Venezuela : qui veut la peau de Maduro ?

Venezuela : qui veut la peau de Maduro ?


Venezuela : qui veut la peau de Maduro ? Dès le 2 janvier 2017, l’opposition, représentée par les secteurs les plus extrêmes de la droite vénézuélienne, demande la démission du président élu Nicolás Maduro Moros.

Venezuela : qui veut la peau de Maduro ?

Nicolas Maduro président élu au Venezuela
Dès le 2 janvier 2017, la nouvelle Présidence de l’Assemblée nationale du Venezuela est entrée en fonction. Les secteurs les plus extrêmes de la droite vénézuélienne sont représentés : Julio Borges, de Primero Justicia, en est le Président et Fredy Guevara le Vice-président.

L’une des premières décisions de ce Parlement a été d’approuver, par majorité simple, le 9 janvier 2017, un accord portant sur la démission du président élu, Nicolás Maduro Moros.

La stratégie de l’abandon des fonctions

Les dirigeants de l’opposition vénézuélienne ont avancé la stratégie de l’abandon des fonctions par le Président de la République. En considérant qu’il y aurait «absence» du président de la République. Ce qui impliquerait la convocation d’élections générales dans un délai de 30 jours.

Cet accord est la continuation de la stratégie déstabilisatrice entreprise en 2016 pour rompre le fil constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela.

Il fait suite aux différentes manœuvres orchestrées pendant le dernier semestre de 2016 par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Henry Ramos Allup. Il a fait voter de nombreuses mesures contre le président vénézuélien.

Quelques unes des nombreuses mesures contre Maduro

Multiplier les pressions politiques pour obliger le président à démissionner

Pour mettre en œuvre cette option, l’opposition a mené diverses actions de déstabilisation politique : manifestations violentes, coupures d’électricité provoquées, intensification d’une stratégie de « guerre économique » contre le peuple vénézuélien. Telle que l’accaparement d’aliments et de médicaments, des attaques contre la monnaie nationale, le soutien au siège financier international contre le Venezuela, etc.

Voter un amendement constitutionnel pour réduire la durée du mandat présidentiel

Petit problème : si cette modification était votée, elle ne s’appliquerait que pour le prochain mandat présidentiel. Car un amendement ne peut avoir un effet rétroactif…

Faire appliquer la Charte Démocratique Inter-américaine de l’Organisation des États Américains (OEA)

C’est-à-dire, chercher l’exclusion du Venezuela de cette institution. Malgré l’appui inconditionnel du Secrétaire Général, Luis Almagro, les soutiens vigoureux à la République Bolivarienne (dont Cuba) ont empêché cette exclusion. Il n’en reste pas moins que cette tentative fait partie de la stratégie d’encerclement international. Et qu’elle est coordonnée par les États Unis et certains gouvernements néolibéraux de la région.

Convoquer une Assemblée Nationale Constituante pour changer l’ordre établi de la République bolivarienne du Venezuela

Et, de plus, préparer une nouvelle élection présidentielle.
La jurisprudence constitutionnelle a rejeté la manœuvre. Car elle ne vise que l’éviction d’un président légalement élu et non la reconfiguration d’un état.

Former un Gouvernement d’Unité nationale dans lequel tous les secteurs du pays se sentent représentés

Ce sont des paroles « en l’air » : aucun programme sérieux n’a été élaboré…

Imposer un référendum révocatoire

Le référendum révocatoire, seule mesure prévue par la Constitution bolivarienne (art. 72), est de la compétence exclusive du Conseil National Électoral. Une tentative qui a échoué pour, entre autres motifs, une fraude dans la collecte des signatures demandant le référendum… Donc, la demande de référendum révocatoire a été provisoirement suspendue par les instances juridictionnelles vénézuéliennes.

Nouvelle stratégie déstabilisatrice : tentative de procès politique

Revocatorio

Donc, devant l’échec de leurs diverses tentatives, les élus de l’opposition, majoritaires au sein du Parlement de Caracas, ont enfourché un nouveau cheval de bataille, juridique cette fois.

À l’automne 2016, ils avaient voulu provoquer un procès politique ou d’impeachment (destitution du Président de la République).

Mais cette option, qui n’est pas sans évoquer le « coup d’état » déguisé contre Dilma Roussef, au Brésil, n’existe pas dans le système constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela…

Le 15 novembre 2016, le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) rendait sa sentence (n°948). Il rejetait les demandes des députés de l’opposition au constat que :

« les actes émanant de l’Assemblée Nationale sont manifestement inconstitutionnels et, par conséquence, absolument nuls et sans valeur ni efficacité juridique. »

Pour contrer cet « Accord sur l’abandon de poste contre le président Maduro », des initiatives populaires avaient présenté devant la Salle Constitutionnelle du TSJ un recours intitulé « Action de protection »1. Ce recours était :

« Contre les actions réalisées et les menaces proférées par le Parlement contre les Pouvoirs Publics, la démocratie et le système républicain, menaces contre la stabilité et la paix de la République. »

Le Tribunal Suprême de Justice impose une protection préventive

Tout d’abord, le TSJ impose dans sa sentence une “protection préventive”. Elle ordonne aux député(s) de l’Assemblée Nationale de :

« s’abstenir de donner suite à ce prétendu procès politique et, en définitive d’organiser tout type d’action […] en marge de ses attributions constitutionnelles. » […].

De plus, le TSJ interdit :

« tout acte pouvant porter atteinte à l’ordre public, toute action contre les autorités et les Pouvoirs Publics ainsi que tout agissement en marge des droits constitutionnels et de l’ordre public. »

En conclusion, l’opposition vénézuélienne, si « éprise de démocratie » et si « préoccupée de l’avenir du pays », va donc devoir s’amender…
Enfin, peut-être.
Pas si sûr.

Auteur :
Annie Arroyo (France-Cuba), le 29 janvier 2017
Sources :

Date de publication de l’article :
09-02-2017
URL de l’article : http://www.francecuba.org/venezuela-qui-veut-la-peau-de-maduro/

Voir 1 note

  1. Acción de Amparo Constitucional
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1 réflexion sur « Venezuela : qui veut la peau de Maduro ? »

  1. le coup d’Etat « institutionnel », dernière mode importée des Etats-unis pour renverser des régimes où le peuple conquiert du pouvoir.
    On commence par saborder l’économie comme on peut. Si ça marche, on passe à une révolution colorée, « non violente », mais où tout est permis, assassinats de fonctionnaires, torture, soutien d’une ambassade étrangère du moment que c’est celle des Etats-unis.
    A cette révolution colorée victorieuse succède une phase où plus rien n’est possible, pas même de manifester pour les mêmes motifs qui ont présidé à la révolution colorée. D’ailleurs, il n’y a plus de financement ni de couleurs. Et l’ordre règne.
    Si ce sabotage ne suffit pas, le parlement ou une instance étatique décrète l’illégalité d’un maire ( Bogota) ou d’un président élu démocratiquement : Lugo, Zelaya, Roussef…
    Noter que même Pétain est venu au pouvoir en respectant une procédure institutionnelle, concoctée ad hoc par Jules Jeanneney avec le concert du Parlement.
    Malgré tous ces précédents, pas un de nos très éminents démocrates experts ès-questions politiques et économiques n’ont jamais remarqué cela et ne voient que l’effet.

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