Sur les prétendues attaques acoustiques

Sur les prétendues attaques acoustiques

Sur les prétendues attaques acoustiques – Attaque acoustique contre l’ambassade US à Cuba : paranoïa, mensonges ou science-fiction ?

Sur les prétendues attaques acoustiques

Ce fut un des feuilletons de l’été : l’attaque acoustique dont aurait été victime l’ambassade des États-Unis à La Havane.

Avec un bilan de 21 victimes, qui auraient subi des pertes auditives, des maux de tête, des nausées, des sifflements dans les oreilles et même des problèmes de concentration et des trous de mémoire. Des symptômes relatés par l’Associated Press et l’Agence Reuters.

Et repris à longueur de colonnes par, entre autres, le Washington Post, le Fox News et le Miami Herald Information.  amplement relayée en Espagne par des médias comme ABC et El Pais. Deux quotidiens auxquels les associations espagnoles de solidarité avec Cuba ont décerné le Prix Pinocchio de la Désinformation ! Que voulez-vous, en été, à part les accidents de la route et les feux de forêt, l’actualité est bien calme…

Revenons-en « l’agression ». A ce jour, l’identité des présumées « victimes » n’a pas été communiquée. Pas plus que n’a été prouvée une attaque aussi complexe !

Aux USA, on évoque trois « pistes » :

– un pays « tiers », rival des USA (à savoir la Russie, la Corée du Nord ou l’Irak…)

– des dissidents cubains, voire une « faction dissidente » des services de renseignement cubains.

– les services secrets cubains eux-mêmes.

À qui profite le « crime » ?

Pas aux Cubains pour qui le rétablissement de relations « normales » et officielles avec l’Oncle Sam est, à plus ou moins long terme, un espoir de fin de blocus.

Aux Russes ? Qui, si les relations diplomatiques étaient rompues avec les USA, pourraient essayer de se repositionner comme le grand ami de l’île ? Il semble que, comme la Corée du Nord, ils aient autre chose à faire pour l’instant ! Quant à l’Irak, l’état misérable de délabrement dans lequel la dernière guerre menée par les défenseurs de la démocratie, de la liberté, et accessoirement de l’accès aux puits de pétrole, l’a plongé ne l’ait pas laissé développer une technique aussi sophistiquée.

Alors, les dissidents ? Cela suppose qu’ils aient accès à cette technique de pointe difficile à mettre en place autour des locaux de l’ancienne SINA, la Section des Intérêts Nord-Américains !

« Témoignage » à verser au dossier : un certain Luis Zuñiga Rey, Cubain « réfugié » à Miami, s’est soudainement souvenu qu’il a été arrêté à Cuba en 1974. Motif : il y était arrivé dans une barque chargée d’armes et d’explosifs en vue de commettre des attentats, acte pour lequel il a été condamné à 30 ans de prison. Il affirme y avoir été longuement torturé avec des ultrasons. C’était il y a plus de quarante ans.

Les geôliers cubains disposaient donc déjà d’une telle arme ? À y regarder de plus près, le témoignage reste difficilement crédible, car après avoir purgé 14 ans de prison et avoir été « récupéré » par la CIA dont il était un agent, il n’a jamais, au grand jamais, évoqué ces tortures terribles jusqu’en 2004… Et ensuite, silence jusqu’à ces jours-ci: il avait à nouveau oublié. Peut-être les fameux « trous de mémoire » attribués aux infrasons… Mais quand même !

Et d’ailleurs, qu’en est-il de cette arme sonore ?

Plusieurs experts se sont penchés sur la question

Pour le Docteur Toby Heys, chef de « Future Technologies », un Centre de Recherches de l’Université Métropolitaine de Manchester, « il est peu probable qu’on ait utilisé cette technique, à cause de la taille du haut-parleur qu’il aurait fallu mettre en place pour atteindre la fréquence requise et le niveau de décibels ».

Quant à Mario Svirsky, expert dans les problèmes de perturbation de l’audition et en neuroscience de l’École de Médecine de l’Université de New York, il estime qu’il « n’existe pas une façon efficace de focaliser les infrasons pour en faire une arme utilisable. »

Ce à quoi il faut ajouter une autre déclaration du Docteur Heys qui précise :

« Il faudrait, pour avoir un impact, que des ultrasons soient orientés avec une précision extrême vers un point très précis à l’intérieur de l’infrastructure d’un bâtiment. »

Si on s’en tient à ce “diagnostic” de personnes hautement qualifiées, l’affaire serait donc close. Mais, malgré l’appel du Ministre cubain des Affaires Étrangère, il n’en est rien. Bien au contraire : Donald Trump vient de rappeler à Washington la moitié du personnel de l’Ambassade à La Havane.

Un cheval de Troie ?

Il est vrai que pour le président US, le mot « science » n’a pas trop de sens. Et il est vrai aussi – si on a l’esprit un peu suspicieux – qu’il ne demande qu’un prétexte pour revenir en arrière et geler tout rapprochement avec Cuba. En d’autres termes, ça ressemble à un « cheval de Troie ».

Un peu comme l’explosion du Maine dans le port de La Havane, dont les auteurs n’ont jamais été identifiés. C’est ce qui a donné aux USA un prétexte pour entrer en guerre contre l’Espagne et « libérer » Cuba du joug colonialiste.

Alors, à qui le « crime » profite ? Faut voir.

Revenons-en au « crime » et aux symptômes de « l’attaque ». Maux de tête, nausées, perte de concentration, trous de mémoire… C’est étrange comme ça ressemble à un lendemain d’abus de mojito, de Cuba Libre ou de Daïquiri ! Nombreux sont les amis de Cuba qui en ont souffert après une nuit de salsa et de rhum.

La différence, c’est qu’ils n’ont pas rompu leurs relations avec l’île des Caraïbes. Au contraire, nombreux sont ceux qui ont recommencé !

Les amis de Cuba seraient-ils masochistes ?

Allez, salud, amor… y guaniquiqui !


Auteure : Annie Arroyo (France-Cuba)

sources : Rebelion, Cubainformacion, Semanal Progress (US)

Date de publication de l’article : le 03-10-2017

URL de l’article : http://www.francecuba.org/sur-les-pretendues-attaques-acoustiques/

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