rembourser les dettes contractées avec nos revenus. Concernant les investissements, par exemple, ceci implique de payer avec leurs rendements, et pour ce faire il nous faut atteindre les objectifs fixés dans les études de faisabilité, respecter les chronogrammes d’exécution, etc. ».

Faisant référence aux bilans de l’économie nationale, le ministre a annoncé que le plan présente une intégralité entre les indicateurs macroéconomiques et les 11 principaux bilans de l’économie.

Il a également affirmé que pour 2016 les prévisions de croissance sont de l’ordre de 2%, et parmi les secteurs les plus dynamiques il a mentionné les constructions, les hôtels et les restaurants, l’agriculture, l’élevage et la sylviculture, le transport, le stockage et les communications, la distribution d’électricité, d’eau et de gaz, ainsi que l’industrie sucrière.

Cependant, un ralentissement est prévu dans l’exploitation des mines et des carrières, la pêche et l’industrie manufacturière (à l’exception de la manufacture sucrière). « Pour l’année prochaine, 1,94 milliard devront être investis dans l’importation d’aliments, soit 25 millions de moins qu’en 2015 », a-t-il dit.

Le ministre s’est penché sur la réorganisation des porteurs énergétiques, un secteur où il est prévu un ajustement de 5% au titre de l’efficience et une baisse de 20% de l’activité administrative.

« Il nous faut veiller à une consommation optimale dans les service et destiner en priorité des ressources aux activités génératrices de richesses », a souligné le ministre.

Quant à la balance des charges, Marino Murillo a affirmé que la croissance prévue est garantie, sans aucun déficit dans la satisfaction de la demande des entreprises, et que plusieurs contrats d’achats du matériel nécessaires avaient déjà été autorisés.

Le ministre de l’Économie et de la Planification a expliqué en outre que les entreprises de transport sont plus efficientes dans le transport de marchandises que dans le reste des activités, et il a insisté sur la nécessité d’une exécution rigoureuse des engagements contractés par les entreprises spécialisées, plutôt que de la part de celles qui prennent en charge leur propre transport.

Pour 2016, a-t-il expliqué, l’État prévoit de destiner 7,841 milliards de pesos aux investissements, notamment pour les constructions, le montage et le l’acquisition de matériel.

« Par ailleurs, 58% du plan sera affecté aux investissements dans des secteurs stratégiques pour le développement du pays, dont le tourisme, l’énergie, le pétrole, les programme agroalimentaires, la lutte contre la sécheresse et l’assainissement », a enchaîné le ministre.

Des ressources seront également destinées au développement d’infrastructure dans la Zone spéciale de développement de Mariel, à la production de sucre et de ses dérivés, aux télécommunications, ainsi qu’à l’augmentation des capacités constructives et à la production de matériaux.

Marino Murilo a signalé par ailleurs qu’en 2016 il est prévu de construire 11 311 logements étatiques, même si un accent particulier sera mis sur les actions constructives des personnes qui, par leur propre effort, ont décidé d’entreprendre des travaux de construction, moyennant des subventions.

Concernant les matériaux de construction, le ministre a indiqué que la demande de ciment, d’acier, de bois et d’agrégats sera satisfaite.

Il a tenu à préciser que toutes les ressources qui seront obtenues en cas de défaut d’exécution du plan seront mises en vente à la population, et que le pays disposera d’un plus important volume de financement pour l’octroi de subventions aux personnes à faibles revenus.

Il a annoncé que pour 2016, 80% de la demande en eau potable (7 106 millions de mètres cubes), sera assurée, avec un manque de 800 millions de mètres cubes en raison de la sécheresse.

L’année prochaine, l’équilibre monétaire-financier se maintiendra et il est prévu un accroissement des offres de biens et de services et les ventes d’aliments.

Selon Murillo, en 2016 le salaire moyen devrait atteindre les 653 pesos, l’octroi de crédits se montera a plus de 6,5 milliards de dollars qui seront financés avec 53% des importations, et 5,299 milliards seront destinés au remboursement de la dette.

Auteurs :8 janvier 2016

Source : Granma

Légende vignette : Marino Murillo Jorge, membre du Bureau politique du Parti, vice-président du conseil des ministres et ministre de l’Économie et de la Planification, a souligné qu’il reste encore beaucoup de réserves d’efficience dans l’économie. Photo : Jorge Luis González

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